CHRISTIAN CALLY

Dernier voyage

Ils n'auront plus ...

Ombre

Absolution

Le point final

Le Cèdre

De Minuit en Minuit

Les Moutons blancs

Orage

Arbre de ma jeunesse

Mon Journal

L'étoile du berger

Indulgence

Question

Baisers

Renaissance

Nec plus ultra

Ma belle femelle

Cinquante Quatre Ans ...

Les Phares de nos Hiers

Un long parcours

Briser les Souvenirs

Plier bagages

La fuite du temps

Les Trésors de nos Hier

Le sage hibou

Nous Deux

Amour

Le Cycle des Verdeurs

La Toussaint

Le Poids du Torrent

Les Mousquetaires

Doute

Une Petite Histoire

La nouvelle page

Les Couches Maternelles

Rêve de jeuness

La ronde des Astres

Mon beau petit jardin

Odeurs des Roses

Mes souvenirs

Aigles rapaces

   
       
       

 

 

 

 

 

 

 

Mes Souvenirs

Revenants, revenez rouvrir mes souvenirs,
Les poussières du temps, ces brumeux macchabées,
Les ont tous recouverts de toiles d’araignées,
Qui me font suffoquer dans de tristes soupirs.

Sans revoir mon passé, je n’ai pas d’avenirs,
Car j’ai besoin d’ouvrir mes mémoires bloquées,
Par les ans qui les ont souvent enveloppées,
D’un douloureux oubli rongé de repentirs.

Spectre de mes aïeux montrez-moi les annales
De mon très long parcours, enfouit dans les dédales,
Car j’ai très grand besoin de retracer mes jours.

Je voudrai tant pouvoir écrire mes mémoires,
Revivre en quelques mots mes revers, mes amours,
Et coucher sur papier mes saillantes histoires.

5 Mars 2007

 

 

 

Aigles Rapaces

Nous vivons dans un monde entouré de malheurs,
Du sang versé partout, de famine et des pleurs,
Les crimes sont flagrants, recouvrant la planète,
On regarde horrifiés sa chair qu’on déchiquette.

Impotents de crier, peureux d’intervenir,
Car nous savons très bien que tout notre avenir,
Est déjà décidé par des aigles rapaces,
Qui décident du sort des pauvres populaces.

On laisse manoeuvrer ces manipulateurs,
Qui sont, sournoisement, d’ignobles prédateurs,
Ils ont foulé sous pied un nombre de colombes,
Qui gisent, sans un nom, sous le déblai des bombes.

Beaucoup d’autres qu’on torture à Guantanamo
Souffrent sans aucun droit, dans un incognito.
Le bilan des faucons qui dirigent nos vies,
Est imprégné du sang de toutes leurs orgies.

Quelque part, les malheurs, s’abattent chaque jour,
Du Liban au Congo, de l’Irak à Darfour,
L’injustice et les pleurs forcent la Palestine, 
De sauver son honneur de façon clandestine.

L ‘Afrique, au pied du mur, sombre dans le bourbier ;
Mais qui s’en contrefout, on peu les oublier,
Ce ne sont que des noirs, souvent des cannibales ;
Mais ils seront demain nos hordes illégales.

Nous participons tous, par notre inaction,
Aux empoisonnements de la pollution,
Les condors de là haut restent à ne rien faire,
Pour ajouter aux maux de notre millénaire.

Nous les avons élus, ces gens qui sont nos chefs,
Faut-il perpétuer ce choix de tous nos griefs ? 
Élisons au pouvoir quelques hommes de poigne
Pour nous sortir bientôt de ce terrible bagne.

10 Mars 2007





Odeur des Roses 

Je voudrai tant pouvoir humer l’odeur des roses,
Qui parfumaient mon coeur lorsque j’avais vingt ans,
J’ai quatre fois cet âge, et mes jeunes élans,
Ont subi, tristement, quelques métamorphoses.

Mes jours sont parsemés de périodes moroses,
Je n’ai plus le désir de formuler des plans,
Je me sens transpercé de poignants yatagans,
Qui me lancent souvent dans de noires psychoses.

Je cherche dans mon coeur ces anciennes senteurs,
Qui faisaient miroiter des futurs enchanteurs,
Réduits au fur des ans en un amas de cendres.

Mais j’ai dans mon cabas ces fragrants souvenirs,
Qui tiennent à l’écart les pleureuses cassandres,
Pour me donner encor quelques beaux avenirs.

 

26 Février 2007

 

 

 

 

Mon Beau Petit Jardin

Mon jardin est couvert de charmants chrysanthèmes,
De roses, de jasmins aux fragrantes odeurs, 
C’est tout une palette exhibant ses couleurs,
C’est la belle saison qui dispense ses gemmes.

