Un monde Parallèle Féconde terre La Rose Ode à l'Amour Espoir Noël Noël, Sang, Guerre Le Kangourou Mes Réfugiés La Rose de la Vie Épines Le cheval et la jument Hier, aujourd'hui, demain Rêvasseries hospitalières Lorsque le jour s'efface Danse macabre l'Hermite Vider mon Carquois l'Odorat Genèse Ma Petite Fille Appréciation La Mouette Halloween Nos Automnes Guerres des Cultures Viens ... Promesses
Promesse !
Je me suis fait une promesse
De parcourir au jour le jour,
Tout le restant de mon séjour,
Avec beaucoup de gentillesse.
Je veux répandre avec tendresse
Un peu d’espoir, un peu d’amour,
Sans être contre, sans être pour ;
Surtout avec délicatesse.
Je veux que mes petits enfants
Gardent des souvenirs fervents,
Quand ils évoquent leur grand-père.
Je n’ai qu’un tout petit souhait,
C’est de laisser sur cette terre,
Un mémento de mon trajet.
12 Mars 2006
Viens me Tendre ta Main...
Qand mon glas sonnera pour quitter cette terre,
Je sais que tu viendras pour me tendre la main,
Et me guider là-haut vers le divin chemin,
Où tu me conduiras aux portes de Saint Pierre.
J’attends ce moment là pour calmer ma misère,
Et te revoir, enfin, pour guérir mon chagrin,
Qui commença le jour où le cruel destin
Me plongea, sans recours, dans mon deuil solitaire.
J’attend, larmes aux yeux, que ce moment béni,
Vienne pour m’enterrer dans l’éternel oubli ;
Je ne souhaite plus entendre mon coeur battre.
Car depuis ton départ, je sens le froid venir,
Mon monde s’est éteint, je ne veux plus combattre ;
Viens me tendre ta main qui va nous réunir.
29 Janvier 2006
Guerres des Cultures
Révolus sont les grands conflits conventionnels,
Nous avons entamé les guerres des cultures,
Guerres de religion aux frontières obscures,
Pour subir les excès d’élusifs criminels,
Qui sèment la terreur en meurtres et tortures.
Afghanistan, Irak, affronts irrationnels,
Ont fait naître partout ces éléments parjures,
Qui conjuguent leurs plans en fortes conjonctures,
Et choisissent leur proie en d’attentats mortels,
Pour nous faire payer leurs sanglantes factures.
L’attentat de New York et celui de Madrid,
De Bali, puis celui qui fit subir à Londres,
Un effrayant jeudi qui vit sa paix se fondre,
Par un acte fielleux du terrible Caïd ;
Tous furent perpétrés pour punir et confondre.
Les peuples dépourvus de droits, de dignité,
Sont les grands fournisseurs des faiseurs de carnages,
Qui s’infiltrent, sournois, causant des sarcophages,
Pour condamner tout haut l’injuste pauvreté,
L’humiliation, et leurs lourds vasselages.
L’autre contentieux, l’épineux noeud gordien,
Qui depuis cinquante ans est une cicatrice,
Balafrant la région, soumise au sacrifice,
Du joug du malheureux peuple palestinien ;
Qui cherche un dénouement a son amer supplice !
Ben Laden n’est pas seul a semer la terreur,
Beaucoup de mécontents fomentent l’extrémisme,
D’un mouvement mondial, bourré de fanatisme,
Qui va pour très longtemps éventer sa fureur,
Et nous faire payer nos actes d’égoïsme.
Ce conflit peut durer, sans vaincus ni vainqueurs,
Affectant pour longtemps plusieures dynasties,
A moins que les puissants donnent des garanties
D’éliminer la faim, la souffrance et les pleurs,
Des peuples subjugués par nos démocraties.
10 Juillet 2005
Nos Automnes
Je te regarde en face, automne de ma vie,
Je n’ai pas peur de toi, ni de mes futurs jours,
Ensemble nous avons parsemé nos amours
Aux quatre coins du monde avec philanthropie.
Nous avons tous les deux dégusté l’ambroisie
De nos lointains printemps aux chants des troubadours,
Nous arrivons, enfin, au bout de nos parcours,
Toi glissant vers l’hiver et moi vers la sortie.
Et la main dans la main tous les deux haletants,
Chacun à sa façon, ira vers son printemps,
Toi tu feras chanter les fleurs et la nature,
Et moi j’arriverai au bout de mon chemin,
Où j’irai découvrir une belle aventure,
Espérant le retour d’un meilleur lendemain.
6 Juillet 2005
Genèse
Quand le Seigneur sortit de son profond sommeil,
Il créa, du néant, la lune et le soleil,
Il répartit le temps de l’ombre et la lumière,
Entre l’astre de nuit et l’astre incendiaire ;
La lune fut d’argent et le soleil vermeil.
A la lune il donna le royaume du soir,
Un collier de diamants pour parer le ciel noir,
Et comme compagnon il délégua Morphée,
Pour répandre la paix pendant sa randonnée,
Et bénir le sommeil de dortoir en dortoir.
Au soleil il donna l’empire des chaleurs,
Pour lui faire couvrir la nature, de fleurs,
Il lui donna le don d’illuminer la plaine,
Et de faire germer la manne quotidienne ;
Il mit dans son carquois la gamme des couleurs.
Lorsque enfin Il finit de partager le temps,
Entre lune et soleil, il reprit ses sextants,
Il comblait l’univers, l’espace et ses grands vides,
De lumineux quasars et d’énormes bolides,
Qui traversent toujours les lointains firmaments.
Il prit notre planète et sépara les eaux
Des terres qu’Il couvrit d’animaux et d’oiseaux,
Il fit des océans les plus grandes cuvettes,
Et les alimenta de poissons, de crevettes,
De grands monstres marins et de petits coraux.
