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Au jardin d'amour
Au jardin de l'amour se délecte mon cour
Les fruits en sont exquis, luxuriantes les fleurs
Le paon mystérieux y promène sa traîne
Ocellée de bijoux, parure souveraine.
Y règne l'harmonie dans le parfum des buis
Tout au long des allées où ta main me conduit.
En ce jardin secret nulle âme ne pénètre
Que nos âmes, soudées par un profond bien-être.
Nos pas sont accordés sur le même chemin
Si l'un devait tomber, l'autre tendrait la main.
O charme d'une vie que l'amour éclabousse
Délices de ta voix à jamais adorée
Lumière de tes yeux en caresse si douce
Que , sans avoir rien dit, je me sens devinée !
Moissons de l'amour
J'ai déjà fait moisson de mille baisers tendres
Pour les heures d'hiver, les soirées de grand froid.
Au coeur de mon grenier, je vais aller m'étendre
Pour venir sur le grain ,rencontrer tes émois.
Je veux faire moisson de tes regards de jade
Ces regards étoilés qui caressent ma peau,
Qui se fondent en moi, éclatent par myriades
Etincelles d'amour, innombrable troupeau.
Pour me vêtir de joie, m'entourer de tendresse
M'envelopper de soie, aux langueurs des caresses
Que tu prodigueras à mon âme comblée
O, moissons du bonheur, jamais je ne me lasse
De cet embrasement de nos corps, qui s'enlacent
Dans ce grand champ d'amour où ruisselle le blé!
Voyages (Sextine )
Au pays de ton corps je partis en voyage
Un soir où je fus pris dans les rets de tes yeux :
J'ai baigné mes désirs aux sables de tes plages
Erré dans les déserts au gré de tes mirages
Tourné les pages d'or des contes amoureux
Et accroché pour toi des étoiles aux cieux.
Un soleil de rubis a incendié les cieux
Quand l'amour interdit fut aussi du voyage
Epices et piments de nos jeux amoureux
Troublèrent bien souvent la candeur de ses yeux
Mais il sut nous offrir lui aussi ses mirages
Et le creux de ses bois, et le velours des plages.
Sous les palmiers de soie dans la moiteur des plages
Nous étions étendus, et, regardant les cieux
Nous guettions chaque soir la venue des mirages
Blancs oiseaux de la nuit invités au voyage
Que nous ferions tous deux, et les yeux dans les yeux,
Nous écoutions leurs cris plaintifs et amoureux.
De ta gorge adorée, de ton ventre amoureux
Je découvrais la soie et roulais sur tes plages
Le plaisir étoilé illuminait tes yeux
Et je pouvais enfin t'amener jusqu'aux cieux
Baisant tes membres las au retour du voyage
Te murmurant tout bas l'espoir de nos mirages.
Au matin s'éveillaient les plus beaux des mirages
Le vent soufflait sur nous ses frissons amoureux
Tes lèvres mes parlaient d'un ultime voyage
Et nos pas nous menaient jusqu'aux confins des plages
Où l'aurore venait à la porte des cieux
Eveillant des reflets aux diamants de tes yeux.
O messages divins transportés par tes yeux
Je me suis consumé aux feux de tes mirages
Pour toi j'aurais volé la foudre dans les cieux
Pour toi j'aurais crié mes beaux chants amoureux
Au vent de la forêt et au ressac des plages
A tous les bateaux blancs qui partaient en voyage !
Je voyage toujours aux barques de tes yeux
A tes plages d'amour naissent tant de mirages
Qu'à nos jeux amoureux s'illuminent les cieux.
Votre désir (Rondeau)
Le saviez-vous ? J'ai l'âme qui s'affole
Quand vos beaux yeux me disent galamment,
Elfes légers, papillons qui me frôlent,
Votre désir, en regards barcarolles
Qui à mon cour viennent suavement.
Votre désir est le dieu tout-puissant
Qui plie mon corps à ses danses frivoles
Et le soumet à des jeux haletants.
Le saviez-vous ?
