Christian Cally

Un monde Parallèle           Féconde terre           La Rose        Ode à l'Amour      Espoir     Noël     Noël, Sang, Guerre   Le Kangourou Mes Réfugiés     La Rose de la Vie    Épines      Le cheval et la jument     Hier, aujourd'hui, demain      Rêvasseries hospitalières Lorsque le jour s'efface     Danse macabre    l'Hermite    Vider mon Carquois        l'Odorat        Genèse        Ma Petite Fille  Appréciation        La Mouette        Halloween        Nos Automnes        Guerres des Cultures      Viens ...    Promesses

 

 

 

 

Promesse !

Je me suis fait une promesse
De parcourir au jour le jour,
Tout le restant de mon séjour,
Avec beaucoup de gentillesse.

Je veux répandre avec tendresse
Un peu d’espoir, un peu d’amour,
Sans être contre, sans être pour ;
Surtout avec délicatesse.

Je veux que mes petits enfants
Gardent des souvenirs fervents,
Quand ils évoquent leur grand-père.

Je n’ai qu’un tout petit souhait,
C’est de laisser sur cette terre,
Un mémento de mon trajet.

12 Mars 2006





 

 

 

Viens me Tendre ta Main...

Qand mon glas sonnera pour quitter cette terre,
Je sais que tu viendras pour me tendre la main,
Et me guider là-haut vers le divin chemin,
Où tu me conduiras aux portes de Saint Pierre.

J’attends ce moment là pour calmer ma misère,
Et te revoir, enfin, pour guérir mon chagrin,
Qui commença le jour où le cruel destin
Me plongea, sans recours, dans mon deuil solitaire.

J’attend, larmes aux yeux, que ce moment béni,
Vienne pour m’enterrer dans l’éternel oubli ;
Je ne souhaite plus entendre mon coeur battre.

Car depuis ton départ, je sens le froid venir, 
Mon monde s’est éteint, je ne veux plus combattre ;
Viens me tendre ta main qui va nous réunir.

29 Janvier 2006






 


Guerres des Cultures

Révolus sont les grands conflits conventionnels,
Nous avons entamé les guerres des cultures,
Guerres de religion aux frontières obscures,
Pour subir les excès d’élusifs criminels,
Qui sèment la terreur en meurtres et tortures.

Afghanistan, Irak, affronts irrationnels,
Ont fait naître partout ces éléments parjures,
Qui conjuguent leurs plans en fortes conjonctures,
Et choisissent leur proie en d’attentats mortels,
Pour nous faire payer leurs sanglantes factures.

L’attentat de New York et celui de Madrid,
De Bali, puis celui qui fit subir à Londres,
Un effrayant jeudi qui vit sa paix se fondre,
Par un acte fielleux du terrible Caïd ;
Tous furent perpétrés pour punir et confondre.

Les peuples dépourvus de droits, de dignité,
Sont les grands fournisseurs des faiseurs de carnages,
Qui s’infiltrent, sournois, causant des sarcophages,
Pour condamner tout haut l’injuste pauvreté,
L’humiliation, et leurs lourds vasselages.

L’autre contentieux, l’épineux noeud gordien,
Qui depuis cinquante ans est une cicatrice,
Balafrant la région, soumise au sacrifice,
Du joug du malheureux peuple palestinien ; 
Qui cherche un dénouement a son amer supplice !

Ben Laden n’est pas seul a semer la terreur,
Beaucoup de mécontents fomentent l’extrémisme,
D’un mouvement mondial, bourré de fanatisme,
Qui va pour très longtemps éventer sa fureur,
Et nous faire payer nos actes d’égoïsme. 

Ce conflit peut durer, sans vaincus ni vainqueurs,
Affectant pour longtemps plusieures dynasties,
A moins que les puissants donnent des garanties
D’éliminer la faim, la souffrance et les pleurs, 
Des peuples subjugués par nos démocraties. 

10 Juillet 2005










Nos Automnes

Je te regarde en face, automne de ma vie,
Je n’ai pas peur de toi, ni de mes futurs jours, 
Ensemble nous avons parsemé nos amours
Aux quatre coins du monde avec philanthropie.

Nous avons tous les deux dégusté l’ambroisie
De nos lointains printemps aux chants des troubadours,
Nous arrivons, enfin, au bout de nos parcours,
Toi glissant vers l’hiver et moi vers la sortie.

Et la main dans la main tous les deux haletants,
Chacun à sa façon, ira vers son printemps,
Toi tu feras chanter les fleurs et la nature,

Et moi j’arriverai au bout de mon chemin,
Où j’irai découvrir une belle aventure, 
Espérant le retour d’un meilleur lendemain.

6 Juillet 2005


 




Genèse

Quand le Seigneur sortit de son profond sommeil,
Il créa, du néant, la lune et le soleil,
Il répartit le temps de l’ombre et la lumière,
Entre l’astre de nuit et l’astre incendiaire ;
La lune fut d’argent et le soleil vermeil.

A la lune il donna le royaume du soir,
Un collier de diamants pour parer le ciel noir,
Et comme compagnon il délégua Morphée,
Pour répandre la paix pendant sa randonnée,
Et bénir le sommeil de dortoir en dortoir.

Au soleil il donna l’empire des chaleurs,
Pour lui faire couvrir la nature, de fleurs,
Il lui donna le don d’illuminer la plaine,
Et de faire germer la manne quotidienne ;
Il mit dans son carquois la gamme des couleurs.

Lorsque enfin Il finit de partager le temps,
Entre lune et soleil, il reprit ses sextants,
Il comblait l’univers, l’espace et ses grands vides,
De lumineux quasars et d’énormes bolides,
Qui traversent toujours les lointains firmaments.

Il prit notre planète et sépara les eaux
Des terres qu’Il couvrit d’animaux et d’oiseaux,
Il fit des océans les plus grandes cuvettes,
Et les alimenta de poissons, de crevettes,
De grands monstres marins et de petits coraux.

Il divisa la terre avec de grands déserts,
Et d’immenses forêts qu’Il vêtit d’arbres verts,
Il les peupla d’oiseaux dans leurs plus beaux plumages, 
D’insectes, d’ophidiens et d’animaux sauvages ;
Les vents qu’Il leur souffla, firent d’exquis concerts.

Après ses longs labeurs la constatation
Qu’il manquait quelque chose a sa création,
Le fit revoir son oeuvre ; Il s’assit près d’un fleuve,
Et prit entre se doigts un peu de terre neuve,
Pour façonner un être avec cognition.

Il lui donna son souffle, une âme, un paradis,
Il lui donna la faune et la flore, hormis
Le grand pommier, là-haut, au milieu de la plaine,
Qu’il ne doit pas toucher, ni l’approcher, sous peine,
De perdre tous ses droits à ce divin logis.

Quand Il le vit jouer avec les animaux,
Et parler, sans réponse, à de petits oiseaux,
Il façonna, de suite, une autre créature ;
C’est de là qu’émana toute une autre aventure,
Premier point de départ de tous nos grands fléaux.

Et c’est ainsi que le pépin
D’Adam, semé dans le jardin
Fécond, plein des délices d’Ève,
Fit déborder une ample sève,
Qui fut le germe de Caïn.

3 Juin 2005

 

 




Ma Petite Fille

La nuit baille et s’en va, cédant sa place au jour ;
C’est ton anniversaire, et gentiment je pose,
Sur ton petit coussin, où ta tête repose,
Silencieusement, une fragrante rose,
Blanche comme ton âme, avec tout mon amour.

Assis près de ton lit, j’admire ton sommeil,
Et je revois l’instant du jour de ta naissance ;
Mon cœur s’emplit de joie et de reconnaissance,
Envers les dieux cléments pour cette récompense,
Qui t’a donnée à moi, mon aube, mon soleil.

Mon Dieu que le temps passe ! Exactement cinq ans,
Que tu vins dans nos cœurs, ma petite Michelle,
Nous t’avons vu grandir en une demoiselle ;
Tu nous rends notre amour et tu nous ensorcelles,
Avec tes cheveux noirs et tes jolis rubans.

Oh ! ma petite fille ouvre tes beaux yeux bleus,
Regarde ton papa qui t’admire en silence,
Assis près de maman, ses yeux pleins d’espérance,
Pour que les dieux du ciel protègent ton enfance,
Et t’épargnent les maux d’un avenir houleux.