Le ciel bleu recouvert des ses plus beaux diadèmes,
Enchante la nature avec ses mille fleurs,
Et l’astre à son zénith nous baigne de torpeurs,
De bien être, de paix, de promesses suprêmes.

Mon beau petit jardin soulage mes vieux jours,
Il m’entoure de joie avec ses beaux atours,
Chaque fleur, chaque arôme exprime sa tendresse.

Hélas ! Je ne peux plus cultiver mon jardin,
Et cela me remplit d’une grande tristesse,
Mais sa belle richesse allège mon chagrin. 

3 Février 2007

 

 

 

 

La Ronde des Astres

Le jour, très lentement, s’éteint à l’horizon,
Il darde mille feux sur la terre et sur l’onde,
Il s’en ira bientôt à l’autre bout du monde,
Pour faire résonner le la du diapason.

Il fait ce long trajet de saison en saison,
Car pour donner la vie il doit faire sa ronde
Il accorde a sa soeur, la lune vagabonde,
D’accomplir chaque soir sa belle lunaison.

C’est ainsi que les temps, avec exactitude
Vident le sablier de toute plénitude,
En nous faisant sombrer avec l’astre couchant.

Irons-nous apparaître en un autre hémisphère
Pour refaire un parcours bien plus enrichissant,
Ou bien est-ce la fin quand on nous incinère ?

30 Janvier 2007

 

 

 


Rêves de Jeunesse

Où sont-ils donc allés ces rêves de jeunesse,
Ces rêves qui jadis étaient pleins de nectars ?
Ils se sont transformés en constants cauchemars,
Aigris par d’incessants contretemps de tristesse.

Sans le vouloir, j’arrive, avec grande détresse,
Pour être face-à-face avec mes avatars,
Je me croyais pourtant, l’égal des super stars,
Mais je dois me courber au seuil de la vieillesse.


Une très longue vie a détruit ma santé,
Mes douleurs ont tari ma créativité ;
Dorénavant je met ma muse à la retraite.
 

Après ce long parcours je dois bénir mon sort,
Qui m’a si bien choyé d’une course parfaite,
Mais le temps est venu de rendre mon passeport.

 21 Janvier 2007

 

 

 

 

La Toussaint

C’est la Toussaint, fête des morts,
Beaucoup de fleurs, pleins de remords,
Qu’on vient répandre aux cimetières,
En murmurant quelques prières,
Pour nos défunts qui sont parti
Et sont souvent dans notre oubli.

En ce Novembre on vient quand même
Avec nos pleurs dire « Je t’aime »
Ce mot qu’on dit infréquemment,
Et qu’on regrette amèrement,
De n’avoir jamais pu le dire
A ceux qu’on aime et qu’on admire.

Il faut veiller sur nos absents,
Car c’est leur jour d’être présents ;
Toutes ces âmes trépassées

Doivent rester dans nos pensées ;
Apportons leurs quelques conforts,
C’est la Toussaint le jours des morts.

31 0ctobre 2006

 

 

 

Le Poids du Torrent

Un énorme torrent de souvenirs s’amasse,
Et pèse lourdement sur mon fragile dos,
Il envahit mon corps et fait rouiller mes os,
Et son déferlement me fait peur et m’angoisse.

Je ne peux plus rien faire aux mal qui me tracasse,
Je dois me résigner à ses constants bobos,
Qui viennent chaque instants déranger mon repos ;
Je sens que tout mon corps s’abîme et se fracasse.

Je poursuis mon chemin en acceptant mon sort,
Jusqu’au jour qui viendra pour m’amarrer au port,
Qui me libérera du poids de mes années.

J’ausculte calmement mon état chaque soir,
Pour remettre au sommeil mes forces surannées,
Mais l’aurore viendra me redonner l’espoir.

15 Novembre 2006

 

 

 

 

Les Mousquetaires

On nous avait nommé les quatre mousquetaires,
Une amitié portant fièrement ce slogan,
Percy, Michel et moi, Frankie le d’Artagnan,
On était un pour tous, tous pour un, solidaires.

Nous avions tous atteint nos cycles pubertaires,
Chacun de nous était un sacré don Juan,
Notre sang ressemblait aux laves du volcan,
On goûtait les plaisirs de verts célibataires.

Ce fut un très beau temps pour nous quatre étalons,
Nous avons tous quitté le sol des pharaons ;
Mais l’amitié tient bon, quoique souvent précaire.

Nous trois sommes en deuil pour notre ami Michel, 
Qui vient de succomber au cancer pulmonaire ;
Nous nous retrouverons au séjour éternel.

8 Novembre 2006

 

 

 

 

Doute !