L'ombre du soir vous donne le beau rôle
Au creux voluptueux du grand divan.
Nos cours-bouquets, réunis, se cajolent,
Et quand l'amour entrouvre leurs corolles
La fleur de la passion est rouge sang !
Le saviez-vous ?
Passion
Monte, monte en moi
Ce désir fabuleux
Qui me prend
De tes bras,
De ton souffle,
De ce coeur
Qui bat
Précipité,
Pour moi
Pour moi
Pour moi.
Nul besoin de cyrénaïques
Pour enflammer ton coeur aimant,
Nul besoin de douce musique
Pour réveiller tes sens.
Je tourne vers toi mes prunelles
Qui s'étoilent de mille feux,
Et c'est l'attirance éternelle
Qui nous fait chavirer tous deux
La lave de tes yeux
La lave de tes yeux a embrasé ma vie
Au plus froid de l'hiver, ton regard m'éblouit
Lumineux le printemps, incandescent l'été
L'automne est luxuriant ,fougères de baisers
Au plein de la passion j'ai comblé mes béances
Refermé peu à peu les blessures d'enfance
A tes ancrages sûrs, mon corps est amarré
La houle de tes reins le fait toujours vibrer
Nos âmes goélands planent à l'unisson
Nos deux corps enlacés glissent comme poissons...
Aussi loin que tu sois, pèse ta douce main
Sur ma nuque soumise à ce désir divin
Qui au feu de l'été, en cette île lointaine
Jaillit de tes yeux verts, o lave souveraine
Cœur battant
Non, tu n'es pas venu au rendez-vous donné
Et pourtant j'attendais, là-bas sous la feuillée,
Et mon coeur qui battait, faisait un bruit de pas :
Quand j'entendis mon coeur, je crus que c'était toi !
Mais ce n'était que lui, pauvre coeur dégrisé
Palpitant lourdement, si triste et oppressé
Qu'un moment, je souhaitai qu'enfin il s'arrêtât,
J'aurais voulu mourir, car tu n'étais pas là !
Depuis, ce coeur déçu, geint et bat la breloque.
Il entend par moments ton rire qui se moque:
Pourquoi l'as-tu trahi, pourquoi le torturer ?
Pourtant je veux garder ton souvenir aimé,
Je veux revoir tes yeux, au fond de mes nuits blanches,
Sentir contre mon sein, ton beau front qui se penche...
Je voudrais
Et par delà la mort
Je voudrais que m'éclairent
Tes yeux
Dans ce réduit
Où l'on m'aura celée
La chaleur de ta main
Pour réchauffer la bière
Où lentement mon corps
Sera décomposé.
Je voudrais respirer
Chaque soir ton haleine
Et que ta voix s'élève
Berceuse à mon sommeil
Tu serais mon appui
Comme au temps de ma vie
Et de ma sombre nuit
Le soleil éternel.
Je voudrais, je voudrais.
Mais que sais-je,
Pauvrette,
De ce gouffre innommable
Où je t'aurai perdu ?
Au hasard
Au hasard de l'année qui va bientôt paraître
Je veux t'aimer d'amour, et chaque jour renaître
Au feu de ta passion , à l'eau de ton regard
Où je me laverai de la peur des hasards
Je veux t'aimer d'amour et savoir te le dire
Et savoir t'étonner, et savoir te conduire
Sur des chemins nouveaux, guidée par le hasard
Que j'apprivoiserai sans détours et sans fards
Se peut-il que l'amour se fane au cours des ans ?
Je saurai faire naître en un désir brûlant
Un bouquet d'émotions aux pétales subtils
Dont le parfum, divin encens de mon amour
Embaumera nos nuits, envahira nos jours
Tandis que le hasard déroulera son fil.
« Tandis que le hasard déroulera son fil »
Il faut savoir qu'en Italie, depuis Dante, la vie se représente symboliquement par une simple pelote de fil sur laquelle tout est codé, on l'appelle « Il gomitolo della vita », sur cette pelote prémonitoire figurent les actes les plus banals de notre existence, la mort survient quand le fil est coupé, quant aux
nœuds. Ils représentent les épreuves impitoyables du destin !!!!!!!!!!!