Sereine, sans soucis, comme un ange tu dors, 
Car ton âme jouit d’une aura d’innocence,
Mais nous craignons pour toi tes ans d’adolescence,
Dans un monde qui guette, avec concupiscence,
La belle pureté de tes plus beaux trésors.

Ah ! que voilà tu sors de ton profond sommeil,
Tu vois ta rose blanche et ta belle poupée,
Tu te frottes les yeux et restes bouche bée,
Tu te lances vers nous, comme un raz-de-marée ;
Ton sourire remplit la chambre de soleil.

23 Mai 2005

 

 




Appréciation

Tes beaux yeux verts, tes lèvres roses,
Tes cheveux blonds, ton nez câlin,
Ton beau sourire cristallin,
Que tu répands en grandes doses,
Sont l’ornement de mon festin.

Tu m’as donné ton corps, ton âme,
Me soutenant sur mon chemin,
Notre parcours, main dans la main,
Qui ne fut pas toujours sans blâme,
Arrive au bout de son chemin.

Lorsque mon cœur te dit je t’aime,
A mon réveil, chaque matin,
Je vois que ton regard serein,
Me rend ce sentiment suprême,
Et la douceur de ton soutien.

En atteignant nos crépuscules,
Paisiblement et sans chagrin,
Nous supportons notre déclin,
Avec nos maux et nos pilules,
En remerciant notre destin.

19 Mai 2005

 

 

 




La Mouette

Il fait très froid ce jour d’hiver,
L’ouragan fait rugir la mer,
Un vent très fort souffle et maltraite
Cruellement une mouette ;

Elle a subi de grands dégâts,
Probablement dans des combats,
Elle est si frêle et délicate,
Elle n’a qu’une seule patte,

Elle traverse le chemin,
Pour se poser dans mon jardin,
Elle boite vers ma volière,
Une retraite hospitalière ;

Elle s’avance avec effroi,
Ses plumes sont en désarroi,
Mon poulailler s’ouvre et l’invite,
C’est bien tentant, mais elle hésite ;

En sautillant, elle entre enfin,
Car elle a froid et meurt de faim.
Mes braves poules généreuses,
Laissent rentrer la malheureuse,

Elles la laisse picoter,
Leur déjeuner, sans hésiter, 
Même le vieux coq la salue,
Lui souhaitant la bienvenue,

Le coq lui dit : « Reste avec nous,
Ici nous vivons sans remous,
Notre maîtresse est très gentille,
Nous faisons part de sa famille,

Elle vient nous ravitailler, 
Et nettoyer le poulailler,
Notre existence est confortable,
Reste avec nous, c’est agréable. »

Mais la mouette lui répond :
« Je ne veux pas te faire affront,
Je veux te dire sans ambages,
Que je comprends les avantages,

De votre vie en ce lieu sûr ;
Mais moi, vois-tu, j’aime l’azur,
Je suis né de ces nobles races,
Pour conquérir les grands espaces,

Le vol est mon hérédité,
Mes ailes sont ma liberté,
Les monts, les mers, les champs, les plaines,
Sont les piliers de mes domaines. »

Ayant tout dit, le pèlerin,
Quitte son hôte et mon jardin.
Ce bel oiseau si plein d’audace,
Soudain me mit en face-à-face,

Avec mon sort de basse-cour,
Qui jalonna tout mon séjour ;
Si je reviens, mon cœur souhaite,
Renaître comme une mouette.

16 Mai 2005

 


 




Halloween

En ce froid soir d’hiver, parmi les sépultures,
Le grincement strident des portes des caveaux
Et le soulèvement des dalles des tombeaux,
Libèrent, tour à tour, squelettes et lémures.

Du fond du cimetière on entend les murmures
De tous ces trépassés dans leurs habits spectraux,
Ils forment, éperdus, de macabres tableaux,
A travers les rayons de cette nuit obscure.

La nuit de halloween ouvre tous les coffins,
La terre se remplit de spectres inhumains,
Qui rodent les chemins sortant des nécropoles.

Ils vont de porte en porte en secouant leurs os,
Mais quand le jour revient couronné d’auréoles,
Les squelettes s’en vont retrouver leur repos.

7 Mai 2005


 

 

 

L’Odorat

Je veux savoir pourquoi la plupart des poètes
Qui parlent des beautés des sons et des couleurs,
Ont toujours négligé l’extase des odeurs
Du bois dans les forêts et des chaudes baguettes,
Et la distincte odeur des choux et des choux fleurs.

C’est l’odeur du café qui tente nos narines,
Ou le chaud chocolat en ces froids soirs d’hiver,
Et cette belle odeur des embruns de la mer,
Qui nous font déguster le sel sur nos babines,
Et même chez Mac do, le graisseux hamburger.

Notre sens olfactif n’est pas très poétique,
Quand on parle du nez c’est pour humer les fleurs,
Mais pourquoi rechigner de parler des senteurs,
Émanant de l’aisselle du quidam impudique,
Qui assaille nos nez avec ses puanteurs ?

On sent dans les forêts, pendant nos randonnées
Un enivrant arôme des grands eucalyptus,
Et sur le sol mouillé c’est l’odeur de l’humus,
Qui s’émane partout en humides buées ;
Et que dire d’un vin si prisé par Bacchus !

Chaque instant nos poumons absorbent les fragrances
Qui nous font distinguer, en passant par le nez,
Des délicats parfums subtils et raffinés
Et ceux qu’on n’aime pas, car ils sentent le rance,
Avez vous jamais lu « La tirade du nez ? »

Notre odorat, pourtant, a la même importance,
Que la vue et le goût, l’ouïe et le toucher,
C’est le seul des cinq sens qu’on opte a négliger.
Car au sens poétique il manque de prestance,
Et très peu d’écrivains sont prêts à l’ébaucher.

23 Juin 2005


 

 

 



L’Hermite

Au fond d’un tout petit bosquet,
Dans une chaume, un vieux bonhomme,
Joseph l’Hermite, qu’on le nomme,
Vivait avec son perroquet.

Borgne et boiteux, ce petit gnome,
Toujours avec son loriquet,
Il exhibait à l’affiquet
L’épingle du drapeau trichrome.

Quand il mourut on découvrit
Sur sa poitrine un manuscrit,
Avec son plus précieux trophée,

La Croix de la légion d’honneur ;
Car il fut pendant l’épopée,
Le palefrenier de l’empereur.

22 Avril 2005

 

 




Vider mon Carquois

En tant que citoyen du monde,
Je veux vider tout mon carquois,
Sans, pourtant, être discourtois,
Avec un apte esprit de fronde.

C’est avec une foi profonde,
Que je m’exprime quelquefois,
Et je deviens le porte-voix
D’un mode qui se dévergonde.

Avant d’aller chez mes aïeux,
Je veux vous faire mes adieux
Et vous lancer toutes mes flèches.

Nous traversons des jours d’effroi,
Et je vous offre mes flammèches,
Car je ne peux pas rester coi.

30 Mars 2005

 

 




Danse Macabre

Lorsque les soirs d’hiver hurlent par les chemins,
Les vents font frissonner toute la terre entière,
Les squelettes joyeux, recouverts de poussière,
Sortent pour gambader, désertant leurs coffins.

C’est la danse macabre au son de leurs os creux,
Que ces épouvantails font avec leurs claquettes,
On les entend venir au son des castagnettes,
Qu’ils font à chaque pas avec leurs corps osseux.

Quand après la toussaint ces crayeux macchabées,
Sortent de leurs tombeaux et de leurs mausolées,
Ils répandent le froid dans les os de vivants.

Le soir du 2 Novembre ils viennent dans nos rêves,
Pour réveiller en nous nos spectres somnolents,
Et pour nous avertir que nos heures sont brèves.

9 Mai 2005

 

 

 

 

 

  Le Kangourou

Là-bas au fond de la vallée,
Vivait le roi des kangourous,
Il était grand, il était roux,
Il était fier de sa lignée.

Tous ses amis de l'entourage,
Le respectaient par leurs vivats,
Dingos, koalas et wombats,
Le saluait à son passage.

On le traitait de marabout,
Possums, bilbys et bandicoots,
Tous l'admiraient pour sa présence.

