|
Impression
poète levant |
|
Il
n'existe ni université ni École Supérieure de Poésie ! |
|
Mot d’une vie Au
fond de sa gorge serrée
Sur
le départ Plutôt
dresser sa tente
Libre
en vol
J'ai
chaussé mes souliers vernis
Quand
j’étais jeune Comme
c'est étrange! Comme
les ans changent Un
homme en deux ou trois saisons. D'où
cette demande depuis mon enfance: "Ne
suis-je rien d'autre qu'un nom?" Quand
j'étais jeune j'avais les pattes Cheveux
pendants sur le plastron Le
cuir velu comme un primate Et
la barbe autour du menton. Mais
à présent plus de mystère Ma
crinière a chu sans regret Mon
derme s'expose au grand air; je
suis plus pelé qu'un galet. Quand
j'étais jeune j'avais la classe Je
déambulais dignement. Tous
me lorgnaient où que je passe Dans
mon apparat d'élégant. Mais
à présent plus d'artifice Je
fais l'attraction générale Pour
les quolibets ,les malices ; Je
suis guenilleux et bancal. Quand
j'étais jeune j'avais la forme J'arpentais
les parcs au galop. D'une
élasticité sans norme Je
bondissais comme un chevreau. Mais
à présent plus d'escapade Par
égard pour mes pauvres os; Ventre
à terre mais toujours en rade Je
suis le roi des escargots; Quand
j'étais jeune j'avais l'aubaine Avec
ma bande d'amis de choix. Jamais
seul et jamais en peine Pourvu
qu'ensemble l'on festoie. Mais
à présent plus d'allégresse La
compagnie m'a fait faux bond. Ruminant
sans cesse ma jeunesse Je
suis un bien triste luron. Comme
c'est étrange! Comme
les ans changent Un
homme en deux ou trois saisons. D'où
cette demande depuis mon enfance: "Ne
suis-je rien d'autre qu'un nom?"
Le
Petit Bossu Venez,
entendez l'histoire Séant,
laissez-moi tisser Un jour au
bal de la cour, Le
monde lui était un désert; Satan,
l'oreille à l'affût Avant
même d'ouvrir les lèvres, Quand,
tard, au bal de la cour,
Depuis
ce temps de tristesse
La
chèvre
Promesses
à l’eau Cette
fois c’est bien dit Je
ne vise plus le femmes Qui
ne soient pas les miennes Sauf,
bien entendu, la petite pharmacienne Dont
les doux reliefs sont si généreux Qu’ils
soignent au comptoir Tous
les cœurs fiévreux. Cette
année, sans faute Je
règle mes dettes Les
plus éternelles Mises
à part, bien sûr, celles qui peuvent attendre Le
Trésor Public tout comme mes amendes Jugeant
prescriptibles celles des trop grognons Quant
aux impatients Je
brûle leurs relances. L’an
qui vient, je change Mon
vocabulaire Par
trop art-gothique Hors
les noms d’oiseaux
toujours mérités Comme
les " noms de Zeus " qui vont m’échapper Il
faut bien nommer certains par leur nom Les
mots les plus gras Leur
vont comme un gant. Une
bonne fois pour toutes Je
largue l’alcool Ennemi
du volant Avec
comme limite les invitations A
trinquer sympa aux grandes occasions Les
pots au boulot, Dieu sait s’il en a, Voire
quand on invite Ceux
qui n’aiment pas l’eau. Qu’on
le dise bien haut Je
vais me déscotcher Du
maudit écran Exception
oblige, les rares jours, sommes toutes, Des
films en couleurs ou des matchs de foot Les
JT aux repas plus les spots de pub Culture
du moment Pour
causer branché
! Dernière
nouveauté Si
c’est vous qui le dites Je
ne promets plus rien Les
résolutions restent dans ma caboche Les
bonnes intentions tout au fond de mes poches A
quoi bon jurer, on ne se refait pas Le
temps d’un discours On
ne trompe que soi !
Léger comme un moineau Léger
comme un moineau Les
deux pieds dans le ruisseau A
la croisée des chemins En
forêt, la nuit tombée Torse
nu sous le déluge Léger
comme un moineau
Citoyens
du monde
|
JE CONFESSE AUX
FEMMES
Je confesse aux femmes
Toutes aimantes
Que face à leur regard je fonds
Sous la flamme de leur indécence
Comme salaire gelé sur la banquise
Comme l'iceberg sous les projecteurs.
Je confesse aux femmes
Toutes luisantes
Que grâce à leurs éclats je brûle
Sous le glacis de leurs effusions
Comme la chandelle parle debout
Comme le pourpoint suit la virgule.
Je confesse aux femmes
Enivrantes
Que jusqu'à la lie je bois
Le fruit de leur dégorgement
Comme en ivresse des pourfendeurs
Comme la fiole où se noie le poison.
Je confesse aux femmes
Repentantes
Qu'avec elles pieds nus j'irai
En pèlerinage sur ma tombe
Comme on renie son premier 'j'ai'
Comme on tamise le temps gâché
IL Y A DES JOURS...
Il y a des jours où j'ai envie de dire
:
Malgré les larmes, tu sais, le monde est beau,
La haine et la peur n'auront pas le dernier mot
L'indifférence tombera comme une vieille peau.
Il y a des jours où j'ai envie d'écrire
À tous ces grands qui mènent le bateau :
La guerre et la faim grondent du soir au matin
Des enfants meurent et vous vous en lavez les mains.
Il y a des jours où j'ai envie de rire
De tous ces gens qui se croient immortels ;
Un jour ou l'autre, ils seront rappelés
là-haut
Et tous leurs biens resteront au seuil du tombeau.
Il y a des jours où plus rien ne peut luire
Tant la noirceur englue le quotidien ;
Du cur de la nuit, je voudrais prédire sans
fin
Que la lumière luira d'un éternel matin.
Il y a des jours où j'ai envie de dire :
Malgré les larmes, tu sais le monde est beau,
La haine et la peur n'auront pas le dernier mot
L'indifférence tombera comme une vieille peau.
Amour sur ordonnance
Les liens qui nous unissent
ressemblent parfois
à des chaînes
que nous décorons
aux couleurs de nos illusions.
Pour toi seule, j'avais repeint
La voûte du ciel en bleu-reine
Et mon passé en lavis gris.
Sur l'amitié j'avais jeté
Un indéfectible anathème
Pour qu'aucune ombre ne nous frôle.