Doucement, doucement ...
La pluie me ravit et m'envoûte.
Nous pourrons, si tu le veux bien
Écouter à loisir ses gouttes
En parlant de tout et de rien
J'allumerai la cheminée
Et crépiteront tendrement
Les tisons de notre hyménée,
Tu m'embrasseras suavement
De petites caresses douces
Entameront notre déduit
Et comme la pluie sur la mousse
Glisseront sur ma peau, sans bruit
Je boirai l'absinthe perfide
De tes yeux mouillés de désir
Et je me glisserai, languide
Au plus secret de ton désir
Doucement, doucement, douce... ment!
Flocons
Flocons de l'aubépine
Aux matins parfumés
Du printemps de nos vies
Amoureux étonnés
Appât délicieux
De tes yeux en amande
Flocons de Chantilly
Sur tes lèvres gourmandes
Que je baise en riant
Petits flocons de blé
Remués dans la tasse
D'un déjeuner à deux
Joli bonheur fugace
Impalpables flocons
Sur ta brune crinière
Offerte au vent d'hiver
Insolente rivière
Flocons éparpillés
Sur la vitre glacée
Quand brûle dans le lit
La fureur des baisers
Le charme de l'orchidée
Dans le creux des papiers froissés
Demeure une larme de sable
Et le charme de l'orchidée
Que tu déposais sur ma table.
Le vent s'en va, il est passé
Comme passent nos aventures
Nos belles amours trépassées
M'ont laissé de tendres blessures.
L'eau coule aux fissures du cour
Gouttes de cristal qui se figent
Larmes de rose sans rancour
Qui meurt lentement sur sa tige.
Dans le creux des papiers froissés
Demeure une larme de sable
Et le charme de l'orchidée
Tremble, beauté impérissable.
Au bon plaisir de tes désirs
Plaisir de tes doigts amoureux
Explorateurs de mon échine
Plaisir d'un bain qu'on prend à deux,
Prélude à des heures câlines...
Plaisir de la mousse pudique
Qui cache des rotondités
Prétexte aux approches ludiques
Prémices de la volupté...
Plaisir de ta bouche perverse
Assoiffée de ces gouttes d'eau
Retenues comme après l'averse
Par le creux au bas de mon dos.
Plaisir, désir qui s'entremêlent
Et que nos bouches affamées
Têtent, comme à la mamelle
Vient s'abreuver le nouveau-né.
Plaisir de ta langue lascive
Qui dévore ma nudité:
Dès lors je pars à la dérive
Et au plaisir me laisse aller.
Les âmes
Mon corps sera livré au grand froid du tombeau,
Et ne chanteront plus les mots, à mon oreille.
Plus ne verrai le jour de ces printemps si beaux,
Où bourdonnent aux fleurs les vaillantes abeilles!
J'aurai franchi le seuil qui mène à l'au-delà,
Ma vie se tissera aux souvenirs des autres.
Mon corps ne sera plus, mais mon âme viendra
Papillonner vers vous, et butiner les vôtres.
SI vous sentez, au soir, quelque frôlement doux
Sur vos fronts apaisés et vos paupières closes,
Quand s'exhale au jardin le parfum de la rose,
Pensez à mon esprit qui s'approche de vous,
Qui communie au flot de vos tendres pensées,
Et cherche en votre cour la place où se lover.
Carnaval de Venise
Venise en organza, plumes et soies précieuses
Habille ses folies de fastes tapageurs
Sous le masque, reluit la flamme mystérieuse
Des beaux yeux de l'Amour, éternel voyageur.
Il volète, insouciant comme ces papillons
Que de sa main gantée la belle attire à elle
Mais qui s'en vont déjà plus loin , à tire-d'aile
Vers le bleu d'un regard ou l'émoi d'un frisson !
Les décors somptueux de ces fêtes profanes
Et le gai tourbillon de tant de femmes fleurs
Que les hommes ardents suivent avec ardeur
Sont déjà révolus, leur image se fane...