Entre vos mains, Seigneur, je met tout mon espoir,
Vous êtes l’Univers et la toute Puissance,
Je ne suis qu’un atome, une humble inconséquence,
Et je lève vers Vous mon âme chaque soir.

J’ai toujours essayé de faire mon devoir,
Depuis mon très jeune âge, avec Votre assistance,
Mais ma nature humaine est pleine d’inconstance,
Qui m’a fait trébucher, virant du blanc au noir.

Je cherche dans mon coeur les bons points de ma vie,
Pour contrebalancer mes jours de frénésie,
Et pour récupérer la foi de mes vingt ans.

Je traverse toujours des périodes de doute,
Qui projettent ma flamme au gré des ouragans ;
Seigneur délivrez-moi de toute fausse-route.

26 Octobre 2006

 

 

 



Une Petite Histoire

Le vieux sur sa bécane roulait cahin-caha,
Deux gamins le voyant optèrent de le suivre,
Lui jetant de gros mots, disant qu’il était ivre
Le vieux en eut assez de tout ce brouhaha.

Il s’arrêta soudain en leur disant « holà ! »
Et d’un pas assuré se mit à les poursuivre,
Quand il coinça l’un d’eux pour lui apprendre à vivre
Lui nuit : « Tu vois petit, je ne suis pas gaga »

Le gavroche ahuri ne savait plus que faire,
Il voulu s’échapper du septuagénaire,
Mais le vieux le tenait par le cou fermement.

Avec un vigoureux coup de pied au derrière,
Enfin il relâcha ce mauvais garnement,
Renfourcha sa bécane avec sa mine fière.

11 Août 2006




La Nouvelle Page

A chaque instant qui passe, une nouvelle page
S’ouvre pour nous montrer tout un nouveau chemin,
Chaque nouvel instant fraye un nouveau destin, 
Qui nous plonge souvent vers un nouveau virage.

Notre trajet s’écoule et change de visage,
Lorsque nous parcourons les pages du bouquin
Qui continuellement s’avancent vers demain,
Pour choisir notre sort par un borgne triage.

Quand on tourne la page on fait nouvelle peau,
Le tic-toc de la montre est un nouveau cadeau 
De l’eternel cadran avec ses deux aiguilles. 

Inexorablement, nous allons de l’avant,
Laissant derrière nous un brouilard d’escarbilles,
Après un long parcours qui nous laisse haletant.

14 Août 2006




Les Couches Maternelles 

Bientôt nous jouirons des beaux jours du printemps,
Nous verrons revenir, les belles hirondelles,
Et les fleurs égaieront de parures nouvelles 
Nos parcs et nos jardins de brasiers éclatants.

Les neiges de l’hiver protègent à plein-temps
Les grains somnolents sous les couches maternelles,
Elles enfanteront de belles étincelles,
Sous un soleil vernal de fastes contrastants.

Aux jolis coloris se joindront les fragrances, 
De tous ces nouveaux nés, et leurs munificences,
Redonneront la joie aux coeurs endoloris.

Nous avons traversé les froideurs hivernales
Nous voulons maintenant que nos jardins fleuris
Deviennent nos séjours, nos aires communales.

8 août 2006


 
 
 

Le Cycle des Verdeurs

Rappelez-vous, Messieurs vos beaux jours de jeunesse,
Quand vous butiniez comme des papillons,
Allant de fleur en fleur avec vos aiguillons,
Pour leur faire goutter les plaisirs de l’ivresse.
 

Où sont toutes ces fleurs si pleines de tendresse,
Maintenant que l’hiver a séché leurs bourgeons,
Et qui ne peuvent plus vous donner des frissons
Ni les fougues d’antan ; ah ! maudite vieillesse !

Pendant vos beaux printemps, Mesdames et Messieurs
Votre sève faisait l’amour à qui mieux mieux,
Mais tout s’est effrité pendant vos longs voyages.

Pour immortaliser le cycle des verdeurs,
Les papillons viendront refaire leurs greffages,
Quand le nouveau printemps réveillera les fleurs.

 13 Août 2006

 

 

 

Amour

 L’amour doit s’enrichir d’une amitié sincère
Pour pouvoir surmonter les ravages du temps,
Et garder quelques brins des chaleureux printemps
Qui viendront réchauffer un automne éphémère.

Sans compréhension, l’amour tombe en jachère,
Souvent enseveli, nous laissant sanglotants,
Aurait-il pu survivre à tous ces contretemps
S’il avait su régir sa fougue passagère ?

 Hélas ! après l’ardeur des charnels croisements,
De nos jours, très souvent, malgré tous nos serments,
L’amour sans amitié se dissout en rupture.

C’est un très grand malheur, surtout pour les enfants,
Qui finissent toujours par payer la facture ;
Les vrais souffre-douleur des amours décevants.