Pour ton nom, j'avais composé
Des poèmes incandescents,
Des aubades oh combien précieuses
Dont nulles oreilles étrangères
Ne devait cueillir le murmure.
Sur ton ordre, j'avais promis
Qu'aucune parole épanchée
Ne figerait en des mots sûrs
Ce qui, à toi, pourrait me lier
Entre à jamais et pour toujours.
Pour te garder, j'avais renié
Tous mes regrets, tous mes projets,
Tous les relents du temps qui passe
Pour mieux nous fondre dans l'instant
Vers où fuient nos lignes de vie.
Sur le Livre, j'avais juré
De ne nourrir aucun remord
Si la flamme venait à chanceler.
L'âme embrasée jusqu'au tréfonds
Je ne croyais ni aux frimas
Ni à la bise des jours défunts.
Après tant d'années aux longs mois
Je ne pouvais t'imaginer
Sans ce doigt posé sur ta bouche
Sans ton regard de terre brûlée
Cautérisant mes cicatrices.
Jusqu'à ce qu'enfin je découvre
Trois lettres gravées au pied du lit
Pudique réponse à ma supplique
De donner un nom à demain :
Un couperet comme un verdict
Sans appel et sans vains adieux.
Comme au sortir d'un film noir
Par ce mot "fin" la lumière luit
Tel l' éclair déchirant l'écran
D'un ancestral nous-deux mort-né
Car tu y tenais les deux rôles
Et ton délice fut de me tuer.
Je dédie cet hymne A Anne-Céline Lequien
double Médaille dor en natation aux jeux
paralympiques
à la force de ses demi-membres et de son immense courage.
Il faut fêter la vie qui est en toi
Depuis bien avant ta naissance
Dis, par des mots d'amour, des cris de joie
Ton infinie reconnaissance.
Ne sens-tu pas que sur cette terre
Chacun a sa place à part entière :
Le vieil homme comme le nouveau né
Cachent une richesse insoupçonnée.
En ouvrant les yeux, ne vois-tu pas
Ce qui nous rend semblables ici-bas :
Tant l'athlète que le handicapé
Partagent une égale dignité.
Te faisant tout ouïe, n'entends-tu pas
Mille pleurs pour celui qui s'en va ?
Même ciel et terre portent le deuil
Pour les petits défunts sans cercueil.
Toi qui as eu la chance d'exister
Tu ne peux faire semblant d'ignorer
Qu'on vole cent mille fois le cadeau
De la vie aux portes des berceaux.
Toi qui as une voix pour chanter,
Des yeux, des oreilles pour contempler,
Bénis ceux-là même qui t'ont
aimé
Et par qui, un beau jour, tu es né.
Il faut fêter la vie qui est en toi
Depuis bien avant ta naissance
Dis, par des mots d¹amour, des cris de joie
Ton infinie reconnaissance.
J'aurais voulu te
dire
recueil de poésies
1. EMPREINTES
Sur le bout de tes
doigts
Uniques et éternelles
Arabesques baroques
Sceau de ta majesté
Bravant ciel et hasard
Par nul autre héritées
Sur le bout de tes doigts
Ces empreintes sont toi.
Sous la peau de ton
cur
En hauts et bas-reliefs
Spores d'amour exsudé
Tisonnées au fer bleu
Cicatrices glorieuses
Creuset de sangs mêlés
Sous la peau de ton cur
Ces empreintes sont toi.
À la pointe de
ton âme
Cime aux neiges ignorées
Eden immaculé
Calanque suspendue
Miroir transfigurant
Traces de pas en cordée
À la pointe de ton âme
Ces empreintes sont toi.
Sur le fil de ta
vie
Ballottée par les ans
Équilibre fragile
Entre angoisse et liesse
Sort qui se débobine
Toile à jamais tissée
Sur le fil de ta vie,
Ces empreintes sont toi.
Si tu aimes
l'empreinte
Sur le bout de tes doigts
Sous la peau de ton cur
À la pointe de ton âme
Alors tu comprendras
Qui danse sur le fil
Éternel de ta vie.
2. JE NE SAIS COMMENT VOUS AIMER
Vous qui êtes
si différentes,
Pour qui nous restons étrangers,
Tant l'une que l'autre attirantes
Toutes dignes d'être chantées.
Femmes par qui le
cur chavire
D'une insoupçonnable beauté
Que l'on voudrait dans son délire
Être le seul à contempler,
Le temps d'un innocent sourire
Je ne sais comment vous aimer !
Vous qui sublimez la
grisaille
En colorant le quotidien
Par vos paupières où tout s'émaille
Fidèles inconnues du chemin.
Femmes par qui le
temps s'efface
Dans un désir inachevé
Pour n'avoir qu'effleuré l'audace
De donner corps à ses pensées,
Tant que nous sépare l'espace
Je ne sais comment vous aimer!
Lorsque les heures
deviennent noires
Jusqu'à en perdre le repos,
Vous surgissez dans nos mémoires
Apportant l'oubli du fardeau.
Femmes pour qui
l'âme consume
Ses derniers élans de folie,
D'une jeunesse qu'on présume
Mais dont le regard, pourtant, dit
Face à la passion qui s'allume
Que trop ont voulu par défi
Percer le secret de la brume
Qui fait de vos yeux un pays!
Femmes que l'on
dirait dociles
Mais qu'un simple mot peut blesser,
Vous que je devine fragiles
Je ne sais comment vous aimer !
3. LES PASSANTS
Nos jeunes
années se vident
Notre printemps se ride
Et je n'ai plus le goût d'inventer des chemins
Notre bon temps s'effrite
Vite, beaucoup trop vite,
Mais, du passé, je ne regrette rien.
Nos belles
années s'éloignent
De Mayenne en Bretagne
Quand peu à peu s'effacent les souvenirs d'avant
Sur sa terre comme en ville
Chacun de nous s'exile
Nous ne serons jamais que des passants.
Nos bonnes
années pâlissent
Quand les soucis se tissent
Et j'en oublie parfois de te prendre la main
Mais quand l'espoir bourgeonne
Chacun de nous s'étonne
D'attendre le meilleur du jour qui vient.
Nos frêles
années chavirent
Quand nos ombres s'étirent
À l¹heure où l'on sait rire de ses premiers
tourments
À deux ou solitaires
Nous voguons en croisière
Vers un pays promis depuis longtemps.
Vers le ciel, sur la
terre,
Chacun à sa manière,
Nous ne serons jamais que des passants.