Tous excepté ce grand bêta,
Qui lui lançait, plein d'arrogance,
Son rire de kookaburra.

24 Avril 2005







Le Kangourou




Le Kookaburra



Le Cheval et sa Jument

Aujourd'hui je voudrais vous raconter l'histoire
D'un petit cheval blanc et d'une jument noire,
Tous les deux du même age et de nature affable,
Avaient un distingué pédigree impeccable.

Un jour, dans son étable, un petit général,
S'éprit, en le voyant, le blanc petit cheval,
Mais le maître des lieux lui demanda de prendre
Aussi la jument noire, au regard doux et tendre.

Il les prit tous les deux et donna la jument,
A son aide de camp, un très jeune lieutenant,
Et quelques jours plus tard, voilà qu'il caracole,
En immortalisant , la bataille d'Arcole.

La jument noire plonge avec l'aide de camp,
Et se jette à travers son chef, et sur-le-champ,
La mitraille s'abat sur la poitrine nue,
De ce jeune Muiron, fauché dans la cohue.

La jument jette un cris, se cabre et veut surgir,
Le général sauvé, cherche à la détenir,
Il empoigne sa bride et traverse avec elle,
En un galop furieux, la longue passerelle.

Les soldats en voyant ce petit caporal
Foncer ; en leurs ouvrant un passage infernal,
Sur son cheval tout blanc, tenant la jument noire,
Le suivent en criant « A vous, à nous la gloire. »

Quand il rentre à Vérone avec son apparat,
Il donne la jument à son ami Murat,
Ainsi les deux chevaux suivirent l'odyssée,
Jusqu'au tragique bout de sa brève épopée.

Ils servirent tous deux le sort de l'Empereur,
De bataille en bataille et toujours, plein d'ardeur,
Ils virent tant de corps, fauchés par les canons,
Et suivirent fumant, l'hallali des clairons.

Après son bref exil, sur l'Elbe, pour cents jours,
Son fidèle Murat, son ami de toujours,
Lui remit son cheval. Ils entrent à Versailles,
Pour clore le chapitre des sanglantes batailles.

A Waterloo, voyant qu'il n'a plus de renfort,
Napoléon, s'élance, en vain cherchant la mort,
A ses cotés la garde et Murat le talonnent,
Quand un mortel boulet vient et les désarçonnent.

Deux chevaux sont atteints et tombent hennissent ;
Côte à côte le blanc et sa noire jument,
Veulent se relever mais bientôt ils s'affaissent,
Dans la mort on dirait que les deux se caressent .

21 Mars 2005


 

 

 



Hier, Aujourd'hui, Demain !

Rien ne peut rendre une âme à hier,
Elle est passée au temps des rêves,
Parmi les sables sur les grèves,
Noyés par l'onde de la mer.

Quand tous nos hier ont disparus,
Il ne nous reste plus grand'chose
Qu'une très vague symbiose,
De lendemains inattendus.

C'est d'aujourd'hui que tout commence,
Car c'est le point de la naissance,
Du reste de nos lendemains.
Chaque minute nous présente,

Le choix de nos futurs chemins,
Montés sur notre Rossinante.

17 Mars 2005

 

 

 




 Rêvasseries Hospitalières

Je sens qu'enfin mon temps s'enfuit,
Et que ma vieille carapace,
Doit très bientôt céder sa place
Et disparaître dans la nuit.

Je vois ce feu follet qui luit,
Qui me regarde dans la glace,
Il n'est plus qu'une faible trace,
Qui s'éteindra sans aucun bruit.

Je ne suis plus qu'un hologramme,
Avec un cour qui ne réclame,
Qu'une paisible et tendre fin.

Je veux tirer ma révérence
Et m'en aller vers le chemin,
Qui mène au lac de la jouvence.


16 Mars 2005

 

 





Lorsque le jour s’efface…


J’aime, le soir venu, m’asseoir avec ma bière,
Et retracer mes pas, un à un, en arrière,
En me laissant bercer par un Liszt, un Chopin,
Où bien un air de Bach sur son vieux clavecin.

Mon coeur s’identifie avec le crépuscule,
Qui vient à pas feutrés retarder la pendule
Qui sonne les tic-tacs qui font battre mon coeur,
Et plongent mon esprit dans un bain de torpeur.

J’aime entendre sonner le clocher de l’église,
Et voir, enfin, le jour prendre sa mine grise,
Entendre les oiseaux se mettre dans leur nid,
Et le soleil sombrer dans les bras de la nuit.

Pendant les soirs d’hiver, assis tout près de l’âtre,
Je contemple le feu qui m’offre un grand théâtre,
En lançant sur mes murs un ballet de couleurs,
Pendant qu’il envahit mon corps de ses chaleurs.

Ma femme, livre en main, endosse sa liseuse, 
Et s’assied près de moi, paisiblement heureuse ;
Nous n’avons plus besoin d’échanger de discours,
Un sourire, un regard résume notre amour.

Oh, que j’aime ce temps lorsque le jour s’efface,
Lorsque, mon verre en main, je songe et me délasse ;
A travers le brouillard , avec un doux soupir,
Je revis ces moments qui m’ont laissé vieillir.

La musique s’arrête et le marchand de sable,
Vient alourdir nos yeux de façon agréable ; 
Il est presque minuit et bras dessus dessous,
On se retire heureux, comme deux vieux époux.

27 Février 2005


 






Epines

Mon cœur est entouré d’épines ;
Les roses et les aubépines,
Ont parfumé le long parcours,
De mes espoirs et mes amours.

Je les cueillait dans ma jeunesse,
A tour de bras, avec ivresse,
J’en faisait de jolis bouquets,
Que je trouvais dans les bosquets.

Les belles aubépines blanches,
Les roses rouges, les pervenches,
Je les cueillait avec ardeur,
Et les serraient près de mon cœur.

Ces belles fleurs se sont fanées,
Avec mes belles dulcinées,
Plus rien ne reste qu’un soupir
Dans la pâleur du souvenir.

Mais ces épines qui perdurent,
Grattent mon cœur et me torturent,
Malgré les peines et les pleurs,
J’aime toujours ces belles fleurs.

Elles reviennent dans mes rêves,
En répandant, sur moi, leurs sèves,
Mais quand arrive le matin,
Je ne ressens que leur venin.

J’ai tant aimé les aubépines,
Les belles roses corallines,
Que reste-t-il de ces amours ?
Un négatif à contre-jour.

25 Février 2005

 

 

 




La Rose de la Vie

J'ai serré sur mon coeur la rose de la vie,
Mon cadeau de naissance, à l'aube de mes jours,
Une rose fragrante à la peau de velours,
D'une pure blancheur et pleine de magie,
Elle m'escortera, pendant tout mon parcours.

Avec le temps, pourtant, son teint deviendra rose,
La perte d'innocence embuera sa blancheur,
Elle perdra, peut-être, un peu de sa fraîcheur,
Mais elle restera, de mon âme, la rose,
Que me donna le doux souffle du Créateur.

Quand l'enfant grandira, les cruelles épines,
Tireront de son cœur quelques gouttes de sang,
Qui souilleront la rose, et son teint rougissant,
Rendra, de plus en plus, ses pétales carmines,
La tête de l'enfant s'en ira grisonnant !

Lorsque le crépuscule épandra ses étoiles,
Et que le poids des ans aura terni son oeil,
La rose vêtira sa parure de deuil,
Elle deviendra bleue enclose dans ses voiles,
Et l'accompagnera jusqu'a dans son cercueil.

2005

 

 

 

 

 

 

Mes Réfugiés

Au fond de mon jardin, une petite mare,
Abrite une famille, espiègle, de canards,
C'est le temps de la chasse, et ces petits criards,
Viennent chercher la paix loin d'un monde barbare.

Les chasseurs à l'affût, avec leur tintamarre
Tirent sur ces oiseaux avec mille pétards.
Certains savent s'enfuir de ces vils traquenards,
Et viennent envahir mon jardin, dare-dare.

Pendant que le canard sommeille, paresseux,
La cane se promène avec ses duveteux
Caneton qui s'en vont en une file indienne.

Je suis heureux qu'ils sont dans mon petit marais,
Mais je subis, parfois, la tentation malsaine
Du canard à l'orange attaquant mon palais.