1er Décembre 2006

 

 

 

 
 

Nous Deux

Nous voici tous les deux, éternels troubadours
Escaladant les monts, parcourant les vallées,
Épuisés ? Oui peut-être, à travers ces années,
Qui nous ont fait garder l’ardeur de nos amours.

Nous sommes fortifiés après nos long parcours,
De pouvoir déguster des tartines miellées,
Que le sort a voulu nous servir bien beurrées,
Pour nous récompenser pour nos constants labours.

Là-bas à l’horizon, l’ombre du crépuscule
Se lève lentement lorsque le jour recule,
C’est le temps pour nous deux de remercier les cieux.

Pour nous avoir donné ces moments de quiétude,
De jouir calmement d’un automne merveilleux,
Et d’écouler nos jours avec mansuétude.

23 Novembre 2006

 

 

 

Le Sage Hibou

Un vieux et sage hibou poussait de longs hou hous
En sortant chaque soir et survolant les plaines,
Il faisait tant de bruit en lançant ses rengaines,
Que les autres oiseaux se mirent en courroux.

Ils choisirent d’aller pour prendre un rendez-vous,
Avec ce vieux filou, source de leurs migraines,
Après réflexion, deux sages indigènes,
S’en allèrent le voir au fond d’un de ses trous.

Tous deux furent reçus avec cérémonie,
Il leur dit : Chers amis, votre cacophonie,
Chaque aube affecte aussi mon paisible sommeil.

J’ai mes façons de vivre et vous avez les vôtres,
Allez dire à vos pairs que j’ai ce bon conseil :
« Partageons sans conflit ce monde qu’est le nôtre. »

18 Octobre 2006






 


Les Trésors de nos Hier

Pourquoi ensevelir nos péchés de jeunesse,
Qui sont les précieux jalons sur nos chemins,
Ils sont les professeurs de tous nos lendemains,
Et coiffent nos présents d’un aura de sagesse.

Le sort nous a servi cette grande kermesse,
Pour jouir tous nos jours, très souvent incertains,
Et vivre avec les maux, les plaisirs, les chagrins,
Qui viennent colorer toute notre vieillesse.

Gardons les souvenirs de notre long parcours,
Endossons sans regrets nos hardes, nos atours
Avec grande fierté pour tout ce que nous sommes.

Lorsque nous entassons les neiges des l’hivers
Sur nos cheveux tout blancs, comme d’osseux fantômes,
Donnons-nous cet accès aux trésors de nos hier.

23 Octobre 2006

 

 

 

 

  La Fuite du Temps

Je vois le temps voler sur les ailes fébriles,
Des ans qui sans retour, encombrent l’horizon,
C’est mon aigle qui fuit de saison en saison,
Emportant dans son nid mes rêves juvéniles.

De là-haut je revois mes batailles futiles,
Je contemple mes ans avec un grand frisson,
Ce parcours que j’ai fait eut-il une raison,
Ou bien tous mes acquis resteront inutiles ?

Mon automne s’avance aux portes de l’hiver,
Je regarde mes jours dispersés par l’auster,
Qui souffle à chaque instant son flux de déblayage.

Mais je me met en lice entraîné par ce vent,
Sur les ailes de l’aigle, ami de mon voyage,
Qui m’emporte là-haut vers le soleil levant.

21 Octobre 2006

 


 

 

 

 

 

Plier Bagages

J’approche sans effroi le jour de mon trépas,
Mais j’y vais lentement faisant de petits pas,
Je ne suis pas pressé de plier mes bagages,
Car je n’y vois que des foutus désavantages.
Il faut s’habituer qu’un jour, la haut, le glas
Sonnera pour me dire adieu, bon débarras,
La glaneuse viendra faire ses fossoyages
Mais je résisterai contre ses taraudages,
Car je voudrai rester maître de mes karmas,
Et retarder la fin en poussant des hourras.

Je sais qu’elle vaincra, cette vieille canaille,
Et qu’un jour, tôt ou tard, je perdrai la bataille,
Mais que diable, je dois ajourner au plus tard
L’éventuel moment de mon digne départ.
Quand je la vois venir, souvent dans la grisaille,
Un petit froid méchant m’imprègne et je trésaille,
Elle me fait plonger, dans un épais brouillard, 
Et je me vois gisant dans un beau corbillard,
Tête sous un tonneau, pieds contre la muraille,
Je veux faire mon plein avant que je m’en aille.

16 Octobre 2006



 

 

 

Briser les Souvenirs...

Briser les souvenirs de nos lointains printemps,
C’est jeter aux pourceaux nos perles de jeunesse,
Et plonger notre automne, appauvri de sagesse,
Dans un vide sans fond et sans antécédents.