Venise en organza, plumes et soies précieuses
Hante mes souvenirs sur la place Saint-Marc
Et j'ai le blues de toi, Belle mystérieuse
Sous le masque blafard où brûlait ton regard...
Il a neigé sur ta vie
Les blancs chaussons de laine à tes pieds de bébé
La robe de baptême en dentelle ajourée
Et ton nez écrasé sur le beau sein neigeux,
Fontaine de ce lait qui te portait aux cieux.
La blanche communiante au cierge de lumière
Couronnée de lys purs, recueillie en prières.
La robe de satin frais à ton premier bal,
Cet espoir en ton cœur léger et virginal.
Bouillonnement floral : ta robe de mariée,
Ses tourbillons de soie, ce voile si léger...
O, neigent sur ton front les pétales de fleurs
Que lancent les amis sur votre grand bonheur!
La neige de tes draps enveloppe vos corps
Et tu te donnes à lui : il peut neiger dehors
Ou bien de doux pétales, ou de légers flocons,
L'amour embrase tout, votre coeur est passion.
Mais le rouge a fleuri aux neiges des draps blancs :
Le beau sang de la vie quand sont nés vos enfants.
Le sang de la passion qui coule dans vos veines
Qui vous fait surmonter vos angoisses, vos peines.
Le fleuve de la vie ardemment a coulé.
La neige, en vos cheveux lentement apparaît.
Oh non, ne craignez pas la froideur du suaire :
Le brasier de l'amour sanctifie son mystère.
Au mot d' « Eternité »
Si par malheur ta main vient à quitter la mienne
Que ferai-je sans toi, loin du clair de tes yeux
Quand mes jours assombris verront pleurer ma peine
Le cour glacé d'effroi, loin du feu de tes yeux.
Si tu pars le premier en ces contrées lointaines
Où l'on nous dit qu'un jour on peut rencontrer Dieu
Ce cour va chavirer, et dans l'eau des fontaines
Il va chercher sans fin le miroir de tes yeux
Prends ma main dans ta main , et au fond de tes yeux
Laisse-moi découvrir la douceur de ce feu
Où je puise ma force et ma sérénité
Le temps nous est compté, inexorablement
Que s'embrasent les jours, à nos plaisirs d'amants
Car mon cour s'épouvante au mot d' « Eternité »
Chemins d'amour
Il m'appelle sa rose, et sa rose je suis
Malgré le temps qui va et qui passe et qui fuit
Et la rose par lui, le matin est cueillie
Qu'il dépose pour moi au réveil sur mon lit.
La neige en ses cheveux n'a pas touché son âme
Ni tari ses élans et son amour pour moi.
J'aime, dans ses yeux verts, découvrir cette flamme
Qui fait naître en mon cour le plus doux des émois.
Je me grise de lui comme au parfum des roses
Son absence est douleur, et je tremble à sa voix.
Chaque matin qui vient, sur ses paupières closes
Je dépose un baiser en prélude à nos joies.
Les roses de la vie ont perdu leurs épines
Car ses mains dévouées en ont ôté le dard.
Qu'il est doux le sentier sur lequel je chemine,
Eclairée par le feu ardent de son regard !
Puissions -nous cheminer tous deux longtemps encore,
Car le temps assassin est là qui nous dévore.
Mais la rose divine est éclose en nos cours
Et malgré les saisons, perdure en sa douceur.
Création
Les feux de Murano brûlent en ma mémoire
Et le verre en fusion balancé doucement
Au bout de ce bâton qui paraît dérisoire
Au talent du souffleur devient enchantement.
Vulcain le dieu du feu, procède à ce miracle
La lune est appelée à convoler aussi
Et le cristal de l'eau, en fabuleux oracle
Prédit une belle ouvre. et il en est ainsi !
L'artiste vénitien transcende la lumière
Qui se plie à la loi de la main et de l'oil
Le joyau resplendit et rythme avec orgueil
L'épanchement du jour à travers les verrières.