29 Décembre 2004

 

 

 



Noël, Sang, Guerre

Noël, saison de renaissance,
Saison de fête et de jouissance,
Le Christ est né ; le rédempteur
Est parmi vous, dans votre cœur.

Faites ensemble les louanges 
De cet enfant, qui dans ses langes,
Vient vous donner par son séjour,
Paix dans votre âme, et son amour.

Réjouissez-vous de sa naissance,
Et proclamez, sans arrogance,
Paix sur la terre et paix aux cieux,
Et bannissez les pleurs des yeux.

Arrêtez, donc, toutes ces guerres,
Qui n'ont pour but que les misères,
Des peuples, qui selon leurs fois
Demandent Paix, à vive voix.

Prosternez-vous, faiseurs de larmes,
Devant la crèche, ôtez vos armes,
Car Dieu, l'enfant est parmi vous ;
Nations sanguines, à genoux !

Le sang ruisselle dans vos fleuves,
Vos orphelins, mères et veuves,
Éparpilles à l'étranger
N'ont plus d'espoir à l'étancher.

Vous êtes races polluantes,
Vos actions sont horripilantes,
Serbo-croates, Somaliens,
Arabes et Israéliens,

Fils de Caïn, peuples barbares,
On ne veut plus de vos bagarres,
Vous n'êtes qu'un produit bilieux,
Déchets des hommes et des dieux.

Assez de vos conflits rapaces,
Vos frères et vos femmes lasses,
Souhaitent un Noël heureux,
Laissez-les, donc, rentrer chez eux.

Ils ont besoin de cette trêve,
De ce cadeau, de ce beau rêve,
D'être chez soi, sans peur de mort,
D'êtres en famille, enfin, au port.

Car toute épave, de tout âge,
Trouve solace après l'orage.
Arrêtez là, soldats tueurs,
Vos champs demandent vos labeurs.

Rentrez chez vous comme naguère,
Faites l'amour et pas la guerre,
Donnez aux femmes vos enfants,
Soyez heureux d'être vivants.

Ne prenez plus aux mains les armes,
Sur vos genoux, laissez les charmes,
Des nouveaux nés, baigné de pleurs,
Panser les maux de vos horreurs.

L'astre du jour, enfin, repousse,
Le linceul lourd de la nuit rousse,
L'ombre sanglante fuit des cieux,
Cédant la place au jour radieux.

Hélas, de loin un glas funèbre,
Plonge le jour dans les ténèbres.
L'espoir de paix, l'espoir d'amour,
S'évanouissent, tour à tour.

Seigneur, ces peuples sans clémence,
Doivent subir votre vengeance,
Aux gouffres des enfers béants,
Il faut plonger, ces mécréants.

Vous avez fait de cette terre,
Votre charnier, faiseurs de guerre,
Le Christ est né, vécu, souffert,
Pour vous sauver, il s'est offert.

Chantez sa gloire avec les anges,
Chantez, ô ! peuples ses louanges ;
C'est la naissance du pardon,
Dieu de son fils, vous a fait don.

1991-2001


 




Noël

Alléluia, bergers, un enfant vient de naître,
Dans l'étable, la-bas, sous ce vieil olivier,
C'est le maître du monde, allez le reconnaître,
Peuples de tous les rangs, allez-y pour prier.

C'est un temps de bonheur, pour le ciel et la terre,
Que ce divin enfant, nous donne, avec amour ;
Célébrez ce Noël, célébrez ce mystère,
Chantez alléluia ; la paix est de retour.

La guerre a décimé, la jeunesse du monde,
Veuves et orphelins, mères, pères, amis,
Tous ont subi le choc, de cette guerre immonde,
Ils exigent la paix, sans aucun compromis. 

Ce Dieu est né pour nous, dans l'étable d'un âne,
Il est né pour nous tous, croyants et philistins,
Les mages sont venus avec leur caravane,
Pour adorer ce roi, de leurs pays lointains.

La crèche est là pour nous, pour soulager nos peines,
Célébrons cette paix, avec le nouveau-né,
Joignons-nous aux bergers, offrons-lui nos étrennes,
Et prions ce Sauveur, qui s'est fait incarné.

Assez de sang versé, de massacres futiles,
La haine doit cesser, en nous donnant la main,
Rangeons à tout jamais ces nouveaux projectiles, 
Et redonnons, au monde, un calme lendemain.

1945-2002 

 

 

 

 

Espoir

Pourquoi désespérer dans un monde qui sombre,
Car dès le premier jour son histoire fut sombre,
Nous avons survécu malgré tous ces conflits.
Qui nous ont recouvert de pleurs et de dépits.

C'est la nature humaine, au tréfonds de son être,
Qui contrôle sa vie au rythme du salpêtre,
Nous allons en avant avec nos yeux fermés,
Automates robots, objets inanimés.

Nous répandons partout famines et misères,
Nos bonnes actions, souvent sont mensongères,
C'est dans nos tours d'ivoire aux chapiteaux dorés,
Que nous nous abritons de nos stupidités.

Je vois bien que nous tous allons à la dérive,
Mais, pourtant, j'ai choisi la bonne alternative,
De voir la vie en rose, et j'ai choisi l'espoir,
Pour éclairer ma route au bord du gouffre noir.

Car bientôt nous fêtons la divine naissance
Du bambin rayonnant de paix et d'espérance ;
Le monde ne veut plus de cet enfant de Sem,
Qui naquit pour nous tous, un soir à Bethléem.

17 Décembre 2004

 

 




   Ode à l’Amour

Comment ne pas sentir la fièvre intoxicante,
De ces nuits où la sève enivre les amants,
Qui donne à leurs ébats des sublimes moments, 
Jusqu’au petit matin d’une aube palpitante.

Ces nuits où le plaisir réveille la bacchante,
Et fait frémir les corps dans leurs lits crépitants,
De petits feux d’amour, de soupirs éreintants,
Qui montent vers Éros, d’une voix haletante.

Oh ! belles nuits d’amour, nuits pleines de frissons,
Qui bénissent les dieux pour les splendides dons,
Qui leurs font partager ces minutes divines.

Ah ! que j’aime l’amour, l’amour qui vient du cœur,
Pas celui pratiqué par des mœurs libertines ;
Quand il n’est que charnel, l’amour est imposteur. 

7 novembre 2004

 

 

 

 


Un Monde Parallèle

Je me vois traverser la face du miroir,
Désemparé, je suis dans un monde tout noir,
J'entends un grand silence attaquer mes oreilles,
Qui bourdonnent sans fin comme un essaim d'abeilles.

J'entends, aussi, mon cœur battre comme un tambour,
Soudain du fond du noir je vois un petit jour,
Qui s'avance vers moi, mais qui change de forme,
Tantôt un petit point, tantôt un oeil énorme.

L'œil explose et m'étreint de mille petits feux,
Qui clignotent sans cesse, avec des éclairs bleus,
Ils changent de couleur avec des étincelles,
Allant du rouge au vert, assaillant mes prunelles.

Bientôt je vois les murs s'avancer grimaçants,
Je les entends lancer des rires menaçants,
Mon souffle saccadé de peur claustrophobie,
Veut fuir cet irréel monde fantomatique.

Je veux crier, hurler, mais je n'ai pas de voix,
Mes os me font très mal, broyés par ces parois,
Qui s'entassent sur moi détruisant ma moelle,
Je vis un cauchemar d'un monde parallèle.

Je veux retraverser la face du miroir,
Mais ma vie est sucée au fond d'un entonnoir,
Je suis pris de frissons, j'ai froid et je transpire,
Et je me sens sombrer dans un profond délire.

C'est alors qu'une voix tendre et pleine d'amour
Me susurre à l'oreille un langoureux « Bonjour »,
Un bras vient m'enlacer et gentiment me berce,
Le cauchemar s'enfuit et moi je retraverse.

4 Novembre 2004

Christian Cally


 


 
 
 
 
Féconde Terre

Chante ô, terre féconde, étale tes verdeurs,
Les miennes ont pâli et perdu leurs couleurs,
Montre-moi ta beauté pour raviver mon âme,
Qui s'éteint, lentement comme une vieille flamme.