4. TON VISAGE
Avant de
connaître ton nom
Tes traits dessinaient l¹horizon
Où que tu ailles.
Sans toi le temps se faisait long,
S'étirant, de séparations
En retrouvailles
Pour revoir encore ton visage.
Je voyais toujours ton visage.
Je veux t'aimer sur
cette terre
Chaque jour un peu mieux qu'hier
Et davantage.
Malgré les éclats de colère
Malgré les moments où l'on perd
Jusqu'au courage
Je veux voir encore ton visage.
Je verrai toujours ton visage.
Au long des
années partagées
Pour moi tu n'auras pas changé
Parce que je t'aime.
De la jeune fille à la femme
De la mère à la vieille dame
Tu es la même
Et je vois encore ton visage.
Je verrai toujours ton visage.
Comme je le crois,
après la mort
Quand pour toujours nos nouveaux corps
N'auront plus d'âge
Dans un ineffable décor
Ton âme sera, à son aurore,
Mon paysage.
Je verrai enfin ton visage.
Encore et toujours ton visage.
5. TU PARLES D'UN VOYAGE
Le Petit Prince m'a
dit, ce soir :
"Nous sommes les enfants du hasard",
Le Petit Prince m'a dit, ce soir :
"Pour nous, demain est sans espoir.
Sur ma planète, tout devient noir
Et si le feu prend quelque part
C'est celui que nos loups de guerre
Allument en tous points de la terre".
Devant ce regard
désolé,
J'ai essayé de consoler
Le coeur de l'enfant des douleurs
Qui n'a connu que haine et peur
En lui
présentant en ami
Un autre Prince d'aujourd'hui :
"Tout notre avenir est en lui
Son nom est Amour Infini,
Et si tu fais route avec lui,
Il t'entraîne vers une autre rive
Mais, bien avant que tu arrives,
Tu resplendiras de sa Vie".
Pendant que je lui
expliquais,
Le Petit Prince me regardait.
Il semblait déjà loin d'ici
Quand, tout doucement, il m'a dit :
"Tu parles d'un
voyage
Que je ne connais pas.
Tu parles d'un voyage
Que je ne comprends pas".
Le Petit Prince m'a
dit, ce soir :
"Nous sommes les ombres de l'histoire" ;
Le Petit Prince m'a dit, ce soir :
"Vivre sans but est dérisoire.
La vie nous tire malgré nous
Même s'il faut marcher à genoux,
Sans savoir si le jour qui vient
Sera notre dernier matin".
Après ces mots
désabusés,
Le silence semblait lui peser,
Et, comme s'il ne pouvait attendre,
Le Petit Prince voulut m'entendre.
Je lui ai
parlé de Jésus,
Prince de la Paix aux mains nues,
De la Croix et de sa Passion,
Jusqu'à son tout dernier pardon :
"Si sa chair fut percée de clous,
C'est pour que tu vives debout.
Son cur, pour toi, battait si fort,
Qu'il en triompha de la mort".
Tandis que ma voix
résonnait,
Le Petit Prince se recueillait,
Et c'est la tête entre les bras
Qu'il allait murmurer tout bas :
"Tu parles d'un
voyage
Que je ne comprends pas.
Tu parles d'un voyage
D'où l'on ne revient pas".
Le Petit Prince m'a
dit, ce soir :
"Nous touchons la fin du brouillard".
Le Petit Prince m'a dit, ce soir :
"Tu nous as montré le bon phare
Car notre errance dans la nuit
Nous éloignait de la vraie vie.
Montre-nous encore ce passage
Où rayonnera son visage".
Devant ces yeux
écarquillés
Qui désiraient tant rencontrer
Celui qu'ils cherchent depuis toujours
Et les attend jour après jour,
Sur le sable j'ai
dessiné
L'icône du ressuscité
Qui, pour la gloire de son père,
Brisa les chaînes de l'enfer
Et qui demeure à nos côtés
Dans chaque repas partagé
Quand le pain rompu est donné,
Quand le vin nouveau est versé.
À chaque signe
que je traçais,
Le Petit Prince s'émerveillait ;
Comme pour s'assurer du chemin,
Il me dit en levant les mains :
"Tu parles d'un
voyage
D'où l'on ne revient pas.
Tu parles d'un voyage
Qui ne finira pas".
Le Petit Prince dira
un jour :
"Nous sommes les enfants de l'amour".
Le Petit Prince dira un jour :
"Nous sommes nés pour vivre toujours".
Il me parlera de Marie
Comme de sa rose en paradis
Et devant sa joie retrouvée
Peut-être dirai-je en premier :
"Tu parles d'un
voyage
Que tu n'attendais pas.
Tu parles d'un voyage
Qui ne finira pas."
6.
J'AURAIS VOULU TE DIRE
(Ce jour-là)
Ce
jour-là...
J'aurais voulu te dire
Jean-François, Bruno, Alain ou toi Jean-Pascal,
Que je n'étais venu rien que pour toi
Et que mon bonheur en ce jour
Dépendait de ta présence.
J'aurais voulu te dire encore que tu étais beau
Malgré les cicatrices sur ta figure et sur ton cur,
Beau justement à cause d'elles,
Qu'il n'était nul besoin de les cacher
Nulle raison d'en avoir honte
Car c'est d'un peu de toi que je perdrais
Si tu ne les portais aujourd'hui,
Un peu de ce "toi" qui est là
Et que j'aime.
J'aurais
désiré t'écrire
Marie-Claude, Claire, Agnès ou toi Marie-Pascale,
Que ce jour-là, tu avais parfumé mon cur,
Que ton sourire avait ensoleillé ma nuit
Et que j'aurais donné trente ans
Pour rester avec toi encore un instant
Pour contempler la beauté de ton visage
Qui reflète la soif de ton âme,
Soif d'être écoutée et
révélée,
Soif d'être désirée comme tu désires,
Et que moi, ne sachant te combler,
J'ai simplement aimé.
J'aurais aimé
te chanter
À toi qui m'as accueilli en frère
Que ce que tu me donnais de vivre
Ici même, ce jour-là, déjà,
C'était un peu du ciel sur la terre,
Comme un bienheureux avant-goût du banquet
Où chacun a déjà sa place
Et où l'on pourra se dire sans peur :
" Petit frère, petite sœur, je t'aime".
Mais, ce jour-là, je n¹ai rien dit.