Survivre au jour le jour nous laisse mécontents,
Car en ayant perdu la base enchanteresse
Des supports d’un passé saturé de richesse,
Nous glissons dans de noirs incertains contretemps.

Depuis notre naissance on amasse sans cesse,
Des grands jours pleins d’espoir et des jours de tristesse,
Qui doivent nous guider tout le long du chemin.

Jouissons du présent avec exubérance,
Mais n’oublions jamais que c’est notre destin
D’orner tous nos demains d’un souffle d’espérance.


Un long Parcours

J’ai traversé depuis le jour de ma naissance,
Vingt huit mille neuf cent quatre vingt quatre jours,
Un bel anniversaire pour ce très long parcours,
Qui me fait déguster, l’âge de sénescence.

Je veux remercier, avec reconnaissance,
Les cieux qui sont venus, souvent, à mon secours,
Quand j’en avait besoin, pendant mes longs labours,
Et qui m’ont fait franchir cette extrême distance.

Le sablier s’écoule avec rapidité,
Je compte mes demains avec sérénité,
Et je vais de l’avant de l’aube au crépuscule.

Verrai-je trente mille aubes à l’horizon
Avant d’escalader le dernier monticule,
Et traverser le Styx avec mon balluchon ?

4 Octobre 2006

Les Phares de nos Hiers

Les phares de nos hiers font briller nos demains ;
Il faut les allumer pour nous servir de guide,
Ils dardent éclairant un futur plus limpide,
Pour nous faire choisir de plus sages chemins.

Mais très souvent, hélas, nos vieux passés lointains,
Sont gommés, balayés d’un coup de main rapide ;
Nous allons tâtonnant, aveugles dans le vide,
Sur des sentiers jonchés de brisants incertains.

Le passé doit servir comme un point de repère,
Le grand sine qua non de notre vie entière, 
La continuité d’une longue karma. 

Il nous faut activer, enflammer la mémoire,
Pour jouir des plaisirs d’un beau diorama,
En allumant les feux du nébuleux grimoire.

2 Octobre 2006

 

 

 

 

 

Cinquante Quatre Ans....

Je t’ai mise souvent sur un haut piédestal,
J’ai posé sur ton front un brillant diadème,
Tu fus et restera l’inestimable gemme
Des cinquante quatre ans d’un parcours marital.

Tu remplis de bonheur notre nid familial ;
Les enfants ont grandi, ils te montrent quand même,
De grands signes d’amour, de loyauté suprême,
Ils t’ont toujours gardé leur dévouement filial.

Nous avons surmonté de terribles épreuves,
Escaladé des monts, et traversé des fleuves
Mais malgré ces revers, notre ancre a tenu bon. 

Il est temps que je fasse un honnête inventaire,
Et venir humblement te demander pardon,
Pour t’avoir imposé ce bourru réfractaire.

27 Septembre 2006






Ma Belle Femelle

 Elle était belle ma pucelle,
Mais elle était souvent rebelle,
Me taquinait presque toujours,
En me faisant de mauvais tours,
Et sa morsure était cruelle.

Mais j’aimais bien ma tourterelle,
Car elle était toute femelle,
Sa peau de soie et de velours,
Et ses voluptueux contours,
Sentaient le musc et la cannelle.


Ce souvenir qui m’ensorcelle
Qui malgré mon très long parcours,
Me hante encor sous ses faux-jours,
Au petit feu d’une chandelle.

Elle était belle et si charnelle,
Que quand j’y pense, je chancelle,
Ce fut l’acmé de mes amours,

Mais ce ne fut qu’une étincelle.
 

20 Septembre 2006

 

 

 

 

 

Nec plus ultra !

C’est toujours un plaisir de savoir qu’on est lu,
Surtout si la lecture engendre une réponse ;
L’auteur est gratifié lorsque quelqu’un énonce 
Un commentaire trivial, mais jamais superflu.

Le temps du grand poète est hélas, révolu,
Le lecteur d’aujourd’hui, très souvent nous dénonce,
Comme des primitifs, et chacun nous prononce 
Écrivains désuets d’un style farfelu.

Un petit groupe tente, avec persévérance,
De donner au poète un tantet d’espérance,
Mais qui sait si demain son oeuvre survivra ?

Écrire quelques vers est un baume pour l’âme,
Nos candides écrits sont les nec plus ultra,
Qui produisent les feux d’une brillante flamme.

24 Septembre 2006



Renaissance

J’écoute les oiseaux au fond de mon jardin,
L’approche du beau temps les remplit d’allégresse,
Ils attendent de voir que le printemps renaisse
Pour sacrer la nature avec un grand festin.