Et ce bijou vivant que tu mets à ton cour
Sort comme un talisman, des mains du créateur.
Tout m'est précieux
Tout m'est précieux en toi, tes grandeurs, tes faiblesses
Je contemple ta vie aux yeux de la tendresse
Et brûlent sur l'autel de notre liturgie
Tes regards brasillants comme mille bougies
Je berce ton amour comme on berce un enfant
Tout auprès de mon coeur,il parle doucement
Il emplit mes instants et suffoque mon âme
Comme un nectar puissant, arôme qui m'enflamme.
Il s'enrichit des jours que nous lui consacrons,
Simples moments de vie ou bien exaltations
Epreuves partagées, infortunes vaincues
Tant d'hivers, de printemps que nous avons vécus!
Tout m'est précieux en toi, tes grandeurs, tes faiblesses
Et je t'accueille en moi, au chaud de ma tendresse
Belle passion, élan qui rejoint le divin
Par la magie d'amour, quand se joignent nos mains...
Ton regard m'éblouit
Cet amour impérieux qui m'amena vers toi...
Ton regard m'éblouit, aux lueurs du mystère
La lune se leva, roucoula sur le toit
La colombe d'amour aux ailes passagères.
Les mains de ta tendresse au chaud de mon émoi
Et tes baisers de sel aux larmes de ma chair
Tes cils ont effleuré le velours et la soie
De ton corps a surgi la houle de la mer.
Vers le ciel étoilé ,l'oiseau blanc s'envola
Ses plumes ont neigé aux douceurs de ta peau
Dans la chambre d'amour, au secret de tes bras
Le cri de mon plaisir fusa, si clair, si haut...
Tes mains
Je tends mes mains vers toi, en corolles ouvertes
Tu y déposes alors les plus doux des présents:
Tous ces instants vécus, ces paroles offertes,
Nos joies, nos grands bonheurs, mais aussi nos tourments.
Je tends mes mains vers toi, à mon tour je te donne
Tout mon coeur ébloui qui ne bat que pour toi
Depuis ce premier jour, où telle une madone
J'ai lu dans un regard le serment de ta foi.
Dans nos mains réunies qui déjà se caressent,
Et font passer en nous de subtiles ivresses
Je perçois notre vie, nos ardeurs, nos toujours,
Les heures façonnées au grand vent de l'amour.
Je veux fermer les yeux et te prendre la main
Revenir dans notre île au plus beau des matins,
Fouler le sable gris tout au long de la plage
Devant nous, marchera l'Amour, qui n'a pas d'âge...
Heureuse
Heureuse auprès de toi, sans désir de départ
Ayant trouvé le port au feu de ton regard
Je savoure les jours et adore les nuits
Où ton coeur, près du mien, s'est amarré sans bruit.
Les minutes s'en vont et les heures s'écoulent
Mais je me sens si bien quand me berce la houle
De ce plaisir si fort, de ce plaisir constant
Que j'éprouve à nourrir tous ces doux sentiments.
Comme l'aube au printemps rayonne de fraîcheur
En éclairant les nids où s'éveille l'espoir,
Je veux que notre amour garde sa vive ardeur...
Sa sublime clarté brûlera jusqu'au soir
De nos vies, et viendra effacer toute peur
Quand la mort étendra sur nous son voile noir.
Vénitienne
Sous le pont des Soupirs , j'avais caché mon âme,
L'eau verte de tes yeux la baignait tendrement
Au campanile d'or tintait l'épithalame
Que Venise chantait à nos plaisirs d'amants.
Sur la place Saint-Marc, joyeuse ballerine
Je serrais en mes bras un millier de pigeons
Mais au plus près du cour, faisait un doux plongeon
Un poisson ondoyant, larmes adamantines.
Les feux de Murano chatoyaient en tes yeux
Lorsque, le soir venu, tu posais sur ma couche
Les fleurs de la passion aux pistils amoureux
Et que coulait en moi l'eau douce de ta bouche
Qui trouvait au secret de mon corps embrasé
Les plages du désir, mouillées par tes baisers.
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