Tiré du recueil et du spectacle " Dix ans Entre Jeunes "
7 TA VIE NE TIENT QU'A UN FIL
Avant même
d'être désiré
Avant même que tu sois pensé
Avant que tu n'existes
Quand la vie accourt au-devant
De toi qui n'étais rien avant
Tant que dure le jeu des possibles
Ta vie ne tient qu'à un fil. (bis)
Avant même
d'entendre ton nom
Dans le secret de ton tréfonds
Ton destin se dessine
Quand la vie s'étire au-dedans
De toi blotti dans ta maman
Tant que ton visage se profile
Ta vie ne tient qu'à un fil. (bis)
Quand ta mère
se sent seule parfois
Quand elle prend peur à cause de toi
Quand l'amour se défile
Quand on fait miroiter ta mort
Pour inverser le cours du sort
Tant que la liberté vacille
Ta vie ne tient qu'à un fil. (bis)
De ta naissance
jusqu'à ta mort
Quand ton cœur veille comme quand il dort
Le temps où tu existes
Sens-tu ce vent qui vient d'en haut
Habiter ta chair et tes os
Tant que dure ce souffle fragile
Ta vie ne tient qu'à un fil. (bis)
Prix de la ville de Clamart (Hauts de Seines) en 1992.
8. MESSAGERE DE LA VIE
La nuit s¹est
abattue sur une terre en deuil
Dans son giron fait d¹ombre et de souffle hivernal
Elle emporte sans bruit l'attente de l'aurore,
L'étoile de l'espoir
Les rires des enfants
se sont tus à jamais
Et les jardins flétris par des brumes de mort
Sont devenus déserts.
Colombe de la
Paix,
Messagère de la Vie
N¹as-tu point de pays
Où panser tes blessures ?
Es-tu encore si loin ?
Reviens !
Les larmes innocentes
débordent en torrent
Nos curs sentent l'effroi des âmes sacrifiées
Des histoires écourtées où ne sonne aucun
glas
À jamais enterrées.
Oh corps
abandonnés au sommeil sans matin
Oh cauchemar d¹un cri silencieux et sans voix
Oh peuple de martyres !
Colombe de la
Paix,
Messagère de la Vie
N'as-tu point de pays
Où panser tes blessures ?
Es-tu encore si loin ?
Reviens !
On macule de rouge la
blancheur des nuages
Mais que le bleu s'impose dans la noirceur du ciel,
Que la lumière inonde les voies de l'avenir
D¹un monde déchiré
Vois-tu nos mains
tendues pour forcer le destin ?
Entends-tu la prière au fond de notre espoir ?
Lueurs d'un lendemain
Colombe de la
paix,
Messagère de la Vie
N'as-tu point de pays
Où panser tes blessures ?
Reviens !
À partir d'un poème de Gregoria
9. LE VRAI BONHEUR
Leurs yeux qui
aimantent nos yeux,
Leurs rires qui enchantent nos curs,
Leurs mains qui nous retiennent à eux,
S'il était là le vrai bonheur ?
Près des enfants au long des heures,
S'il était là le vrai bonheur ?
L'instant où
ils viennent de naître
Est le début d'une passion
Comme une ivresse qui prend la tête
Sans y paraître
Ils nous donnent mille raisons
Pour que la vie danse comme fête.
Ils enfouissent bien
leurs racines
Dans le terreau de notre amour
Ces arbrisseaux de vie si belle
Qui nous fascinent
Par leur regard au premier jour
De printemps nous prêtent des ailes.
Poupons que notre
chair façonne
Leurs tout premiers cris nous désarment
On les embrasse, on les cajole
Puis on s'étonne
Quand leur rire éclôt d'une larme
Dans un dialogue sans parole.
Leur petit corps
parfois tressaille
Sitôt nous voient-ils approcher
Car un enfant qu'étreint sa mère
Sur ses entrailles
Tient sur lui l'univers entier :
Elle est son ciel comme sa terre.
Leurs yeux qui
aimantent nos yeux,
Leurs rires qui enchantent nos curs,
Leurs mains qui nous retiennent à eux,
S'il était là le vrai bonheur ?
Près des enfants au long des heures,
S'il était là le vrai bonheur ?
10. SOUS LE MASQUE
Vos sourires me sont
des grimaces
Et vos paroles du poison
Vos bonnes intentions, des menaces
Et votre salut un affront.
Vous n'effleurez que
la surface
Et ignorez tout du tréfonds
Campés derrière vos carapaces
Elles sont votre unique horizon.
Rien qu'à vos
trop bonnes manières
On devine dans vos égards
Une tartuferie altière
Vous trahissant dans vos regards.
Dire qu'au long d'une
vie entière
Vous n'avez cessé de jouer
Toute une comédie grossière
Dans laquelle vous restez piégés.
Vous n'êtes
plus qu'un simulacre
Marionnettes de vos rancurs
Que vos habitudes consacrent
Et qui blindent aussi votre coeur.
Encordés aux
mêmes artifices
Arrimés à vos préjugés
Jetez simagrées et malices
Au cimetière des vies gâchées.
Savez-vous seulement
vous-même
Qui existe sous votre fard ?
Redoutez-vous l'instant suprême
Du face à face dans le miroir ?
Il faudra bien un
jour ou l'autre
Se regarder tel que l'on est,
Moitié judas, moitié apôtre,
Semis de bon grain et d'ivraie.
11. ATTENTION FRAGILES
En noir et blanc ils
vous font
Leur première vidéo
Sur la bande son
Le tam-tam de leur cœur en écho
Nonchalamment
Ils balancent
Comme sur l'océan
Innocemment
En silence
Loin des premiers tourments
Attention ! fragiles
!
Tout est tellement pur
Dans leur corps, dans leur âme !
Attention ! fragiles !
Dans leurs yeux azur
N¹éteignez pas la flamme !
Bien
calfeutrés dans leur sphère
Leur profil nous étonne
Enveloppés de mystère
Leur visage nous questionne
Plus de deux mille
comment ?
Nous trottent dans la tête
Qu¹auraient-ils de différent
Pour qu¹un rien nous inquiète ?
Attention ! fragiles
!
Tout est tellement pur
Dans leur corps, dans leur âme !
Attention ! fragiles !
Dans leurs yeux azur
N¹éteignez pas la flamme !
Ne troublez au grand
jamais
Leur quiétude idéale
Que chacun vive tel qu¹il est
Son périple initial.