La chaleur des beaux jours, de mes lointains printemps,
N'est plus qu'un souvenir sur les ailes du temps,
Maintenant c'est le froid qui fait tomber la neige,
Sur ma tête courbée et lentement m'assiège.

Dans mes rêves, le soir, je me vois très souvent
Regardant l'avenir ; lorsque j'étais enfant,
J'avais comme alezan, l'épaule de mon père,
Et comme protection, les genoux de ma mère.

Les saisons s'en allaient, mais revenaient toujours,
Je ne les contaient plus, pendant ces bons vieux jours,
J'enjambait les moments de mon ivre jeunesse,
Avec insouciance et sans grande sagesse.

Ô, ma terre féconde explique-moi pourquoi
Ton enfant est plongé dans ce grand désarroi ;
Je te vois avancer ouvrant très grand tes bras,
Pour venir m'embrasser à l'heure du trépas.

Je veux te remercier pour tes jours de verdeur,
Pour toutes ces saisons de vie et de bonheur,
Je me sens humble et fier par ta grande largesse,
Et tu seras, sans doute, ma dernière maîtresse.

2 Novembre 2004

 

 

 

 

 

 

La Rose

On dit l’amour est un roseau,
Qu’emporte les eaux du ruisseau,
On dit, l’amour est une lame,
Qui, très souvent, déchire l’ âme,
On dit, l’amour est une faim,
Un douloureux besoin, sans fin,
Je te dis, moi, c’est une rose, 
Qui, sous la neige se repose.

Le cœur qui craint de se briser,
Ne peut jamais savoir aimer,
Il vit un rêve qui sommeille,
Et ne veut pas qu’on le réveille.
Il ne sait pas comment donner,
Et fuit quand on veut l’attraper,
C’est l’âme que l’amour apeure,
Qui vit de larmes, d’heure en heure.

Quand tu te sens seule, le soir,
Sur le chemin du désespoir,
Tu dis l’amour et la romance,
Sont les parents de la souffrance ;
C’est sous la neige des hivers,
Ces froids et lourds manteaux amers,
Que le grain dort et se repose,
Pour qu’au printemps, naisse la rose.

18 Septembre 2003

 

 

 



Mon enfer

Dans le silence de la nuit,
Par ma fenêtre grand ouverte,
J’entends mon cœur qui me déserte,
A petits pas, sans faire un bruit.

En s’en allant elle a détruit
Mon âme qui ressent sa perte,
Mon vide lit me déconcerte,
Et son arôme me poursuit.

Je souffre d’un profond malaise,
Je me sens vide et mal à l’aise,
Pourquoi m’a-t-elle abandonné ?
Mort je t’appelle, prends ma vie,

Dans cet enfer je sui damné ;
Je veux quitter cette agonie.

14 Février 2004

 

 

 




Trente Cinq Ans

Trente cinq ans, entre deux âges,
Dante nous met à mi-chemin,
Entre le soir et le matin,
Nous évitons de voir, en vain,

Nos yeux qui mouillent nos visages.
Je vois mes tempes sous la neige,
Dans ce miroir, qui est ce vieux,
Avec des cercles sous les yeux,

A l’aspect hagard et crayeux ;
Miroir, pourquoi ce sortilège ?
L’homme supporte mal son âge !
Qui suis-je, alors, je ne sais plus

Tous mes printemps sont révolus,
Ces traits pâteux, ces traits joufflus
Quelle tristesse, quel ravage.
Je cherche au fond de la mémoire,

Les souvenirs de mes amours
Des compagnons, des beaux vieux jours,
Mais rien ne reste du séjours,
Que solitude évocatoire.

Quand je regarde la nature,
Je m’aperçois que ses couleurs,
Sont une source de douleurs,
Les eaux, les feux sont pleins de pleurs,

Qui coulent sur la pierre dure.
Je sens les mistrals de l’automne,
D’un an à l’autre ils m’ont suivi,
Je viens de perdre un bon ami,

Les oiseaux vont vers le midi,
Quand la nature tourne au jaune.
La mort nous suit dès la naissance,
Elle nous guette à tout moment,

Elle viendra soudainement,
Je ne sais pas quand ni comment,
Pour mettre l’âme en transcendance.


Dédicace

Ce poème a été inspiré par 
un poème du grand poète Turc
Cahit Siki Taranci 1910-1954.

27 Février 2004

 

 

 

 



Le Violon

Le violon fait rêver de nuits enchanteresses,
Il chante ses sanglots, ses rires, ses tendresses,
J’aime ses douces voix , liquides trémolos,
Ainsi que ses brios et ses pizzicatos.

D’un côté Menuhin, de l’autre les tsiganes,
Qui font taper mes pieds aux danses des gitanes,
Mais c’est Paganini qui fait vibrer les cœurs,
Avec ses furiosos et ses solos moqueurs.

J’aime Jascha Heifetz, ses cordes romantiques,
Son archet fait pousser des soupirs extatiques,
Il plonge nos esprits dans un calme divin,
Qui nous fait oublier nos moments de chagrin.

Même les hillbillys font de belles gavottes,
Avec leurs violons et leurs stridentes notes,
N’oublions pas, aussi, Stéphane Grappelli,
Ce grand joueur de jazz, qui l’a tant enrichi.
 

Souvent, le soir venu, quand revient le silence,
Je rejoins mon studio, pour fuir la violence,
Que nous sert la télé, la radio, les journaux ;
J’écoute les violons pour calmer tous mes maux.
 

Le violon a le don, avec ses doux murmures,
De chasser de nos cœurs les terribles lémures,
Qui hantent nos esprits des faits de chaque jour,
Pour remplacer la peur, par la paix et l’amour.

19 Janvier 2004

 

Au Revoir

Au revoir, ce doux mot qu’on se dit chaque jour,
Au revoir mon amie, au revoir mon amour,
C’est un mot si banal, pourtant plein de tendresse,
Pour renouer l’espoir de garder la promesse,
De se revoir bientôt, de se revoir demain,
De se dire bonjour, de se serrer la main,
Où bien de s’embrasser, pour combler une absence,
Et jouir, de nouveau, d’une chère présence.
C’est un mot plein d’espoir au cœur de l’être humain,
Pour s’ouvrir un futur, pour s’ouvrir un demain,
C’est une clef de voûte qui donne l’espérance,
Qu’on verra les bientôt de notre survivance.

21 Janvier 2004

 

 

 

 

 

 

Transition

La vie est passagère et la mort permanente,
Jouissons chaque instant que notre âme immanente,
Traverse la planète au fil de son parcours,
Car, dès qu’on voit le jour, c’est le compte à rebours.

On remplit nos printemps, nos étés, nos automnes,
De parcours excitants, très souvent monotones,
Mais quand l’hiver arrive on regarde les cieux,
Car la fusée est prête à faire ses adieux.

Malgré le court séjour, notre passage laisse,
Un petit souvenir, un soupçon de caresse,
Un petit lumignon, que notre éternité,
Transmettra à travers notre postérité.

Quand l’hiver éteindra le souffle de notre âme,
Elle escaladera la pente du grand brahme,
Qui l’attendra au seuil du lieux du grand sommeil,
Pour attendre le temps de son prochain réveil.

28 Décembre 2003

 

 

 




Sagesse

A l’aube, le Seigneur de la création,
Mit au cœur de l’humain un grain de passion,
Mais malgré tous les dons de sa divine adresse,
Il oublia d’y mettre un seul grain de sagesse.

Ce grain de passion a germé dans son cœur,
Il génère toujours, la haine et la rancœur,
Démuni de sagesse, au bord du précipice,
Il se laisse glisser dans sa propre immondice.

Nous sommes devenus des êtres destructeurs,
Nous donnons le pouvoir à des usurpateurs,
Et nous avons atteint le fond de l’indécence,
En fermant nos regards à leur concupiscence.

On cherche, par l’emploi de canons et d’obus,
A subjuguer les gens par nos propres abus,
Les journaux, le matin, nous servent leurs manchettes,
Qu’on lit, aveuglement, dégustant nos baguettes.

Les discours de nos chefs sont pleins de vitriol,
Il font couler le sang, ils acceptent le viol,
Ils piétinent les lois sous leurs cruelles bottes ;
Avec grande fanfare on fête ces despotes !