Il divisa la terre avec de grands déserts,
Et d’immenses forêts qu’Il vêtit d’arbres verts,
Il les peupla d’oiseaux dans leurs plus beaux plumages,
D’insectes, d’ophidiens et d’animaux sauvages ;
Les vents qu’Il leur souffla, firent d’exquis concerts.
Après ses longs labeurs la constatation
Qu’il manquait quelque chose a sa création,
Le fit revoir son oeuvre ; Il s’assit près d’un fleuve,
Et prit entre se doigts un peu de terre neuve,
Pour façonner un être avec cognition.
Il lui donna son souffle, une âme, un paradis,
Il lui donna la faune et la flore, hormis
Le grand pommier, là-haut, au milieu de la plaine,
Qu’il ne doit pas toucher, ni l’approcher, sous peine,
De perdre tous ses droits à ce divin logis.
Quand Il le vit jouer avec les animaux,
Et parler, sans réponse, à de petits oiseaux,
Il façonna, de suite, une autre créature ;
C’est de là qu’émana toute une autre aventure,
Premier point de départ de tous nos grands fléaux.
Et c’est ainsi que le pépin
D’Adam, semé dans le jardin
Fécond, plein des délices d’Ève,
Fit déborder une ample sève,
Qui fut le germe de Caïn.
3 Juin 2005
Ma Petite Fille
La nuit baille et s’en va, cédant sa place au jour ;
C’est ton anniversaire, et gentiment je pose,
Sur ton petit coussin, où ta tête repose,
Silencieusement, une fragrante rose,
Blanche comme ton âme, avec tout mon amour.
Assis près de ton lit, j’admire ton sommeil,
Et je revois l’instant du jour de ta naissance ;
Mon cœur s’emplit de joie et de reconnaissance,
Envers les dieux cléments pour cette récompense,
Qui t’a donnée à moi, mon aube, mon soleil.
Mon Dieu que le temps passe ! Exactement cinq ans,
Que tu vins dans nos cœurs, ma petite Michelle,
Nous t’avons vu grandir en une demoiselle ;
Tu nous rends notre amour et tu nous ensorcelles,
Avec tes cheveux noirs et tes jolis rubans.
Oh ! ma petite fille ouvre tes beaux yeux bleus,
Regarde ton papa qui t’admire en silence,
Assis près de maman, ses yeux pleins d’espérance,
Pour que les dieux du ciel protègent ton enfance,
Et t’épargnent les maux d’un avenir houleux.
Sereine, sans soucis, comme un ange tu dors,
Car ton âme jouit d’une aura d’innocence,
Mais nous craignons pour toi tes ans d’adolescence,
Dans un monde qui guette, avec concupiscence,
La belle pureté de tes plus beaux trésors.
Ah ! que voilà tu sors de ton profond sommeil,
Tu vois ta rose blanche et ta belle poupée,
Tu te frottes les yeux et restes bouche bée,
Tu te lances vers nous, comme un raz-de-marée ;
Ton sourire remplit la chambre de soleil.
23 Mai 2005
Appréciation
Tes beaux yeux verts, tes lèvres roses,
Tes cheveux blonds, ton nez câlin,
Ton beau sourire cristallin,
Que tu répands en grandes doses,
Sont l’ornement de mon festin.
Tu m’as donné ton corps, ton âme,
Me soutenant sur mon chemin,
Notre parcours, main dans la main,
Qui ne fut pas toujours sans blâme,
Arrive au bout de son chemin.
Lorsque mon cœur te dit je t’aime,
A mon réveil, chaque matin,
Je vois que ton regard serein,
Me rend ce sentiment suprême,
Et la douceur de ton soutien.
En atteignant nos crépuscules,
Paisiblement et sans chagrin,
Nous supportons notre déclin,
Avec nos maux et nos pilules,
En remerciant notre destin.
19 Mai 2005
La Mouette
Il fait très froid ce jour d’hiver,
L’ouragan fait rugir la mer,
Un vent très fort souffle et maltraite
Cruellement une mouette ;
Elle a subi de grands dégâts,
Probablement dans des combats,
Elle est si frêle et délicate,
Elle n’a qu’une seule patte,
Elle traverse le chemin,
Pour se poser dans mon jardin,
Elle boite vers ma volière,
Une retraite hospitalière ;
Elle s’avance avec effroi,
Ses plumes sont en désarroi,
Mon poulailler s’ouvre et l’invite,
C’est bien tentant, mais elle hésite ;
En sautillant, elle entre enfin,
Car elle a froid et meurt de faim.
Mes braves poules généreuses,
Laissent rentrer la malheureuse,
Elles la laisse picoter,
Leur déjeuner, sans hésiter,
Même le vieux coq la salue,
Lui souhaitant la bienvenue,
Le coq lui dit : « Reste avec nous,
Ici nous vivons sans remous,
Notre maîtresse est très gentille,
Nous faisons part de sa famille,
Elle vient nous ravitailler,
Et nettoyer le poulailler,
Notre existence est confortable,
Reste avec nous, c’est agréable. »
Mais la mouette lui répond :
« Je ne veux pas te faire affront,
Je veux te dire sans ambages,
Que je comprends les avantages,
De votre vie en ce lieu sûr ;
Mais moi, vois-tu, j’aime l’azur,
Je suis né de ces nobles races,
Pour conquérir les grands espaces,
Le vol est mon hérédité,
Mes ailes sont ma liberté,
Les monts, les mers, les champs, les plaines,
Sont les piliers de mes domaines. »
Ayant tout dit, le pèlerin,
Quitte son hôte et mon jardin.