Ne cherchez pas
à percer
Le temps de leur secret
Neuf mois suffisent à tisser
Un chef duvre parfait !
Attention ! fragiles
!
Tout est tellement pur
Dans leur corps, dans leur âme !
Attention ! fragiles !
Dans leurs yeux azur
N'éteignez pas la flamme !
12. CEUX QUE L'ON N'A PAS EUS
Ceux que l'on n'a pas
eus
Ceux dont la vie n'a pas voulu
Ceux dont le fond des yeux
Ne mireront jamais les cieux.
Ceux que l'on n'a pas
eus
Ceux qui, en route, se sont perdus
Mais dont la brève histoire
Habite à jamais nos mémoires.
Refrain : Ils nous
parlent de là-haut,
Parfois.
Ils nous parlent en dedans
Et tout bas
Tout Bas...
Ceux que l'on n'a pas
eus
Ceux dont le nom reste inconnu
De nos états civils
Comme des plaques des rues de nos villes.
Ceux que l'on n'a pas
eus
Ceux qu'on a jugés superflus
Ceux qu'on a présumés :
Trop miséreux pour subsister.
Refrain
Ceux que l'on n'a pas
eus
Ceux dont le sort fut sans issue
Affublés du nom d'"anges"
Quand la conscience hante et dérange.
Ceux que l'on a
bannis
De nos berceaux, de nos parvis,
De nos déclarations,
De nos foyers, de nos maisons.
Refrain
Ceux que l'on n'aura
plus
Ceux pour qui l'amour fut exclu
Ceux qui sont trop petits
Pour pouvoir crier leur avis.
Ceux que l'on n'aura
plus
Ceux dont l'absence aura déçu
Ils quémandent nos voix
Pour que la vie reste leur droit.
Refrain
13. CHANSON POUR L'INNOCENT
Chanson pour un petit
enfant
Qui doit paraître un beau matin
Et du ventre de sa maman
Il nous entend, mais ne dit rien.
Chanson pour celui
qui demain
Va ensoleiller ses parents
Par un sourire, pour un câlin
Lui qui, encore, n'est pas bien grand.
Chanson pour ce petit
seigneur
Qui n'a que les yeux de l'amour
Pour s'imaginer les couleurs
Et inventer ce qui l'entoure.
Chanson pour ce petit
bonhomme
Qui n'a que les bruits de son coeur
Ni tambourin, ni métronome
Pour donner du rythme à ses heures.
Chanson pour celui
qui bientôt
Sera tout surpris d'être ici
D'avoir quitté son doux berceau
Sans avoir donné son avis.
Chanson pour
bébé naufragé
Qui a vogué dans l'océan
Il nous dira son odyssée
Si on lui en laisse le temps.
Chanson pour sauver
l'innocent
Du nouveau courant de folie
De ceux qui se disent des grands
Mais qui, au fond, n'ont rien compris.
Chanson pour un petit
enfant
Qui doit paraître un beau matin
Et du ventre de sa maman
Il nous entend mais ne dit rien.
14. DANS LE FEU
Refrain :
Dans le feu, je jetterai
Tous mes vieux tourments de naguère
Faux espoirs comme regrets
Qui me rendaient la vie amère.
Ne me parlez pas
d'une autre vie
Puisque c'est ici que j'ai grandi
Avec mes joies, avec mes peines
Qui m'ont façonné tel que je suis
Fils d'une famille et d'un pays
Vers lesquels mes pensées reviennent.
Refrain
Ne cherchons pas le
bonheur trop loin
Il est tout entier entre nos mains
Sagesse que les années apprennent
Loin d'une absurde fatalité
Nous sommes acteurs de nos destinées
Et non des pantins qu'on malmène.
Refrain
N'attendez pas une
renaissance
Pour retrouver un esprit d'enfance
Il est donné à celui qui le sème
Dans la patience et l'humilité
Pour le cueillir il faut s'abaisser
Et le faire grandir en soi-même.
Refrain
Que gagnerions-nous
au Grand Oubli
S'il nous rendait autres qu'aujourd'hui,
Notre âme serait-elle éphémère ?
Si nous perdions tout de nous demain
En vain nous aurions fait ce chemin
Qui nous conduit vers la lumière.
Refrain
Laissez enfin
s'épancher en vous
Le désir d'un Au-delà de tout
Qui donne sens à votre histoire
Loin des peurs d'une imagination
Qui du présent n'a plus la passion
Et noircit le ciel des mémoires.
Refrain
15. DANS SON COEUR
Ils se voient depuis
longtemps
Se tutoient de temps en temps
Pensent l'un à l'autre souvent
En attendant le moment
De pouvoir enfin
s'ouvrir
De savoir comment se dire
Que le feu voudrait grandir
Dans le vent de leur désir.
Elle lui avait dit
dans son cœur :
"Demain je t'aimerai",
Elle lui avait dit dans son cœur :
"Demain je t'ouvrirai",
Mais lui n'entendait que ses peurs
Derrière la porte de son cœur !
Quand parfois, le
temps leur semble trop court
Ils se tiennent, se retiennent sans détour
Mais les mots, gardant secret leur amour,
Leurs deux mains se libèrent sans retour.
Mais chacun garde un
peu de l'autre en lui
Un visage, une image qui poursuit
Un chemin à l'encontre de l'oubli
Un jardin où le temps fait son abri.
Elle lui avait dit
dans son cœur :
"Demain je t'ouvrirai",
Elle lui avait dit dans son cœur :
"Demain je te suivrai",
Mais lui n'entendait que ses peurs
Derrière la porte de son cœur !
Ils se voient de temps en temps
Se tutoient presque à présent
Pensent l'un à l'autre souvent
En attendant bien longtemps.
Mais bientôt,
quand les mois auront passé
Dans leurs vies, un soleil doit se lever
Car un feu qui ne peut tout embraser
Devient cendre que le vent vient emporter.
Et elle lui dira sans
son cœur :
"Demain, je t'oublierai",
Et elle lui dira sans son cœur :
"Demain, je partirai",
Mais l'amour chassera les peurs
Ouvrant la porte du bonheur.
16. ENFANT DU DIEU QUI T'AIME
Si tu as
navigué dans le doute
Vers un havre de paix, sans répit,
Si tu as cherché sur d'autres routes
Un pays
Plus précieux que l¹Eden
Et qui vaille la peine
D¹avoir tout abandonné pour lui
Refrain :
Dans le cœur de l'Église,
Tu auras, mon ami,
La douceur d'une mère
Qui s'appelle Marie
Dans le cœur de l'Église,
Tu seras, pour la vie,
Enfant du Dieu qui t¹aime,
Frère de Jésus-Christ.