Je les entends chanter très tôt chaque matin,
Et les vois voltiger avec grande souplesse,
Ils construisent leurs nids avec délicatesse 
Tout en faisant grand bruit avec leur baratin.

Ce réveille-matin, cet hymne à la nature,
Me sort de mon sommeil avec son ouverture,
Et remet dans mon coeur l’espoir d’autres beaux jours.

Moi je souhaite aussi voir le printemps renaître,
Pour jouir à nouveau l’appât de ses atours,
Les grands froids de l’hiver sont prêts à disparaître.

17 Septembre 2006

L’étoile du Berger

Quand je me met au lit, chaque soir je voyage,
Je plane vers l‘étoile illuminant les cieux,
L’étoile du berger qui m’offre ses beaux yeux,
Avec un tout petit sourire de flirtage.

Elle enserre mon corps dans un doux éclairage,
Et je me laisse aller dans de rêves joyeux,
Mes maux sont balayés, je me sens beaucoup mieux
Dans ces bras qui me font reprendre mon courage.

La nuit passe sereine et quand l’aube apparaît,
Je suis chaud dans mon lit et je suis satisfait
De me sentir vivant pour revoir le soleil.

L’étoile du berger et son ami Morphée
Ont bercé tendrement le cours de mon sommeil,
Pour me faire jouir cette belle envolée.

11 Septembre 2006

 

 

 

 


Indulgence

Pour vivre aussi longtemps que moi,
Il faut avoir du savoir-faire,
Et pouvoir comment satisfaire
Ces indulgents je-ne-sais-quoi.

Je vais vous dire le pourquoi.
Je suis un vieil octogénaire,
C’est mon whisky réglementaire,
Mon élixir de bon aloi.

Je mange, en outre, deux douzaines
Je creuses huîtres de marennes,
Oh ! que je suis un vieux gourmand !

Accordez-moi votre indulgence,
Car je suis là, toujours vivant,
Avec beaucoup de flatulence.

29 Août 2006

 

 

 

 


Question (Acrostiche)

Question ! comment peut-on bannir ces exploitants,
Usurpateurs cruels, infligeant des tortures,
Et qui nous font douter que nos ères futures
Survivront au passage inclément de nos temps ?
Tout sape les espoirs d’une contrition,
Improbable pour nous et nos progénitures,
On souhaite qu’un jour toutes ces dictatures
Ne feront plus du mal, et c’est là la question.

28 Août 2006

 

 



Baisers

Je ressens le plaisir s’emparer de mes lèvres,
Quand je pense aux baisers, si pleins d’hypertension,
Qu’aux jours de ma jeunesse, avec grande passion,
Mettaient tant de frissons dans mes grisantes fièvres. 

Ces baisers partagés étaient pleins d’espérance,
Qu’un doux acquiescement, avec les yeux fermés,
Promettraient des ébats ardents et enflammés ;
Je pleure le déclin de ma belle endurance ! 

Mais ces lèvres n’ont plus l’ardeur de la jeunesse,
Il ne me reste plus que des grains de sagesse,
Qui me donnent souvent des irritations.

Ces rêves du passé sont un beau patrimoine,
Je traverse mes jours sans hésitations,
Mais je sais dans ma chair de n’être pas un moine.

30 Août 2006

 

 



Mon Journal

Mes poèmes sont mon journal, 
Éphémérides de ma vie,
Souvent si pleins de nostalgie, 
Pour un parcours pourtant banal.

Je ne suis pas original,
Je ne fait pas d’apologie ;
Plusieurs poètes de génie 
Ont commenté sur leur social. 

J’écris aussi, avec allure,
Sur les saisons et la nature,
Et quelques drôle de sonnets.

Mais mes plus aptes commentaires,
Sont ceux qui mettent aux aguets,
Mon ire contre les sectaires.

9 Septembre 2006

 




Arbre de ma Jeunesse

Planté dans ma jeunesse et cultivé depuis,
L’arbre de l’amitié fut un jeune cépage,
Il grandit au printemps, dans un bel entourage,
Et produit des beaux fruits sans aucun compromis.

Le soleil de l’été le rendit plus exquis ;
Les grappes de raisin d’un amical partage,
Couvrirent la saison d’un vaste panachage,
Qui remit dans nos coeurs de nouveaux coloris.

Mais quand l’automne vint, ce charmant paysage,
Sécha l’arbre d’amis, qui devint le mirage 
De ce qui fut jadis une grappe d’amis.

Les neiges de l‘hiver complétèrent l’ouvrage,
La foudre vint frapper mon arbre qui naquis, 
Avec un grand amour à l’aube de mon âge. 