Ce bel oiseau si plein d’audace,
Soudain me mit en face-à-face,
Avec mon sort de basse-cour,
Qui jalonna tout mon séjour ;
Si je reviens, mon cœur souhaite,
Renaître comme une mouette.
16 Mai 2005
Halloween
En ce froid soir d’hiver, parmi les sépultures,
Le grincement strident des portes des caveaux
Et le soulèvement des dalles des tombeaux,
Libèrent, tour à tour, squelettes et lémures.
Du fond du cimetière on entend les murmures
De tous ces trépassés dans leurs habits spectraux,
Ils forment, éperdus, de macabres tableaux,
A travers les rayons de cette nuit obscure.
La nuit de halloween ouvre tous les coffins,
La terre se remplit de spectres inhumains,
Qui rodent les chemins sortant des nécropoles.
Ils vont de porte en porte en secouant leurs os,
Mais quand le jour revient couronné d’auréoles,
Les squelettes s’en vont retrouver leur repos.
7 Mai 2005
Je veux savoir pourquoi la
plupart des poètes
Qui parlent des beautés des sons et des couleurs,
Ont toujours négligé l’extase des odeurs
Du bois dans les forêts et des chaudes baguettes,
Et la distincte odeur des choux et des choux fleurs.
C’est l’odeur du café qui
tente nos narines,
Ou le chaud chocolat en ces froids soirs d’hiver,
Et cette belle odeur des embruns de la mer,
Qui nous font déguster le sel sur nos babines,
Et même chez Mac do, le graisseux hamburger.
Notre sens olfactif n’est
pas très poétique,
Quand on parle du nez c’est pour humer les fleurs,
Mais pourquoi rechigner de parler des senteurs,
Émanant de l’aisselle du quidam impudique,
Qui assaille nos nez avec ses puanteurs ?
On sent dans les forêts,
pendant nos randonnées
Un enivrant arôme des grands eucalyptus,
Et sur le sol mouillé c’est l’odeur de l’humus,
Qui s’émane partout en humides buées ;
Et que dire d’un vin si prisé par Bacchus !
Chaque instant nos poumons
absorbent les fragrances
Qui nous font distinguer, en passant par le nez,
Des délicats parfums subtils et raffinés
Et ceux qu’on n’aime pas, car ils sentent le rance,
Avez vous jamais lu « La tirade du nez ? »
Notre odorat, pourtant, a la même
importance,
Que la vue et le goût, l’ouïe et le toucher,
C’est le seul des cinq sens qu’on opte a négliger.
Car au sens poétique il manque de prestance,
Et très peu d’écrivains sont prêts à l’ébaucher.
23 Juin 2005
L’Hermite
Au fond d’un tout petit bosquet,
Dans une chaume, un vieux bonhomme,
Joseph l’Hermite, qu’on le nomme,
Vivait avec son perroquet.
Borgne et boiteux, ce petit gnome,
Toujours avec son loriquet,
Il exhibait à l’affiquet
L’épingle du drapeau trichrome.
Quand il mourut on découvrit
Sur sa poitrine un manuscrit,
Avec son plus précieux trophée,
La Croix de la légion d’honneur ;
Car il fut pendant l’épopée,
Le palefrenier de l’empereur.
22 Avril 2005
Vider mon Carquois
En tant que citoyen du monde,
Je veux vider tout mon carquois,
Sans, pourtant, être discourtois,
Avec un apte esprit de fronde.
C’est avec une foi profonde,
Que je m’exprime quelquefois,
Et je deviens le porte-voix
D’un mode qui se dévergonde.
Avant d’aller chez mes aïeux,
Je veux vous faire mes adieux
Et vous lancer toutes mes flèches.
Nous traversons des jours d’effroi,
Et je vous offre mes flammèches,
Car je ne peux pas rester coi.
30 Mars 2005
Danse Macabre
Lorsque les soirs d’hiver hurlent par les chemins,
Les vents font frissonner toute la terre entière,
Les squelettes joyeux, recouverts de poussière,
Sortent pour gambader, désertant leurs coffins.
C’est la danse macabre au son de leurs os creux,
Que ces épouvantails font avec leurs claquettes,
On les entend venir au son des castagnettes,
Qu’ils font à chaque pas avec leurs corps osseux.
Quand après la toussaint ces crayeux macchabées,
Sortent de leurs tombeaux et de leurs mausolées,
Ils répandent le froid dans les os de vivants.
Le soir du 2 Novembre ils viennent dans nos rêves,
Pour réveiller en nous nos spectres somnolents,
Et pour nous avertir que nos heures sont brèves.