Enfant du Dieu qui t¹aime,
Frère de Jésus-Christ
Si tu as
rejeté tous les maîtres
Par peur d¹être déçu ou trahi,
Mais si tu es prêt à tout soumettre
À l'Esprit,
Lui seul te guidera
Et te révélera
Ton espérance et ta liberté.
Refrain
Si la main que tu
tends est sincère
Vers ceux qui ne te ressemblent pas
Si tu vois en chacun d¹eux un frère,
Tu pourras
Annoncer l¹unité
Des enfants séparés
Qu¹un même Père veut tant rassembler.
Refrain
17. FETER LA VIE
Refrain : :
Il faut fêter la vie qui est en toi
Depuis bien avant ta naissance
Dis, par des mots d¹amour, des cris de joie
Ton infinie reconnaissance.
Ne sens-tu pas que
sur cette terre
Chacun a sa place à part entière :
Le vieil homme comme le nouveau-né
Cachent une richesse insoupçonnée.
Refrain
En ouvrant les yeux, ne vois-tu pas
Ce qui nous rend semblables ici-bas :
Tant l¹athlète que l¹handicapé
Partagent une égale dignité.
Refrain
Te faisant tout ouïe, n'entends-tu pas
Mille pleurs pour celui qui s¹en va ?
Même ciel et terre portent le deuil
Pour les petits défunts sans cercueil.
Refrain
Toi qui as eu la chance d¹exister
Tu ne peux faire semblant d¹ignorer
Qu¹on vole cent mille fois le cadeau
De la vie aux portes des berceaux.
Refrain
Toi qui as une voix pour chanter,
Des yeux, des oreilles pour contempler,
Bénis ceux-là même qui t¹ont aimé
Et par qui, un beau jour, tu es né.
Refrain
18. HABITÉ
Je suis habité
par toi,
Je suis habité.
C'est toi qui dit et qui vois
Où je dois aller.
Je suis habité par toi
Je suis habité.
Tu m'avais
prévenu, Seigneur ;
Un jour tu viendras.
Pendant que j'attendais ton heure
Toi, tu étais déjà là!
Refrain
Mais, comment me
cacher, Seigneur,
Partout tu me vois.
Si je m'enferme, si je prends peur,
Toi tu descends par le toit!
Refrain
Si je
m'éloigne de toi, Seigneur,
C'est sûr, je m'égare.
Mais comme tu es le bon pasteur,
Toi, tu me trouves sans retard!
Refrain
Pourquoi n'attends-tu
pas, Seigneur,
Qu'en moi tout soit net ?
C'est vrai, tu viens sécher nos pleurs ;
Toi, ton pardon c'est la fête!
Refrain
Que ton Esprit reste,
Seigneur,
Sur moi pour toujours,
Qu'il guide ma tête et mon c¦ur.
Toi, ton vrai nom c'est Amour!
Refrain
19. IL Y A DES JOURS...
Il y a des jours
où j'ai envie de dire :
Malgré les larmes, tu sais, le monde est beau,
La haine et la peur n'auront pas le dernier mot
L'indifférence tombera comme une vieille peau.
Il y a des jours
où j'ai envie d'écrire
À tous ces grands qui mènent le bateau :
La guerre et la faim grondent du soir au matin
Des enfants meurent et vous vous en lavez les mains.
Il y a des jours
où j'ai envie de rire
De tous ces gens qui se croient immortels ;
Un jour ou l'autre, ils seront rappelés là-haut
Et tous leurs biens resteront au seuil du tombeau.
Il y a des jours
où plus rien ne peut luire
Tant la noirceur englue le quotidien ;
Du cœur de la nuit, je voudrais prédire sans fin
Que la lumière luira d'un éternel matin.
Il y a des jours
où j'ai envie de dire :
Malgré les larmes, tu sais le monde est beau,
La haine et la peur n'auront pas le dernier mot
L'indifférence tombera comme une vieille peau.
20. LA MER ENDORMIE
Tu vois la mer est
endormie
Ses cheveux d'or sont déjà gris
Ses chevaux d'argent assoupis
Tu vois la mer a bien vieilli.
Tu vois le ciel est
dénudé
Ses nuages gris l'ont quitté
Même le soleil s'en est allé
Tu vois le ciel est déparé.
Tu sais demain est
encore loin
Qui voit fleurir chaque matin
La rosée qui n'y est pour rien
Tu sais demain est incertain.
Tu sais les saisons
sont perdues
Elles tournent en rond mais n'y croient plus
Les oiseaux sont un peu déçus
Tu sais l'automne est à la rue.
Mais si le vent
souffle en avril
Protège ton cœur si fragile
Quand le printemps se fait docile
L'hiver ne tient plus qu'à un fil.
Tu sais le temps est
fatigué
De s'étendre et de s'étirer
Le vertige gagne nos clochers
Tu sais le temps se fait âgé.
Tu vois les jours ne
sont plus longs
Le vent a soufflé sur mon front
Il a ridé notre horizon
Tu vois les jours ont fait faux-bond.
Tu sais la terre
craque en dedans
Son cœur ne bat plus comme avant
Il a faibli au fil des ans
Tu sais la terre souffre du temps.
Mais vois mon cœur n'a pas changé
Notre amour n'est pas fatigué
Il pousse encore comme les blés
Tu sais mon cœur n'est pas lassé.
Même si le vent
souffle en avril
Je réchaufferai ton cœur fragile
Je t'inventerai un été
Qui se laissera caresser.
Tu vois la mer est
endormie
Ses cheveux d'or sont déjà gris
Ses chevaux d'argent assoupis
Tu vois la mer est endormie.
21. LÈVE - TOI ET MARCHE !
Toi qui me dis que ta
vie
N'est qu'une errance sans fin,
Tout peut changer aujourd'hui
Si tu aimes ton chemin.
Refrain :
Lève-toi mon ami
Et ne regarde pas en arrière
Même au milieu de la nuit
Tu peux marcher vers la lumière
Lève-toi et marche !
Tu me dis,
qu'à tes talons,
Tu traînes une déchirure
Et juste sous ton blouson
Saigne encore une blessure.
Refrain
Si le mal de ton
passé
Entrave ton horizon
À ceux qui t'ont fait tomber
Oh! accorde ton pardon.