La sagesse qui manque à l’esprit de l’humain,
Obscure la vision de tous ses lendemains,
En regardant les faits avec désinvolture,
Il risque le bonheur de sa progéniture.

Est-ce le temps de dire, aux armes citoyens !
Reprenons le chemin du Conseil des Anciens? §
Peut-être leur sagesse, et leur mansuétude,
Pourra mettre une fin à notre servitude.

Demandons à Yahvé, Allah et le Seigneur,
De réviser les plans du jeune Créateur,
En oubliant de mettre l’atome de sagesse,
Il depriva l’humain du gène de noblesse.

21 Novembre 2003



 



La Mer

Je regarde, souvent, les vagues sur les plages,
Qui dansent sur le sable et les galets bruyants ;
Avec de grands ahans, après leurs longs voyages,
Elles laissent tomber leurs tutus ondoyants.

Elles ont parcouru beaucoup d’étranges terres,
En berçant gentiment barques et voiliers,
Mais souvent rugissant entre les hémisphères,
Elles ont englouti bateaux et bateliers.

Le zéphyr fait chanter ses surfaces soyeuses,
Et caresse son corps rempli de volupté,
Les étoiles, le soir, s’y miroitent, veilleuses,
Répandant sur l’écume une exquise clarté.

Les goélands aussi joignent leurs cris acerbes,
A cette symphonie au mille sons de nuit,
C’est une apothéose aux cymbales superbes,
Qui vient pour expirer sur les plages, sans bruit.

Ô, le son de la mer, qu’il soit doux où terrible,
Envahit nos esprits, éveillés où dormants,
Nous aimons son miroir moutonnant et paisible,
Par contre, nous craignons ses courroux écumants. 

En écoutant la mer qui se meurt sur le sable,
Je pense à mon parcours, si souvent turbulent,
Et je sais, qu’il viendra ce jour inéluctable,
Où mon dernier soupir s’échouera pantelant.

Je regarde venir ces vagues ruisselantes,
Qui meurent à mes pieds, après un long trajet,
Et je pense à ma vie, aux heures déferlantes,
Qui s’éteindra bientôt comme tout feu-follet.

Le flux et le reflux rendent l’onde immortelle,
Après notre reflux serons-nous de retour ? 
Avec une autre vague, une autre ritournelle,
Pourrions-nous regarder l’aube d’un nouveau jour ?

14 Novembre 2003








La fille à la fenêtre

Elle tourne le dos au passé de sa vie,
Elle regarde, au loin, un futur incertain,
Reviendra-t-il ce soir, reviendra-t-il demain,
Pour mettre au diapason son âme inassouvie ?

Elle veut oublier, un passé plein de larmes,
Elle cherche les bras d’un amant protecteur,
Pour assouvir sa faim, apaiser ses alarmes,
Et pour lui rendre un brin de paix et de bonheur.

Mais la terre promise est à travers les ondes,
Dans cette chambre froide, elle attend son amant,
Viendra-t-il arrêter ses courses vagabondes,
Et lui donner, enfin sa bague de diamant ?

Accoudée au rebord de sa grande fenêtre,
Elle attend que son homme, au bord du chalutier,
Vienne lui redonner, de son air familier,
Sans faire des chichis, un doux baiser, peut-être.

La porte du passé, des trottoirs et des ombres
Est pour toujours fermée au tréfonds de son cœur,
L’aube qui pointera bannira la laideur,
Des ses jours et ses nuits vécus dans des décombres.

Dans un petit bistrot, près du débarcadère,
Ils passeront des jours heureux, sans incidents, 
Ils seront les parents de deux petits enfants,
Lui sera le patron, elle la cuisinière.

17 Octobre 2003

 

 



Poussière

Oh, souvenirs de ma jeunesse,
Ensevelis dans mon passé,
Au fond de ce lointain fossé,
Que j’époussette avec tendresse.

Malgré les toiles d’araignées,
Qui couvrent ces vieux souvenirs,
Je vois les beaux feux des saphirs,
Sur ces images surannées.

Ces souvenirs sous la dentelle,
Que le temps a si bien tissé,
Pincent mon cœur qui fut blessé,
Par une ingrate demoiselle.

Sous mon plumeau, mes amourettes,
Se manifestent clairement,
Et je déguste avidement,
Blondes, rouquines et brunettes.

J’aimerai voir ces demoiselles,
Qui m’ont donné tant de plaisir,
Et qui, parfois, m’ont fait souffrir,
Sont-elles toujours aussi belles ?

Je revois ma blonde Diane,
Qui fit de moi son matador,
Elle m’offrit sa toison d’or,
Et fut ma première alezane.

Je me croyais invulnérable,
Quand je flottais de fleur en fleur,
Mais une rose emplit mon cœur,
D’une amertume perdurable.

Et maintenant, j’ai la sagesse,
De déguster tous mes plaisirs,
Et d’enterrer mes souvenirs,
Dans le tombeau de ma vieillesse.

14 Octobre 2003

 

 

 

 




La Nature

Quand je regarde la nature,
C’est son visage souriant,
Qui me présente sa culture,
M’ouvrant son cœur luxuriant.

Elle me tend son abondance,
Tous ses parfums et ses couleurs ;
Ce beau tableau d’exubérance,
Est là pour rajeunir les cœurs.

Sur les sentiers les marguerites,
Se dandinant, me font de l’œil,
Et sur les murs les clématites,
Me font un souriant accueil.

Les grands parterres de pensées,
Avec leurs beaux minois félins,
Font une cour aux azalées,
Qui bordent les talus voisins.

Dans les jardins, les primevères,
Roses, crocus et liserons,
Font des tableaux spectaculaires,
Avec oiseaux et papillons.

Couleurs, arômes et musique,
Se joignent pour ces beaux festins,
Ah ! que la vie est magnifique,
Quand on respire les jardins.

Le fol envol de l’ hirondelle,
Et les ramages des pinsons,
Rendent la vie encor plus belle,
La remplissant de leurs chansons.

Plus loin l’étang baille et somnole,
Les nénuphars couvrent ses eaux,
Les poissons d’or en farandole,
S’amusent autour des roseaux.

Notre nature nous étonne,
Par son immense majesté,
Ses feuilles mortes en automne,
Jonchent la terre de beauté.

Lorsque l’hiver couvre la terre,
De ses linceuls étincelants,
Il tonifie et régénère,
Le patrimoine du printemps.

L’été nous offre les vacances,
Et ralenti tous nos labeurs,
C’est la saison des jouissances,
Quand le soleil chauffe nos cœurs.

28 Juin 2003

 

 

 



Toccata et Fugue

C’est la douceur du crépuscule,
Qui fait penser aux doux plaisirs,
Et qui réveille les désirs,
Jusqu’a ce qu’elle capitule. 

Ce sont les jeux du préambule,
Ces baisers doux, ces élixirs,
Ces mots d’amour et ces soupirs,
Qui font monter la canicule.

Quand on atteint la toison d’or,
Et que la porte du trésor,
S’ouvre, c’est une apothéose.

Les corps brûlants, en staccato,
Font une strette grandiose,
Vers une fugue, en crescendo.

21 Juin 2003


 

 



Le Renouveau (Ballade)

Quand l’aube pointe, l’oiseau chante,
C’est le signal du renouveau,
Car tout, autour de lui, l’enchante,
En étalant ce beau tableau ;
La brise embrasse le ruisseau,
Dans la vallée, frémissante,
Que la rosée, nourrissante,
Fait scintiller, de mille feux,
Et la nature incandescente,
Lève son voile ténébreux.

Juillet 2002

 

 

 




Le réveil du jour

Quand l’ombre de la nuit s’efface sur les ondes,
Le carmin envahit, le fond de l’horizon,
Qui répand ses lueurs, aux belles plages blondes, 
Et qui donne, à la houle, une rose toison.

L’astre brillant surgit , comme un phénix, de l’ombre,
Couronnant l’univers, de son disque échauffant,
La nuit emporte, enfin, son miteux voile sombre,
Et l’orchestre reprend, son hymne triomphant.

Les arbres majestueux, aux branches accueillantes,
Relâchent les oiseaux, qui s’envolent joyeux,
Chantant et modulant, leurs notes sémillantes,
Et reviennent nourrir, leur oiselets soyeux.