9 Mai 2005
Le Cheval et sa Jument Aujourd'hui je voudrais vous raconter l'histoire D'un petit cheval blanc et d'une jument noire, Tous les deux du même age et de nature affable, Avaient un distingué pédigree impeccable. Un jour, dans son étable, un petit général, S'éprit, en le voyant, le blanc petit cheval, Mais le maître des lieux lui demanda de prendre Aussi la jument noire, au regard doux et tendre. Il les prit tous les deux et donna la jument, A son aide de camp, un très jeune lieutenant, Et quelques jours plus tard, voilà qu'il caracole, En immortalisant , la bataille d'Arcole. La jument noire plonge avec l'aide de camp, Et se jette à travers son chef, et sur-le-champ, La mitraille s'abat sur la poitrine nue, De ce jeune Muiron, fauché dans la cohue. La jument jette un cris, se cabre et veut surgir, Le général sauvé, cherche à la détenir, Il empoigne sa bride et traverse avec elle, En un galop furieux, la longue passerelle. Les soldats en voyant ce petit caporal Foncer ; en leurs ouvrant un passage infernal, Sur son cheval tout blanc, tenant la jument noire, Le suivent en criant « A vous, à nous la gloire. » Quand il rentre à Vérone avec son apparat, Il donne la jument à son ami Murat, Ainsi les deux chevaux suivirent l'odyssée, Jusqu'au tragique bout de sa brève épopée. Ils servirent tous deux le sort de l'Empereur, De bataille en bataille et toujours, plein d'ardeur, Ils virent tant de corps, fauchés par les canons, Et suivirent fumant, l'hallali des clairons. Après son bref exil, sur l'Elbe, pour cents jours, Son fidèle Murat, son ami de toujours, Lui remit son cheval. Ils entrent à Versailles, Pour clore le chapitre des sanglantes batailles. A Waterloo, voyant qu'il n'a plus de renfort, Napoléon, s'élance, en vain cherchant la mort, A ses cotés la garde et Murat le talonnent, Quand un mortel boulet vient et les désarçonnent. Deux chevaux sont atteints et tombent hennissent ; Côte à côte le blanc et sa noire jument, Veulent se relever mais bientôt ils s'affaissent, Dans la mort on dirait que les deux se caressent . 21 Mars 2005
Mes Réfugiés
Espoir
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Christian Cally
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Le Violon Le violon fait rêver de nuits enchanteresses, D’un côté Menuhin, de l’autre les tsiganes, J’aime Jascha Heifetz, ses cordes romantiques, Même les hillbillys font de belles
gavottes, Souvent, le soir venu, quand revient le
silence, Le violon a le don, avec ses doux murmures, 19 Janvier 2004
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Au Revoir
Au
revoir, ce doux mot qu’on se dit chaque jour,
Au revoir mon amie, au revoir mon amour,
C’est un mot si banal, pourtant plein de tendresse,
Pour renouer l’espoir de garder la promesse,
De se revoir bientôt, de se revoir demain,
De se dire bonjour, de se serrer la main,
Où bien de s’embrasser, pour combler une absence,
Et jouir, de nouveau, d’une chère présence.
C’est un mot plein d’espoir au cœur de l’être humain,
Pour s’ouvrir un futur, pour s’ouvrir un demain,
C’est une clef de voûte qui donne l’espérance,
Qu’on verra les bientôt de notre survivance.
21 Janvier 2004
Transition
La
vie est passagère et la mort permanente,
Jouissons chaque instant que notre âme immanente,
Traverse la planète au fil de son parcours,
Car, dès qu’on voit le jour, c’est le compte à rebours.
On
remplit nos printemps, nos étés, nos automnes,
De parcours excitants, très souvent monotones,
Mais quand l’hiver arrive on regarde les cieux,
Car la fusée est prête à faire ses adieux.
Malgré
le court séjour, notre passage laisse,
Un petit souvenir, un soupçon de caresse,
Un petit lumignon, que notre éternité,
Transmettra à travers notre postérité.
Quand
l’hiver éteindra le souffle de notre âme,
Elle escaladera la pente du grand brahme,
Qui l’attendra au seuil du lieux du grand sommeil,
Pour attendre le temps de son prochain réveil.
28 Décembre 2003
Sagesse
A l’aube, le Seigneur de la création,
Mit au cœur de l’humain un grain de passion,
Mais malgré tous les dons de sa divine adresse,
Il oublia d’y mettre un seul grain de sagesse.
Ce grain de passion a germé dans son cœur,
Il génère toujours, la haine et la rancœur,
Démuni de sagesse, au bord du précipice,
Il se laisse glisser dans sa propre immondice.
Nous sommes devenus des êtres destructeurs,
Nous donnons le pouvoir à des usurpateurs,
Et nous avons atteint le fond de l’indécence,
En fermant nos regards à leur concupiscence.
On cherche, par l’emploi de canons et d’obus,
A subjuguer les gens par nos propres abus,
Les journaux, le matin, nous servent leurs manchettes,
Qu’on lit, aveuglement, dégustant nos baguettes.
Les discours de nos chefs sont pleins de vitriol,
Il font couler le sang, ils acceptent le viol,
Ils piétinent les lois sous leurs cruelles bottes ;
Avec grande fanfare on fête ces despotes !
La sagesse qui manque à l’esprit de l’humain,
Obscure la vision de tous ses lendemains,
En regardant les faits avec désinvolture,
Il risque le bonheur de sa progéniture.
Est-ce le temps de dire, aux armes citoyens !
Reprenons le chemin du Conseil des Anciens? §
Peut-être leur sagesse, et leur mansuétude,
Pourra mettre une fin à notre servitude.
Demandons à Yahvé, Allah et le Seigneur,
De réviser les plans du jeune Créateur,
En oubliant de mettre l’atome de sagesse,
Il depriva l’humain du gène de noblesse.
21 Novembre 2003
La Mer
Je regarde, souvent, les vagues sur les plages,
Qui dansent sur le sable et les galets bruyants ;
Avec de grands ahans, après leurs longs voyages,
Elles laissent tomber leurs tutus ondoyants.
Elles ont parcouru beaucoup d’étranges terres,
En berçant gentiment barques et voiliers,
Mais souvent rugissant entre les hémisphères,
Elles ont englouti bateaux et bateliers.
Le zéphyr fait chanter ses surfaces soyeuses,
Et caresse son corps rempli de volupté,
Les étoiles, le soir, s’y miroitent, veilleuses,
Répandant sur l’écume une exquise clarté.
Les goélands aussi joignent leurs cris acerbes,
A cette symphonie au mille sons de nuit,
C’est une apothéose aux cymbales superbes,
Qui vient pour expirer sur les plages, sans bruit.
Ô, le son de la mer, qu’il soit doux où terrible,
Envahit nos esprits, éveillés où dormants,
Nous aimons son miroir moutonnant et paisible,
Par contre, nous craignons ses courroux écumants.