Refrain
Si le
péché t'emprisonne,
T'empêchant d'aimer vraiment
Si le remords te rançonne
Réveille ton cur d¹enfant.
Refrain
22. LUA
Refrain : Lua,
Lua
Sous ton masque de paillettes
Lua, Lua
Tu nous fais danser sur la tête !
D'où vient le
bleu de tes yeux,
De quelle mer ou de quels cieux,
Toi qui tais le nom de ton île
Mais qui prend parfois l'accent du Brésil ?
Lua, Lua
On sent battre sous
ta peau
Le jembé et les bongos
Est-ce ton cur qui donne le La
Pour qu¹en nous martèle la macumba ?
Refrain
Quand rentre en
transe ton corps
Dis-nous quel démon te mord
Pour nous piéger dans ton extase
Toi qui a marié le vaudou au jazz ?
Lua, Lua
Tes cheveux d¹or
et de feu...
Lancent des reflets soyeux
Ont-ils la couleur de ton sang
Toi qui virevolte embaumée d¹encens ?
Refrain
Dès que
s¹essouffle la fête
Quand la musique s¹arrête
On te retrouve petite fille
Toi qui te rhabilles en pagne vanille.
Refrain
23. SI TU VEUX LA PAIX...
C'est un cri qui
monte de Calcutta
Un " Save Our Souls " de Térésa
Si tu veux la paix, défend la vie !
L'appel d¹une mère à tous ses enfants
Le sursaut d¹un cur toujours palpitant
Si tu veux la paix, défend la vie !
Une invitation de celles qui espèrent
Se battant mains nues contre la misère
Si tu veux la paix, défend la vie !
C¹est le grand
message de l'homme en blanc
Un " new life-motiv " pour notre temps
Si tu veux la paix, défend la vie !
Une brèche ouverte dans nos indifférences
Une trêve offerte à la petite enfance
Si tu veux la paix, défend la vie !
L¹urgence de sécher le sang et les larmes
Avec la force du pardon pour seule arme
Si tu veux la paix, défend la vie !
C¹est un vieil
adage à rajeunir
Un " Si vis pacem... " plein d'avenir
Si tu veux la paix, défend la vie !
Un défi d¹amour pour ce millénaire
Un souffle de grâce pour la terre entière
Si tu veux la paix, défend la vie !
Un esprit nouveau contre l'intolérance
Un " oui " accueillant quand la vie commence
Si tu veux la paix, défend la vie !
C'est un cri qui
monte de Calcutta
Un " Save Our Souls " de Térésa
Si tu veux la paix, défend la vie !
C¹est le grand message de l'homme en blanc
Un " new life-motiv " pour notre temps
Si tu veux la paix, défend la vie !
C¹est un vieil adage à rajeunir
Un " Si vis pacem... " plein d'avenir
Si tu veux la paix, défend la vie !
24. LES IDOLES
Dans ta vie ce
soir
Je vois le miroir
Des idoles du passé
Tu ne peux les voir
Cachées dans le noir
De tes yeux noirs de fumée.
Tu vis dans leur
ombre
Et dans la pénombre
Tu reste à les écouter
Une nuit entière
Comme une prière
Tu les écoutes chanter :
Refrain :
Vite, vite, vite
Petite, petite,
Quitte, quitte, quitte
Tes parents, tes amis,
Imite, imite,
Petite, petite,
Les rites, les rites
Des démons de minuit !
Au petit matin
Adieu au matin
Tu retrouves tes esprits
Dans le jour qui vient
Adieu aux lutins
Tu renais vite à la vie.
Tu sais que le
soir
Dans le soir blafard
Ils reviendront te chercher
Bientôt dans tes lèvres
Montera la fièvre
Qui les fera s'éveiller.
Refrain
Elles te montent
à la tête
Tes idoles en conquête
De ce qui t'est laissé
De ta lucidité !
Pas de parabole
Pas de camisole
Pour t'arracher à leurs bras
Devant tes idoles
Ce soir je rigole
Mais tu ne m'écoutes pas.
Ce qu'elles te
murmurent
En termes obscurs
Elles n'ont qu'a le dire tout haut
Mais si elles ont honte
De ce qu'elles racontent
N¹invente rien de nouveau
Mais si elles ont honte
De ce qu'elles racontent
Surtout n'en crois pas un mot :
Refrain final :
Vite, vite,
vite
Petite, petite
Quitte, quitte, quitte
Les démons de tes nuits
Invite, invite
Petite, petite
Vite, vite, vite
Tes parents tes amis !
25. LE COEUR À L'ENVERS
La fille sur le
rivage
À de l'eau sur le visage
Son amour a fait naufrage
Au beau milieu d'un orage.
Assise au bord de la
plage
Elle aurait dû à son âge
Se protéger des nuages
Au pays du vagabondage.
Refrain :
Oh, passent le vent et la mer
Oh, viennent le froid et l'hiver
Oh, brûle le sable au désert
Tu auras le cur à l'envers (Bis)
La fille sur
l'image
Rêvait d'un lointain voyage
Sans amarre ni bagage
Pour s'évader de sa cage.
La nostalgie d'un
village
Suivait de loin son sillage
Son désir était volage
Son aventure qu'un passage.
Au refrain
La fille aux fruits
sauvages
Tressaillait sous son corsage
En scrutant le paysage
Où brunissait le feuillage
Sous un incendie en
rage
Elle avait bien le présage
Que l¹immensité d¹ombrage
Ne serait plus qu¹un mirage.
Au refrain
26. MAGIE DES MOTS
Folie! Folie des
mots!
Si t'en dis un de trop, t'es K.O,
Si t'en dis pas assez,
T'es r'calé.
Danger! Danger des
phrases !
Attention à la p'tite qui écrase,
Et gare à la grande
Qui serpente.
Génie!
génie du verbe
Dont les arabesques sont superbes
Si la prosodie
Fait mélodie.
Magie! Magie des
rimes
Quand la prosodie, en vers, se grime
Pour qu'un anagramme, sitôt, s'y trame.
Merci! Merci les
mots!
Consonnes qu'on épelle, voyelles qui sonnent,
De prêter du sérieux,
À nos jeux.