Autour des champs fleuris, voltigent les abeilles,
Les papillons, aussi, parsèment leurs couleurs
Aux parterres brillants, recouverts de merveilles, 
Que le soleil levant, embaume de senteurs.

Lentement, le matin, remplit le paysage,
La flûte du berger, s’élève des vallons,
Pour accueillir le jour, que le fier coq présage,
Du haut de ses ergots, criant à pleins poumons. 

Les pêcheurs, fatigués, s’approchent des rivages,
Ils déchargent, sans hâte, en tirant leur filets,
Ils rangent, avec soin , sur leur blancs étalages,
Les carpes, les saumons, les perches, les mulets.

Le paysan s’affaire, en quittant sa chaumière,
Pour reprendre l’ouvrage avec son vieux tracteur,
Il laboure ses champs, de façon coutumière,
Et trace ses sillons, comme un vrai ciseleur.

La fermière reprend, ses tâches journalières,
Qui commencent toujours, dans son vieux poulailler,
Et s’occupe, plus tard, de ses vaches laitières,
Qu’elle trait, puis se met, à les ravitailler.

Le brouhaha progresse, aux alentours des villes,
Le monde se bouscule, encombrant les trottoirs,
Le bruit assourdissant des klaxons inutiles,
Enveniment la paix, à grands coups de boutoirs.

Tous ces bruits dissonants, même cacophoniques
S’amalgament et font, des hymnes cohérents,
La nature bénit, ces oeuvres symphoniques,
Et répand sa sonate, à tous ses adhérents.

Le marteau sur l’enclume, et la ville qui gronde,
Le soc du laboureur, et le bruit du pêcheur,
Le chant de la fermière, les goélands sur l’onde,
Accueillent le matin, du beau jour, la splendeur.

Après s’être échappé, des boyaux de la terre,
Et chassé la lourdeur, de l’assoupissement,
Le soleil poursuit seul, son séjour de mystère,
Pour atteindre, à midi, son épanouissement.

Puis vers l’ouest, il poursuit sa course fatidique,
Qui se termine au seuil, des pics ultramontains,
Car c’est là, qu’il finit, son règne, qu’il abdique,
Au crépuscule ardent, des horizons lointains.

Un grand feu d’artifice, en grands éclats funèbres,
Illumine les cieux, pour saluer le jour,
Qui s’efface aux bas-fonds, des victorieux ténèbres,
Et redonne, à la nuit, son silencieux séjour.

Le paysan s’arrête, ainsi que la fermière,
Le marchand, le banquier, le forgeron aussi,
Rejoignent leur maison, ou leur humble chaumière,
Pour jouir, en famille, un repas sans souci.

Les pêcheurs, dans les ports, apprêtent leurs flottilles, 
Ils irons parcourir les mers, les océans,
C’est leur tour de quitter, leurs foyers, leurs familles,
Et risquer chaque nuit, écueils et ouragans.

Quand le jour reviendra, pour éclairer leurs barques,
Seront-ils toujours là, pour revoir le matin ?
Ou seront-ils allés, dormir avec les Parques,
Aux sombres profondeurs, d’un océan lointain ?

C’est ainsi que le jour, se lève et puis succombe,
Inexorablement, avec fatalité,
Ainsi nous allons tous, du berceau à la tombe,
Laissant derrière nous, notre immortalité.

Sept 2001

 

 

 



L’extrême onction

Pour la dernière fois, mon Dieu, sur cette terre,
Je vous sentirai là, dans mon cœur indécis,
Soyez le bienvenu, soulagez ma misère,
Accueillez ce pécheur dans votre paradis. 

Bientôt, je vous verrai, car vous serez mon juge,
Votre clémence seule, ô ! Dieu peut me sauver,
Je viens dans votre sein, pour trouver un refuge ;
Maintes fois, en péchant, j’ai voulu vous braver.

J’ai juré, j’ai menti, j’ai commis d’adultères,
Je me suis emporté, j’ai transgressé la loi,
J’ai jugé, j’ai rougi de la foi de mes pères;

Que n’ais-je encore fait…? En cet instant ultime,
Des larmes de regret, ont réveillé ma foi ;
Mon Dieu pardonnez-moi, rendez-moi votre estime.

1949-2001

 

 

 

 



Libération

Mon cœur meurtri, l’âme en haillons,
L’esprit couvert de brumes,
Mes larmes creusent des sillons
De tristes amertumes.

Ma voix n’est qu’un gémissement,
Mon souffle n’est qu’un râle,
Tout secoué d’un tremblement,
Je suis hagard et pâle.

Je marche d’un pas hésitant,
Échevelé, livide,
Vers la faucheuse qui m’attend,
Là-bas, d’un air avide.

Les bras ouverts et trébuchant,
Je cours vers cette infâme,
Qui d’un seul mouvement, tranchant,
Libérera mon âme.

1947-2001

 

 

 

 




Neige 

Il neige sur les monts, il neige dans les villes,
Les chemins sont couverts de ce vierge manteau,
Qui décore l’hiver de ses flocons fragiles,
Et donne à nos Noëls, un lyrique cadeau.

Quand il neige, il fait bon de s’asseoir près de l’âtre,
Et boire un petit coup, en croquant des marrons,
En regardant l’enfant s’amuser et s’ébattre,
Aux pieds de son grand père, en suçant des tourons.

La neige fait joli sur les cartes postales,
Recouvrant les sapins et les toits des maisons,
On aime sa blancheur, ses habits de vestales,
Mais sa virginité fond en défloraisons.

Le beau manteau si blanc, quand il devient tout sale,
S’amoncelant au bord des routes et chemins,
N’a plus l’enchantement de l’image murale,
Et devient dangereux pour tous les citadins.

Par contre, pour le ski, les longues pistes blanches
Donnent tant de plaisir aux amoureux du sport,
Qui déclenchent, souvent, de grandes avalanches,
Qui couvrent la poudreuse, d’un suaire de mort.

Et comme toute chose, au cœur de la nature,
La neige sait donner grande joie et grands pleurs;
Dès le premier soupir, de toute créature,
Le parcours est rempli, de plaisirs et malheurs.

Il neige dans mon cœur, il neige sur ma tête,
Mon petit verre est vide, et mon feu délirant,
Dehors, l’hiver soulève une énorme tempête,
L’enfant s’est assoupi, d’un sommeil rassurant.

Octobre 2002

 

 




Mourir (Triolet)

Je ne veux pas mourir, ce soir,
Être enterré sous une pierre,
Je veux survivre et prévaloir,
Je ne veux pas mourir, ce soir.

Je n’ai jamais aimé le noir,
J’aime la vie et la lumière,
Je ne veux pas mourir, ce soir,
Être enterré sous une pierre.

Juillet 2002

 

 

 

 


A Mlle H. D. 

Ignoré 

Vous êtes belle,
Et sensuelle,
Vos cheveux noirs,
Sont tous les soirs,
Dans tous mes rêves,
Minutes brèves,
Instants si courts,
Instants trop lourds,
Mais tout conspire 
A me proscrire
De votre cœur;
Ah ! quel malheur!
Mon cœur est blême, 
Car il vous aime;
Vous m’ignorez,
Vous m’ulcérez,
Vos yeux de flamme,
M’embrase l’âme,
Suis-je audacieux
Cherchant les cieux,
Qui sans ses voiles, 
Remplis d’étoiles,
Reflètent mieux
Vos si beaux yeux?
Pitié, je souffre,
Car ce grand gouffre,
Est si profond,
Il me pourfend.
Adieu mon rêve,
Mon temps s’achève,
En cet instant
La mort m’attend.

1946-2002



La lumière

L’ombre du soir pâlit devant la pourpre aurore,
Un beau soleil surgit du sein des flots obscurs,
La nuit s’enfuit devant les rayons clairs et purs,
Et cède son empire à ce grand météore.

Il répand ses bienfaits sur la nature humaine, 
Que le Seigneur créa, quand il dit au début,
«Que la lumière soit» et la lumière fut;
Nous jouissons, depuis, de ce beau phénomène.

Les flots sont embrasés par la flamme céleste,
Tout chante en unisson, pour accueillir le jour,
Le coq est le premier, à lui faire la cour,
En claironnant son chant d’une voix forte et leste.