En écoutant la mer qui se meurt sur le sable,
Je pense à mon parcours, si souvent turbulent,
Et je sais, qu’il viendra ce jour inéluctable,
Où mon dernier soupir s’échouera pantelant.
Je regarde venir ces vagues ruisselantes,
Qui meurent à mes pieds, après un long trajet,
Et je pense à ma vie, aux heures déferlantes,
Qui s’éteindra bientôt comme tout feu-follet.
Le flux et le reflux rendent l’onde immortelle,
Après notre reflux serons-nous de retour ?
Avec une autre vague, une autre ritournelle,
Pourrions-nous regarder l’aube d’un nouveau jour ?
14 Novembre 2003
La fille à la fenêtre
Elle tourne le dos au passé de sa vie,
Elle regarde, au loin, un futur incertain,
Reviendra-t-il ce soir, reviendra-t-il demain,
Pour mettre au diapason son âme inassouvie ?
Elle veut oublier, un passé plein de larmes,
Elle cherche les bras d’un amant protecteur,
Pour assouvir sa faim, apaiser ses alarmes,
Et pour lui rendre un brin de paix et de bonheur.
Mais la terre promise est à travers les ondes,
Dans cette chambre froide, elle attend son amant,
Viendra-t-il arrêter ses courses vagabondes,
Et lui donner, enfin sa bague de diamant ?
Accoudée au rebord de sa grande fenêtre,
Elle attend que son homme, au bord du chalutier,
Vienne lui redonner, de son air familier,
Sans faire des chichis, un doux baiser, peut-être.
La porte du passé, des trottoirs et des ombres
Est pour toujours fermée au tréfonds de son cœur,
L’aube qui pointera bannira la laideur,
Des ses jours et ses nuits vécus dans des décombres.
Dans un petit bistrot, près du débarcadère,
Ils passeront des jours heureux, sans incidents,
Ils seront les parents de deux petits enfants,
Lui sera le patron, elle la cuisinière.
17 Octobre 2003
Poussière
Oh, souvenirs de ma jeunesse,
Ensevelis dans mon passé,
Au fond de ce lointain fossé,
Que j’époussette avec tendresse.
Malgré les toiles d’araignées,
Qui couvrent ces vieux souvenirs,
Je vois les beaux feux des saphirs,
Sur ces images surannées.
Ces souvenirs sous la dentelle,
Que le temps a si bien tissé,
Pincent mon cœur qui fut blessé,
Par une ingrate demoiselle.
Sous mon plumeau, mes amourettes,
Se manifestent clairement,
Et je déguste avidement,
Blondes, rouquines et brunettes.
J’aimerai voir ces demoiselles,
Qui m’ont donné tant de plaisir,
Et qui, parfois, m’ont fait souffrir,
Sont-elles toujours aussi belles ?
Je revois ma blonde Diane,
Qui fit de moi son matador,
Elle m’offrit sa toison d’or,
Et fut ma première alezane.
Je me croyais invulnérable,
Quand je flottais de fleur en fleur,
Mais une rose emplit mon cœur,
D’une amertume perdurable.
Et maintenant, j’ai la sagesse,
De déguster tous mes plaisirs,
Et d’enterrer mes souvenirs,
Dans le tombeau de ma vieillesse.
14 Octobre 2003
La Nature
Quand je regarde la nature,
C’est son visage souriant,
Qui me présente sa culture,
M’ouvrant son cœur luxuriant.
Elle me tend son abondance,
Tous ses parfums et ses couleurs ;
Ce beau tableau d’exubérance,
Est là pour rajeunir les cœurs.
Sur les sentiers les marguerites,
Se dandinant, me font de l’œil,
Et sur les murs les clématites,
Me font un souriant accueil.
Les grands parterres de pensées,
Avec leurs beaux minois félins,
Font une cour aux azalées,
Qui bordent les talus voisins.
Dans les jardins, les primevères,
Roses, crocus et liserons,
Font des tableaux spectaculaires,
Avec oiseaux et papillons.
Couleurs, arômes et musique,
Se joignent pour ces beaux festins,
Ah ! que la vie est magnifique,
Quand on respire les jardins.
Le fol envol de l’ hirondelle,
Et les ramages des pinsons,
Rendent la vie encor plus belle,
La remplissant de leurs chansons.
Plus loin l’étang baille et somnole,
Les nénuphars couvrent ses eaux,
Les poissons d’or en farandole,
S’amusent autour des roseaux.
Notre nature nous étonne,
Par son immense majesté,
Ses feuilles mortes en automne,
Jonchent la terre de beauté.
Lorsque l’hiver couvre la terre,
De ses linceuls étincelants,
Il tonifie et régénère,
Le patrimoine du printemps.
L’été nous offre les vacances,
Et ralenti tous nos labeurs,
C’est la saison des jouissances,
Quand le soleil chauffe nos cœurs.
28 Juin 2003
Toccata et Fugue
C’est la douceur du crépuscule,
Qui fait penser aux doux plaisirs,
Et qui réveille les désirs,
Jusqu’a ce qu’elle capitule.
Ce sont les jeux du préambule,
Ces baisers doux, ces élixirs,
Ces mots d’amour et ces soupirs,
Qui font monter la canicule.
Quand on atteint la toison d’or,
Et que la porte du trésor,
S’ouvre, c’est une apothéose.
Les corps brûlants, en staccato,
Font une strette grandiose,
Vers une fugue, en crescendo.
21 Juin 2003
Le Renouveau (Ballade)
Quand l’aube pointe, l’oiseau chante,
C’est le signal du renouveau,
Car tout, autour de lui, l’enchante,
En étalant ce beau tableau ;
La brise embrasse le ruisseau,
Dans la vallée, frémissante,
Que la rosée, nourrissante,
Fait scintiller, de mille feux,
Et la nature incandescente,
Lève son voile ténébreux.