6 Septembre 2006


Orage

Je regarde la pluie attaquer ma fenêtre,
Elle cingle la glace avec acharnement, 
Tonnerres et éclairs suivent furieusement ;
Tout ce chambardement dérange mon bien-être.

Ma muse, en désarroi, se hâte à disparaître,
Et je crois qu’il est temps que j’aille calmement,
Terminer cette nuit avec l’apaisement
D’un sommeil qui viendra bercer mes nerfs, peut-être.

Mais j’entends sur le toit la grêle mitrailler,
Pour dormir, je m’enfouis sous mon gros oreiller,
Rien ne vient apaiser ma fatigue qui flanche.

A travers ma fenêtre un très faible soleil,
Traverse mes carreaux après une nuit blanche,
Je me lève baillant, mes yeux pleins de sommeil.

25 Août 2006

 

 

 


Les Moutons Blancs

Le crépuscule éteint le géant réverbère,
Qui sombre dans les flots carmins,
Et le ciel se remplit de mil feux argentins
Pour dispenser son somnifère,
Et nous faire jouir des rêves cristallins.

Sur le dos de la mer des moutons blancs s’agitent,
Gambadant vers le littoral 
Sous l’attentif regard du grand diadème astral,
Qui les bercent et les excitent, 
Pour les faire gagner leur point subliminal.

Ils viennent sagement s’échouer sur la plage,
Avec un faible bêlement,
Et leurs embruns s’en vont frôler allègrement
Avec un effronté cinglage, 
Infligeant aux passants leur éparpillement.

Ces moutons ne sont pas d’habitude aussi sages,
Ils se transforment en lions,
Pour montrer leurs courroux et leurs rébellions,
Ils affolent les équipages,
Qui sombrent, sans appel, dans de noirs tourbillons.

Après leur long voyage et leurs péripéties
Les vagues viennent s’ensabler,
Je veux les écouter, les entendre parler
Me raconter leurs prophéties,
Pour nos nerveux futurs qui nous font tous trembler.

L’espoir est toujours là pour une aube nouvelle,
Pour empourprer notre l’horizon
Et redonner le son du LA au diapason,
Pour une paix universelle
Qui fera supprimer les guerres sans raison . 

18 Août 2006 

 

 

 

Le Cèdre

Le Cèdre est imprégné du sang de ses victimes,
Ses enfants mutilés par d’actes criminels,
Leurs corps déchiqueté par d’ignobles shrapnels
Exigent, de là-haut, qu’on punisse ces crimes.

Il nous faut arrêter ces meurtriers régimes,
Qui causent de nombreux délits intentionnels,
Ils veulent protéger leurs pouvoirs personnels,
En perpetrant, sans tact, d’actes pusillanimes.

Et s’ils ne cessent pas de verser tant de sang,
Ils risquent d‘éveiller le grand lion persan,
Et c’est l’armageddon d’une guerre atomique.

La nouvelle Shoah qui vient nous écoeurer
Eclipse-t-elle l’horreur du peuple sémitique
Qui répéte les viols qui l’ont fait tant pleurer ?

2 Août 2006








De Minuit en Minuit...

Il est minuit moins cinq, la fin d’un autre jour,
Bientôt l’aube viendra pour entamer sa fuite,
Pour nous faire poursuivre une nouvelle orbite,
Un tout nouveau trajet, un tout nouveau séjour.

Car c’est vers l’inconnu, tout droit, sans demi-tour,
Dans un trot effréné qu’elle nous précipite
Vers cet autre minuit qui s’avance bien vite,
Et nous fait voyager vers un sort, sans retour.

De minuit en minuit dans les bras de Morphée,
Nous traversons les jours d’une grande odyssée,
Qui nous pousse toujours vers notre point final.

Notre premier soupir s’écoule d’heure en heure
Jusqu’a notre arrivée au dépôt terminal,
Pour nous faire gagner notre ultime demeure.

5 Août 2006

 

 

 

 

Le Point Final

Le bon Dieu qui créa cet immense univers,
Clôtura son chef- d’oeuvre, aux confins des éthers,
Avec un point final, qui fut notre planète,
Qu’Il dota fièrement de toute une palette,
D’océans et de monts, de forêts, de déserts.
Il la peupla d’oiseux et beaucoup d’animaux,
De grands aigles volants et de petits moineaux,
Après avoir oeuvré pour la rendre parfaite,
Il sentit que son oeuvre avait l’air incomplète,
Et qu’un grand élément manquait à ses travaux.

Songeur, Il vint s’asseoir au rebord d’un ruisseau,
Il prit entre ses doigts la boue au bord de l’eau,
Et fit, à son image, une humaine maquette,
Puis Il donna son souffle a cette statuette,
Qui devint notre aïeul et Son premier cadeau.
Il lui donna les clefs de tout son paradis,
La souveraineté du terrestre logis,
Il lui dit de jouir de toute la richesse
De sa flore et sa faune avec tact et sagesse,
Et d’être le gardien de ses nouveaux amis.