Le paysan s’apprête à reprendre sa tâche,
Le four du boulanger émane ses odeurs,
Les rayons du soleil répandent leurs tiédeurs,
Donnant à la planète, un éclatant panache.

1945-2002

 

 

 

 

 

L'Angélus

J’entends, qu’au loin, la cloche sonne,
Pour annoncer la fin du jour,
L’astre brillant baille et frissonne,
Et puis termine son séjour.

Le laboureur quitte sa tâche,
Rentre au bistrot voir ses amis,
C’est avec eux qu’il se relâche,
Et se régale d’un anis.

Mais la fermière s’achemine,
Vers son église pour prier,
C’est l’Angélus qui détermine,
La fin du rythme journalier.

Toutes les femmes du village,
Sont là pour dire, un chapelet,
Puis font un brin de babillage,
Aux portes de l’estaminet.

Les réverbères dans les villes,
S’allument progressivement,
De campanile en campanile,
Les cloches sonnent gaiement.

Le ciel étend ses sombres voiles,
Sur la planète doucement,
La lune sème ses étoiles,
Pour arrêter le tintement.

Avec le soir, viendra ma muse,
M’apprendre comment accoucher,
De ce poème qui refuse,
De m’envoyer à me coucher.

25 Février 2003

 

 

 



Miroir Céleste

Quand Dieu créa notre planète,
Il fit de l’onde un point focal,
Depuis, sa surface reflète,
Des jours, des nuits, la silhouette,
Et la beauté du ciel astral.

Ciel bleu, ciel gris, il se dandine,
Se miroitant matin et soir,
Sur l’onde douce où bien saline,
Qui nous enchante et nous fascine
De ses reflets, dans ce miroir.

Placides lacs, mers moutonneuses,
Belles rivières, doux ruisseaux,
Leurs flots composent des berceuses,
Pour inspirer les nuits rêveuses,
Des créateurs de ses tableaux.

L’eau borde villes et villages,
Ses flots s’épandent sur les champs,
Pour féconder les labourages;
Elle s’échoue au bord des plages ,
Pour donner joie à nos enfants.

Souvent le vent et les orages,
Causent, avec impunité,
Beaucoup de tristes sarcophages,
Pour tant de pauvres équipages,
Qui coulent dans l’éternité.

Quand le poète prend sa lyre,
Pour vanter la beauté des flots,
Ses vers, que l’onde lui susurre,
Sont emportés par le zéphire,
Pour apaiser tous les sanglots.

J’aime, le soir, entendre l’onde,
Venir de loin pour chuchoter,
Dans mon oreille qu’elle inonde,
De sa musique moribonde,
Qui sait comment me dorloter.

Quand Dieu créa notre planète,
Il la dota de flots si frais,
Il nous donna cette palette,
Pour miroiter la silhouette,
Des monts, des bois et des forêts.

7 Mars 2003

 

 

 

 

Rachat

Seigneur, qui me frappez, votre courroux est juste,
Mais regardez mes pleurs, à vos pieds répandus,
De mon cœur ulcéré, que votre main auguste,
Allège la douleur, et tous ses maux ardus. 

Faites tarir mes pleurs, et soulagez mon âme,
Aidez-moi, Dieu puissant , à m’approcher de vous,
Allumez, dans mon cœur, cette divine flamme,
Qui donne à la souffrance, un cachet saint et doux.

Donnez-moi, pour m’aider, la compagne de route,
Que vous avez crée, pour chacun, ici bas.
Je veux près d’un berceau, le soir, casser la croûte,
Et panser mes tourments, quand je rentrerai las.

Je veux voir, mes enfants, sur le sein de leur mère,
Dormir, repus, heureux, avec bonne santé
Je veux les voir grandir, et je veux que la terre
Leur offre un avenir de joie et de bonté. 

Je veux, enfin, Seigneur, quand les ans, les tempêtes,
M’auront fait candidat, pour la faux du faucheur,
Venir prendre ma place, à vos splendides fêtes,
Qui célèbrent toujours, le rachat du pécheur.

1948-2002

 

 

 



Rebondissement

Mourir pour un mortel c’est dur,
La vie est belle,
J’ai vu la mort, un soir obscur,
Âme rebelle.
J’aimais d’amour fort et avide,
Il me trahit,
J’entends la voix de mon cœur vide,
Qui m’ébahit,
Elle me mène vers la mort,
Je l’écoutais,
Je poursuivais mon triste sort
Et me hâtais.
Soudain mes yeux virent les tiens,
Vision bénie,
En plaidoyant te dirent: viens,
Soit mon amie.
Tu vins et me rendis courage,
Mon droit de vivre,
Je suis à toi, mon beau mirage,
Prêt à te suivre.

1946-2001

 

 

 

 




Recyclage

Nous sommes pèlerins depuis notre naissance,
Nous arrivons, sur terre, avec des dons précieux,
Vite, nous traversons l’âge de l’innocence,
Inévitablement, jusqu’a l’adolescence,
Qui dessille, tout grands, nos yeux.

Le voyage, sur terre, est plein d’incertitudes,
La vie est un dédale, et ces embranchements,
Que nous devons choisir, parmi les multitudes,
De différents chemins, changent nos attitudes,
En d’inconnus débouchements.

Pendant notre séjour, les semences innées,
Qui sont notre cadeau, dès le premier soupir,
Ont le don de germer, pendant beaucoup d’années,
Et guider, par nos choix, toutes nos destinées,
Pour échouer où réussir.

Tout dépend de ces choix, que le hasard nous livre,
Nous parcourons le sort, qui nous mène à nos jours,
Nous ne saurons, jamais, comment nous allions vivre,
Si nous avions choisi , l’autre chemin à suivre,
Pour faire un différent parcours.

Quand nous terminerons, notre trajet sur terre,
Le gardien des enfers, jugera nos actions,
Il nous demandera de faire l’inventaire,
De toute la moisson de notre itinéraire,
De nos bienfaits, nos infractions.

Notre séjour est court, il n’est que transitaire,
Après avoir vécu, nous devons retourner,
D’ou nous sommes venus, car tout est temporaire,
Notre départ annonce un tout nouveau mystère,
Qui nous fera réincarner.

La mort nous donnera, de nouveaux emballages ;
Les dons que nous avons, très bien accentués,
Seront récupérés, pendant ces recyclages,
Ils amélioreront, tous les futurs voyages,
Qui nous seront attribués.

Novembre 2002

 

 



Prière Matinale

Quand, au loin, l’ombre s’efface,
Et qu’enfin le noir s’enfuit,
Je contemple cet espace,
Et je vois l’astre qui luit.

Tout s’embrase en la nature,
Tout est rouge, tout est beau,
Cette pauvre créature,
Se jette aux pieds du Très-haut.

C’est la feuille qui susurre,
C’est l’oiseau qui chante au jour,
C’est la vague qui murmure,
C’est le réveil du labour.

C’est, enfin, l’astre grandiose,
Qui se lève glorieux,
Qui nous dit que Dieu s’impose
Sur la terre et dans les cieux.

Et puis, la nature entière, 
En un grand élan d’amour,
Offre au Maître une prière,
Pour lui consacrer ce jour.

1947-2001

 



A Mlle H.D.

Tristesse d’amour

Lorsque le jour s’éteint, dans l’ombre de la nuit,
Dans un silence doux, pour quelques heures brèves,
Ne vois-tu pas les feux, d’une flamme qui luit,
Et n’entends-tu jamais, mon appel dans tes rêves ?

Veillant sur ton sommeil, les braises de mon cœur,
Scintillent près de toi, t’adorant en silence,
Mais quelques fois ton nom, dans un souffle d’ardeur,
Vient caresser ta joue, implorant ta clémence.

Songe à mon triste sort, et songe à mon amour,
Car pas même l’adieu, la mort ou les années,
N’éteindront ce brasier, qui brûle comme un four,
Et ne sépareront, jamais, nos destinées.

Quand dans la tombe, enfin, mon corps reposera,
Brisé par la douleur, sous une dalle humide,
Mon immortel esprit, chaque soir, posera,
Un doux baiser d’amour, sur ta bouche timide.

1947-2001

 

Copyright  C. Cally 

Christian  Cally


chantily@bigpond.net.au

                                                                             
  

 

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