Juillet 2002
Le réveil du jour
Quand l’ombre de la nuit s’efface sur les ondes,
Le carmin envahit, le fond de l’horizon,
Qui répand ses lueurs, aux belles plages blondes,
Et qui donne, à la houle, une rose toison.
L’astre brillant surgit , comme un phénix, de l’ombre,
Couronnant l’univers, de son disque échauffant,
La nuit emporte, enfin, son miteux voile sombre,
Et l’orchestre reprend, son hymne triomphant.
Les arbres majestueux, aux branches accueillantes,
Relâchent les oiseaux, qui s’envolent joyeux,
Chantant et modulant, leurs notes sémillantes,
Et reviennent nourrir, leur oiselets soyeux.
Autour des champs fleuris, voltigent les abeilles,
Les papillons, aussi, parsèment leurs couleurs
Aux parterres brillants, recouverts de merveilles,
Que le soleil levant, embaume de senteurs.
Lentement, le matin, remplit le paysage,
La flûte du berger, s’élève des vallons,
Pour accueillir le jour, que le fier coq présage,
Du haut de ses ergots, criant à pleins poumons.
Les pêcheurs, fatigués, s’approchent des rivages,
Ils déchargent, sans hâte, en tirant leur filets,
Ils rangent, avec soin , sur leur blancs étalages,
Les carpes, les saumons, les perches, les mulets.
Le paysan s’affaire, en quittant sa chaumière,
Pour reprendre l’ouvrage avec son vieux tracteur,
Il laboure ses champs, de façon coutumière,
Et trace ses sillons, comme un vrai ciseleur.
La fermière reprend, ses tâches journalières,
Qui commencent toujours, dans son vieux poulailler,
Et s’occupe, plus tard, de ses vaches laitières,
Qu’elle trait, puis se met, à les ravitailler.
Le brouhaha progresse, aux alentours des villes,
Le monde se bouscule, encombrant les trottoirs,
Le bruit assourdissant des klaxons inutiles,
Enveniment la paix, à grands coups de boutoirs.
Tous ces bruits dissonants, même cacophoniques
S’amalgament et font, des hymnes cohérents,
La nature bénit, ces oeuvres symphoniques,
Et répand sa sonate, à tous ses adhérents.
Le marteau sur l’enclume, et la ville qui gronde,
Le soc du laboureur, et le bruit du pêcheur,
Le chant de la fermière, les goélands sur l’onde,
Accueillent le matin, du beau jour, la splendeur.
Après s’être échappé, des boyaux de la terre,
Et chassé la lourdeur, de l’assoupissement,
Le soleil poursuit seul, son séjour de mystère,
Pour atteindre, à midi, son épanouissement.
Puis vers l’ouest, il poursuit sa course fatidique,
Qui se termine au seuil, des pics ultramontains,
Car c’est là, qu’il finit, son règne, qu’il abdique,
Au crépuscule ardent, des horizons lointains.
Un grand feu d’artifice, en grands éclats funèbres,
Illumine les cieux, pour saluer le jour,
Qui s’efface aux bas-fonds, des victorieux ténèbres,
Et redonne, à la nuit, son silencieux séjour.
Le paysan s’arrête, ainsi que la fermière,
Le marchand, le banquier, le forgeron aussi,
Rejoignent leur maison, ou leur humble chaumière,
Pour jouir, en famille, un repas sans souci.
Les pêcheurs, dans les ports, apprêtent leurs flottilles,
Ils irons parcourir les mers, les océans,
C’est leur tour de quitter, leurs foyers, leurs familles,
Et risquer chaque nuit, écueils et ouragans.
Quand le jour reviendra, pour éclairer leurs barques,
Seront-ils toujours là, pour revoir le matin ?
Ou seront-ils allés, dormir avec les Parques,
Aux sombres profondeurs, d’un océan lointain ?
C’est ainsi que le jour, se lève et puis succombe,
Inexorablement, avec fatalité,
Ainsi nous allons tous, du berceau à la tombe,
Laissant derrière nous, notre immortalité.
Sept 2001
L’extrême onction
Pour la dernière fois, mon Dieu, sur cette terre,
Je vous sentirai là, dans mon cœur indécis,
Soyez le bienvenu, soulagez ma misère,
Accueillez ce pécheur dans votre paradis.
Bientôt, je vous verrai, car vous serez mon juge,
Votre clémence seule, ô ! Dieu peut me sauver,
Je viens dans votre sein, pour trouver un refuge ;
Maintes fois, en péchant, j’ai voulu vous braver.
J’ai juré, j’ai menti, j’ai commis d’adultères,
Je me suis emporté, j’ai transgressé la loi,
J’ai jugé, j’ai rougi de la foi de mes pères;
Que n’ais-je encore fait…? En cet instant ultime,
Des larmes de regret, ont réveillé ma foi ;
Mon Dieu pardonnez-moi, rendez-moi votre estime.
1949-2001
Libération
Mon cœur meurtri, l’âme en haillons,
L’esprit couvert de brumes,
Mes larmes creusent des sillons
De tristes amertumes.
Ma voix n’est qu’un gémissement,
Mon souffle n’est qu’un râle,
Tout secoué d’un tremblement,
Je suis hagard et pâle.
Je marche d’un pas hésitant,
Échevelé, livide,
Vers la faucheuse qui m’attend,
Là-bas, d’un air avide.
Les bras ouverts et trébuchant,
Je cours vers cette infâme,
Qui d’un seul mouvement, tranchant,
Libérera mon âme.