Le Seigneur s’aperçut que sa création
Risquait de s’embourber dans la stagnation,
Il décida de faire un être à son espèce,
Pour qu’il puisse couler ses jours avec tendresse,
Il créa cet opus à la perfection.
Il pétrit une forme avec du kaolin,
Qui lui donna un ton limpide et cristallin,
Il souffla dans ce corps, pour lui donner la vie ,
Qui devint pour Adam sa femme et son amie, 
Mais causa le déclin de tout le genre humain.

Le Seigneur regarda l’acmé de ses labeurs,
Il leur ouvrit l’Eden et toutes ses splendeurs,
Mais voulu s’assurer de leur obédience
Et leur dit d’éviter l’arbre de la science,
Et Il leur défendit d’y toucher pour toujours.
Ils acceptèrent bien cette interdiction,
Mais cédèrent bientôt à la tentation,
De venir regarder cet arbre aux belles pommes,
Et de humer de près ses capiteux arômes,
Qui les conduit tous deux à leur perdition.

Lucifer leur promit, sous forme d’un serpent,
Qu’ils deviendraient égaux a ce Dieu tout puissant,
Ève fut la première a croire à la promesse,
Elle séduit Adam qui céda par faiblesse,
Depuis, ce point final s’empire et se repent.

 

 

 

 

 

 

Absolution !

Pardonnez-moi Seigneur, avec votre bonté
Et ne me jugez pas avec votre vengeance,
Absolvez mon passé avec votre indulgence,
Mais je soumet mon sort à votre volonté.

Je sais que mon parcours vous a désappointé,
J’ai poursuivi ma vie avec extravagance,
Et vous m’avez puni, m’ôtant votre clémence ;
Améliorez, Seigneur, l’état de ma santé.

Je suis sur le chemin de la dégringolade,
Chaque jour je me sens de plus en plus malade,
Mes forces sont à bout, j’entends le glas sonner.

Rapidement j’arrive au bout de mon voyage,
Avant mon grand départ veuillez me pardonner ;
Réservez-moi un coin dans Votre voisinage.

6 Mai 2006




Ombre !

C’est une ombre qui vient partager mon sommeil,
Elle arrive souvent pour entraver mes rêves,
Et troubler mon repos pendant ces heures brèves,
Pour me laisser perplexe au lever du soleil.

C’est mon inconscient qui veut que je m’éveille,
Pour me faire exhumer certains faits que l’oubli
A caché d’un rideau qui reste enseveli,
Mais qui vient me fourrer une puce à l’oreille.

Eh oui, je dois avoir quelques petits secrets
Que je veux oublier en les gardant discrets,
Mais l’ombre de la nuit réveille ma mémoire.

Me voici réveillé parmi mes souvenirs,
Entassés pêle-mêle au fond de mon armoire,
Pour raviver en moi de latents repentirs.

23 Avril 2006


 

 

 

Ils n’auront plus 
jamais l’occasion de vieillir !



Leur temps s’est arrêté sous un torrent de balles,
Ils n’auront plus jamais l’occasion de vieillir,
On les a cultivé pour combattre et périr
Comme chair à canon fauchés par les rafales.

Leurs os reposeront sous quelques froides dalles,
Leurs noms seront gravés au mur du souvenir,
Ceux qui les ont trahi viendront se réunir,
Pour feindre d’honorer leurs dépouilles tombales.

Ces jeunes ont péri sans savoir le pourquoi,
Plongeant leurs êtres chers dans un grand desarroi,
D’eux il ne restera qu’un grand vide et des larmes.

On les a envoyé, tous ces jeunes soldats,
Déposer des tyrans par la force des armes,
Rien que pour assouvir l’ego des potentats.
 

27 Avril 2006

 

 

 

 

  Dernier Voyage

Je vais bientôt revoir ma ville de Menton, 
Ses beaux jardins fleuris, ses longues promenades,
Le charme médiéval de ses vieilles façades,
Son ancien cimetière au sommet du piton.

Au mois de février, la fête du citron
Décore ses chemins d’artistiques parades,
Qui traversent la ville en longues défilades ;
Les Mentonnais sont pris dans un gai tourbillon.

J’ai hâte d’y aller après ma longue absence,
Pour renouer les fils de ma belle romance, 
Et pour lui dire adieu pour la dernière fois.

C’est un très grand effort pour faire ce voyage,
Ce sera mon dernier, risqué chemin de croix,
Mais je vais l’affronter avec calme et courage.

19 Avril 2006




 
     
     
 

 

 

 

 

 



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