27. QUELQU'UN QUI T'ATTEND
Au café, dans
les gares
Dans les pubs, aux comptoirs
Dans les cours, dans les squares,
Les boîtes du samedi soir
Dans la foule, dans
les foires,
Au flipper, au milk-bar
Sous un néon blafard
Dans un club, dans le noir,
Y¹a quelqu'un
qui t'attend quelque part
Toujours une fille, un sourire, un regard
Quelqu'un qui t'attend quelque part
Dans les trains de
banlieue
À la station d'en face
Sur un quai sans ciel bleu
Dans le métro qui passe ou repasse,
Au ciné, le
lundi,
Dans une pub, dans un flash,
Sur l'écran sur ta vie,
Sur l'affiche qu'in arrache,
Y'a quelqu'un qui
t'attend quelque part
Toujours une fille, un sourire, un regard
Quelqu'un qui t'attend quelque part
Une fille, un sourire, au hasard...
Dans un rêve
oublié
Un flash-back inédit
Souvenir inventé
Un visage évanoui
Y'a quelqu'un qui
t'attend quelque part
Toujours une fille, un sourire, un regard
Quelqu'un qui t'attend quelque part
Y'a quelqu'un qui
t'attend quelque part
Toujours une fille, un sourire, un regard
Quelqu'un qui t¹attend quelque part
Une fille, un sourire, au hasard...
28. LE TANGO DE MONSIEUR DUPONT
Monsieur DUPONT
Joue au chat et à la souris
Du lundi au samedi
L'un me dit que ça lui dit.
Monsieur DUPONT
Rien ne lui plaît pour de bon
Si ce n'est cette obsession :
Montrer qu'il est le patron.
Mais sous sa mine
insipide
Se dissimule un grand timide
Qui, en service, prend sa revanche
En s¹inventant des avalanches.
Monsieur DUPONT
Entre quatre murs est bien pris
Comme un rat dont le seul souci
Est que personne ne lui sourit
Faisant fi de toute passion
Si ce n'est cette ambition :
Prouver qu'il a toujours raison.
Mais sous l'allure un
peu coincée
Sommeille en fait un grand frustré
Et quand il se fait aimable
C'est pour mieux vous mettre à table
Monsieur DUPONT
Se méfie des balivernes
Et garde son bonjour en berne
Sous le glacis d'une voix terne.
Sous des tendances un
peu sadiques
Se camoufle un grand pacifique,
Un ami des bêtes et des plantes
De l'amanite à l'amarante.
Monsieur DUPONT
A un doigté infaillible
Pour incendier les susceptibles
Par une plaisanterie douteuse
Quand ce n'est pas vénéneuse.
Sous l'apparence un
rien maniaque
Se cache en fait un insomniaque
Une nature par trop fragile
Pour être taxé d¹imbécile.
Monsieur DUPONT
A un flair à toute épreuve
Après lui l'herbe fait peau neuve
Une haleine à tuer le béton
Tandis qu'il vous tient le lampion.
Monsieur DUPONT
Son histoire serait banale
S'il hantait les sphères sidérales
Et non le bureau où je suis
Du lundi au samedi.
29. ELLE REVE ENCORE
Elle a une musique
dans la tête
Qui a envie de s'envoler
Un rythme fou que rien n'arrête
Des mots qu'on ne peut effacer
Je marche avec elle
dans la rue
Son ombre danse sous le soleil
Là où elle n'est jamais venue
Elle me dit que tout est pareil.
Refrain : Mais elle
rêve
Elle rêve encore
Mais elle rêve
Elle rêve encore.
Je dors avec elle sur
la plage
Des enfants jouent autour de nous
Le vent de la mer nous enlace
Le sable tient chaud à nos jours
Les vagues remontent
les temps qui passe
Nous sommes deux depuis toujours
Quand je lui parle de voyages
Elle dit qu¹elle n'en a plus le goût
Refrain
J'invente avec elle
notre histoire
Au long des heures, au fil des mots
Elle dit qu'elle n'a plus sa mémoire
Et que pour elle tout est nouveau
Elle n'est plus tout
à fait la même
Au long des jours, au fil des nuits
Elle a le cur comme un poème
Ou tout ne rime qu'avec oubli
Refrain
La nuit annonce son
retour
La lune s'éveille dans ses yeux
Elle ignore le froid qui l¹entoure
Elle est toujours sous un ciel bleu
J'ai une musique dans
la tête
Qui a envie de s'envoler
Un rythme fou que rien n'arrête
Des mots qu¹on ne peut effacer...
Refrain
29. LA FEMME AUX CHEVEUX D'OR
Elle m'a
donné, un soir
Rendez-vous à cinq heures
Au fond d'un café noir
Pour accorder nos curs
Alors elle a
posé
Sa joue contre ma joue
En laissant un baiser
Tendrement sur mon cou.
Je l'ai
laissée partir
Un silence en dit long
Sans un mot, sans rien dire
Sans même une question.
Refrain :
Mais elle n'est pas venue
La femme aux cheveux d'or
Mais je l'ai attendue
Et je l'attends encore...
Elle m'a donné
un jour
Rendez-vous à l'aurore
Dans le fond d'une cour
Pour changer de décor.
Alors elle a
osé
Se blottir contre moi
Attendre un long baiser
Peut-être une autre fois.
Je l'ai bien
regardée
Jusqu'au fond de son âme
Elle semblait s'ennuyer
À jouer les grandes dames.
Refrain
Elle m'a donné
plus tard
Rendez-vous à la nuit
Au buffet d'une gare
Pour parler de nos vies.
Alors elle a
cherché
À me prendre la main
Et puis s'est envolée
Me laissant son parfum.
Je l'ai
laissée s'enfuir
Partir ne sert à rien
Puisque son avenir
Bientôt sera le mien.
Refrain
Elle m'a donné demain
Rendez-vous à son heure
Au hasard d'un jardin
Pour chercher le bonheur.
Mais je ferme les
yeux
Je suis déjà bien loin
Je me vois amoureux
Je m'invente un chemin.
Refrain. final :
Mais je sais qu'elle viendra
La femme aux cheveux d'or
Mais je sais qu'elle viendra
Pour me parler encore
Comme je sais qu'elle viendra
La femme aux cheveux d'or
Comme je sais qu'elle viendra
Moi, je l'attends encore...
31. AMI DE PERSONNE
Depuis que tu danses
leur ronde
Depuis que tu marches à leur pas
Tu crois t'être trompé de monde
Tu n'entends plus un cur qui bat.
Tout autour de toi
Les gens sont si affairés
Qu'ils ne se voient pas
Pas le temps de regarder.