1947-2001
Neige
Il neige sur les monts, il neige dans les villes,
Les chemins sont couverts de ce vierge manteau,
Qui décore l’hiver de ses flocons fragiles,
Et donne à nos Noëls, un lyrique cadeau.
Quand il neige, il fait bon de s’asseoir près de l’âtre,
Et boire un petit coup, en croquant des marrons,
En regardant l’enfant s’amuser et s’ébattre,
Aux pieds de son grand père, en suçant des tourons.
La neige fait joli sur les cartes postales,
Recouvrant les sapins et les toits des maisons,
On aime sa blancheur, ses habits de vestales,
Mais sa virginité fond en défloraisons.
Le beau manteau si blanc, quand il devient tout sale,
S’amoncelant au bord des routes et chemins,
N’a plus l’enchantement de l’image murale,
Et devient dangereux pour tous les citadins.
Par contre, pour le ski, les longues pistes blanches
Donnent tant de plaisir aux amoureux du sport,
Qui déclenchent, souvent, de grandes avalanches,
Qui couvrent la poudreuse, d’un suaire de mort.
Et comme toute chose, au cœur de la nature,
La neige sait donner grande joie et grands pleurs;
Dès le premier soupir, de toute créature,
Le parcours est rempli, de plaisirs et malheurs.
Il neige dans mon cœur, il neige sur ma tête,
Mon petit verre est vide, et mon feu délirant,
Dehors, l’hiver soulève une énorme tempête,
L’enfant s’est assoupi, d’un sommeil rassurant.
Octobre 2002
Mourir (Triolet)
Je ne veux pas mourir, ce soir,
Être enterré sous une pierre,
Je veux survivre et prévaloir,
Je ne veux pas mourir, ce soir.
Je n’ai jamais aimé le noir,
J’aime la vie et la lumière,
Je ne veux pas mourir, ce soir,
Être enterré sous une pierre.
Juillet 2002
A Mlle H.
D.
Ignoré
Vous êtes belle,
Et sensuelle,
Vos cheveux noirs,
Sont tous les soirs,
Dans tous mes rêves,
Minutes brèves,
Instants si courts,
Instants trop lourds,
Mais tout conspire
A me proscrire
De votre cœur;
Ah ! quel malheur!
Mon cœur est blême,
Car il vous aime;
Vous m’ignorez,
Vous m’ulcérez,
Vos yeux de flamme,
M’embrase l’âme,
Suis-je audacieux
Cherchant les cieux,
Qui sans ses voiles,
Remplis d’étoiles,
Reflètent mieux
Vos si beaux yeux?
Pitié, je souffre,
Car ce grand gouffre,
Est si profond,
Il me pourfend.
Adieu mon rêve,
Mon temps s’achève,
En cet instant
La mort m’attend.
1946-2002
La lumière
L’ombre du soir pâlit devant la pourpre aurore,
Un beau soleil surgit du sein des flots obscurs,
La nuit s’enfuit devant les rayons clairs et purs,
Et cède son empire à ce grand météore.
Il répand ses bienfaits sur la nature humaine,
Que le Seigneur créa, quand il dit au début,
«Que la lumière soit» et la lumière fut;
Nous jouissons, depuis, de ce beau phénomène.
Les flots sont embrasés par la flamme céleste,
Tout chante en unisson, pour accueillir le jour,
Le coq est le premier, à lui faire la cour,
En claironnant son chant d’une voix forte et leste.
Le paysan s’apprête à reprendre sa tâche,
Le four du boulanger émane ses odeurs,
Les rayons du soleil répandent leurs tiédeurs,
Donnant à la planète, un éclatant panache.
1945-2002
L'Angélus
J’entends, qu’au loin, la cloche sonne,
Pour annoncer la fin du jour,
L’astre brillant baille et frissonne,
Et puis termine son séjour.
Le laboureur quitte sa tâche,
Rentre au bistrot voir ses amis,
C’est avec eux qu’il se relâche,
Et se régale d’un anis.
Mais la fermière s’achemine,
Vers son église pour prier,
C’est l’Angélus qui détermine,
La fin du rythme journalier.
Toutes les femmes du village,
Sont là pour dire, un chapelet,
Puis font un brin de babillage,
Aux portes de l’estaminet.
Les réverbères dans les villes,
S’allument progressivement,
De campanile en campanile,
Les cloches sonnent gaiement.
Le ciel étend ses sombres voiles,
Sur la planète doucement,
La lune sème ses étoiles,
Pour arrêter le tintement.
Avec le soir, viendra ma muse,
M’apprendre comment accoucher,
De ce poème qui refuse,
De m’envoyer à me coucher.
25 Février 2003
Miroir Céleste
Quand Dieu créa notre planète,
Il fit de l’onde un point focal,
Depuis, sa surface reflète,
Des jours, des nuits, la silhouette,
Et la beauté du ciel astral.
Ciel bleu, ciel gris, il se dandine,
Se miroitant matin et soir,
Sur l’onde douce où bien saline,
Qui nous enchante et nous fascine
De ses reflets, dans ce miroir.
Placides lacs, mers moutonneuses,
Belles rivières, doux ruisseaux,
Leurs flots composent des berceuses,
Pour inspirer les nuits rêveuses,
Des créateurs de ses tableaux.
L’eau borde villes et villages,
Ses flots s’épandent sur les champs,
Pour féconder les labourages;
Elle s’échoue au bord des plages ,
Pour donner joie à nos enfants.
Souvent le vent et les orages,
Causent, avec impunité,
Beaucoup de tristes sarcophages,
Pour tant de pauvres équipages,
Qui coulent dans l’éternité.
Quand le poète prend sa lyre,
Pour vanter la beauté des flots,
Ses vers, que l’onde lui susurre,
Sont emportés par le zéphire,
Pour apaiser tous les sanglots.
J’aime, le soir, entendre l’onde,
Venir de loin pour chuchoter,
Dans mon oreille qu’elle inonde,
De sa musique moribonde,
Qui sait comment me dorloter.
Quand Dieu créa notre planète,
Il la dota de flots si frais,
Il nous donna cette palette,
Pour miroiter la silhouette,
Des monts, des bois et des forêts.
7 Mars 2003
Rachat
Seigneur, qui me frappez, votre courroux est juste,
Mais regardez mes pleurs, à vos pieds répandus,
De mon cœur ulcéré, que votre main auguste,
Allège la douleur, et tous ses maux ardus.
Faites tarir mes pleurs, et soulagez mon âme,
Aidez-moi, Dieu puissant , à m’approcher de vous,
Allumez, dans mon cœur, cette divine flamme,
Qui donne à la souffrance, un cachet saint et doux.
Donnez-moi, pour m’aider, la compagne de route,
Que vous avez crée, pour chacun, ici bas.
Je veux près d’un berceau, le soir, casser la croûte,
Et panser mes tourments, quand je rentrerai las.
Je veux voir, mes enfants, sur le sein de leur mère,
Dormir, repus, heureux, avec bonne santé
Je veux les voir grandir, et je veux que la terre
Leur offre un avenir de joie et de bonté.
Je veux, enfin, Seigneur, quand les ans, les tempêtes,
M’auront fait candidat, pour la faux du faucheur,
Venir prendre ma place, à vos splendides fêtes,
Qui célèbrent toujours, le rachat du pécheur.
1948-2002
Rebondissement
Mourir pour un mortel c’est dur,
La vie est belle,
J’ai vu la mort, un soir obscur,
Âme rebelle.
J’aimais d’amour fort et avide,
Il me trahit,
J’entends la voix de mon cœur vide,
Qui m’ébahit,
Elle me mène vers la mort,
Je l’écoutais,
Je poursuivais mon triste sort
Et me hâtais.
Soudain mes yeux virent les tiens,
Vision bénie,
En plaidoyant te dirent: viens,
Soit mon amie.
Tu vins et me rendis courage,
Mon droit de vivre,
Je suis à toi, mon beau mirage,
Prêt à te suivre.
1946-2001
Recyclage
Nous sommes pèlerins depuis notre naissance,
Nous arrivons, sur terre, avec des dons précieux,
Vite, nous traversons l’âge de l’innocence,
Inévitablement, jusqu’a l’adolescence,
Qui dessille, tout grands, nos yeux.
Le voyage, sur terre, est plein d’incertitudes,
La vie est un dédale, et ces embranchements,
Que nous devons choisir, parmi les multitudes,
De différents chemins, changent nos attitudes,
En d’inconnus débouchements.
Pendant notre séjour, les semences innées,
Qui sont notre cadeau, dès le premier soupir,
Ont le don de germer, pendant beaucoup d’années,
Et guider, par nos choix, toutes nos destinées,
Pour échouer où réussir.
Tout dépend de ces choix, que le hasard nous livre,
Nous parcourons le sort, qui nous mène à nos jours,
Nous ne saurons, jamais, comment nous allions vivre,
Si nous avions choisi , l’autre chemin à suivre,
Pour faire un différent parcours.
Quand nous terminerons, notre trajet sur terre,
Le gardien des enfers, jugera nos actions,
Il nous demandera de faire l’inventaire,
De toute la moisson de notre itinéraire,
De nos bienfaits, nos infractions.
Notre séjour est court, il n’est que transitaire,
Après avoir vécu, nous devons retourner,
D’ou nous sommes venus, car tout est temporaire,
Notre départ annonce un tout nouveau mystère,
Qui nous fera réincarner.
La mort nous donnera, de nouveaux emballages ;
Les dons que nous avons, très bien accentués,
Seront récupérés, pendant ces recyclages,
Ils amélioreront, tous les futurs voyages,
Qui nous seront attribués.
Novembre 2002
Prière Matinale
Quand, au loin, l’ombre s’efface,
Et qu’enfin le noir s’enfuit,
Je contemple cet espace,
Et je vois l’astre qui luit.
Tout s’embrase en la nature,
Tout est rouge, tout est beau,
Cette pauvre créature,
Se jette aux pieds du Très-haut.
C’est la feuille qui susurre,
C’est l’oiseau qui chante au jour,
C’est la vague qui murmure,
C’est le réveil du labour.
C’est, enfin, l’astre grandiose,
Qui se lève glorieux,
Qui nous dit que Dieu s’impose
Sur la terre et dans les cieux.
Et puis, la nature entière,
En un grand élan d’amour,
Offre au Maître une prière,
Pour lui consacrer ce jour.
1947-2001
A Mlle H.D.
Tristesse d’amour
Lorsque le jour s’éteint, dans l’ombre de la nuit,
Dans un silence doux, pour quelques heures brèves,
Ne vois-tu pas les feux, d’une flamme qui luit,
Et n’entends-tu jamais, mon appel dans tes rêves ?
Veillant sur ton sommeil, les braises de mon cœur,
Scintillent près de toi, t’adorant en silence,
Mais quelques fois ton nom, dans un souffle d’ardeur,
Vient caresser ta joue, implorant ta clémence.
Songe à mon triste sort, et songe à mon amour,
Car pas même l’adieu, la mort ou les années,
N’éteindront ce brasier, qui brûle comme un four,
Et ne sépareront, jamais, nos destinées.
Quand dans la tombe, enfin, mon corps reposera,
Brisé par la douleur, sous une dalle humide,
Mon immortel esprit, chaque soir, posera,
Un doux baiser d’amour, sur ta bouche timide.
1947-2001
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