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Pleins
et déliés Ton
absence creuse dans ma mémoire Des
lettres capitales Plus
de mots, plus de souffle, juste ton souvenir Plaies
de liens Le
fil de toi est si fragile Sa
soie s’épuise Ton
regard m’emprisonne en son dernier moiré Pâles
cygnes Ils
glissent sur mon lac Fantômes
clairs Entre tes plumes j’aurais dû écrire plus d’amour
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Quelques
soieries, paroles d’ange, Ont
bâillonné mes émois gris. Ton
océan ouvre le pli D’un
sommeil aux rêves étranges. La
brûlure de ton soleil A
éclairci ma nuit troublée : Vivre,
vivre et ne plus penser Qu’aux
étoiles qui appareillent ! Prendre
les collines de terre S’en
barbouiller comme une peau, Devenir
bulle de ruisseau, Faire
couronne du tonnerre. Vivre,
vivre et ne plus penser Qu’aux
étoiles qui appareillent ! Cueillir
le sang au creux des treilles Boire
au nectar de tes baisers. Et
même si tes mots épées N’ont
caressé qu’une chimère J’aurais
vu les amours entières. Ton
regard est éternité.
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Les paupières d’hiver fardées de frais frimas
Saute, saute
Espoir |
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Un fantôme erre en mon château, Mon abri de peau et de pierres. L’antre intime de mon credo Se tord, se tait, me sidère. Son empreinte entrouvre mon huis En découvrant mon âme lige ; Mes sens en rêves interdits Se fondent en un doux un vertige. Il est là, partout, il me suit, Ses ombres pâles me possèdent, Sa chaleur spectrale remplit Les moindres creux que je concède. Dans les plis de ma réticence Il entre à pas de feu follet Et si je n’avoue sa présence, Mon revenant a mes secrets. Je le laisse comme une esquisse, Cet amour aux nimbes de miel, Emplir mon désir de délices, Ma raison de regrets pastel. |
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Ce matin il a neigé Neigé des enfants partout dans la campagne Des flocons de bonnets, des tempêtes de rires Des boules de bambins en pays de cocagne Des cristaux de bonheur capables de confire Dans un sucre de joie les cœurs les plus amers. Ce matin il a neigé Neigé dans les cieux blancs des martinets d’hiver Aux cris si cristallins, à trouer les nuages, Aux plumes acérées de fraîcheurs argentines Qui, sillonnant le plaine de ma trop sage page, Ont bousculé les mots en perles enfantines. Ce matin il a neigé Neigé des étoiles de nez, des bêtises de joues Des rhumes insouciants au fond de lits aimants Des doigts gourds de plaisir, des écharpes de toux Des sirops d’escargots qu’on boit en grimaçant Et des berceuses chaudes des lèvres de maman. Ce matin il a neigé Neigé des souvenirs à la pelle Devant la porte du présent Un bonhomme de neige laisse pousser ses ailes, Des congères de billes m’embrassent en passant. |
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Évasion
Ce
soir, le vent murmure.
Il
respire pour moi tous ses enchantements.
En
glissant ses doigts d’air dedans ma chevelure
Il
tisse des nœuds d’or aux souvenirs d’antan.
Des
mots doux s’enfilant sur ma toison rebelle,
Broderies
de fils clairs en lianes d’années
Qui
s’accrochent au temps, écrasant carrousel
Comme
l’ancre sans crocs du navire échoué.
Il
conte les secrets des terres et des montagnes
Les
légendes des hommes, des fées et des lutins
En
apportant la vie des pays de cocagne
A
tous ceux qui ne sont que rêves pérégrins.
Des
pensées d’évasion aux filaments lumière
Emportées
dans les bras de très sages moulins
Dont
les paroles grains, les saluts crucifères,
Ensemencent
les cœurs d’espoir et de bon pain.
Éole
se mélange aux cheveux d’Ophélie
En
entrelacs de tombe et reflets d’outremer,
Il
souffle sur les eaux et fait voler le lit
De
la nymphe alanguie dans sa couche d’éther.
Pour
qu’aux soirs d’amertume et de froide saison
La
vierge, en passant, nous pleure son destin
Et
caressant nos joues ou frôlant notre front,
Puisse
un peu réchauffer l’or pâle de son sein.
Éphémère
Sur son
fauteuil de tronc, la feuille se dérobe.
Elle défroisse
les plis de ses atours dorés
Et se
mirant dans l’air tout empli de rosée
La voilà
qui se pâme à l’ambre de sa robe.
« Avez-vous
vu, en bas, comment ma mine est belle,
Alors que
tout est mort, comme je resplendis.
La Nature
pour moi à un goût d’infini
Et devant
ma splendeur, m’a choisie éternelle ».
A ces mots
effrontés, le vent fou de novembre
Souffle
sur les jupons un peu trop empourprés
De l’éphémère
dame aux rêves insensés
L’arrachant,
d’un coup d’air, au boisé de sa chambre.
De sa
chute sans fin la feuille est spectatrice
Ne pouvant
croire au bout de ses jours papillon,
Sans voir
que l’avenir se cache en ce bourgeon,
Blotti
dans la chaleur, au creux des cicatrices.
Union
Ce soir ma
belle amie, je n’ai vu que le feu
De tes
yeux voilés d’un éventail trop sage
Dont les
ondes d’azur naviguant en mes cieux
Se sont
mariés à l’eau de mes espoirs mirage.
Lorsque ta
bouche à clef a soufflé son parfum
De trésors
d’horizon agrippés à tes lèvres
Les noces
métissées de mon hiver défunt
Et de ton
doux printemps ont consumé la trêve.
Et quand
ton cœur naissant s'est offert à la danse
En
glissant sous tes peurs de moucharabieh
C’est
l’union du désir de ta tendre cadence
A mon
amour phénix qui a fleuri l’été.
Passe-passe
Faire la
circulation, un métier reposant :
Par ici
les globules chargés de bon air frais.
Par là,
vers le dehors, ceux qui sont pollués.
Juste des
va et vient et quelques battements.
J’aimerais
que mon cœur ne soit qu’un passe-sang.
Mais mon cœur
est aussi un passe-sentiments.
Fermé ou
épanoui, tout dépend du moment.
Parfois il
se déchire, comme page d’un livre
Qui nous a
fait pleurer et qu’on ne veut plus vivre.
Ou alors
il explose tout rempli de l’instant
Où le
corps et le cœur deviennent des amants.
Mais mon cœur
est aussi un passe-sentiments
Aujourd’hui,
il est vide. Son baume l’a quitté.
Il n’est
plus que douleur, le filtre est déchiré.
La maladie
d’un autre a touché son essence.
Il a laissé
le mal dévorer sa substance.
L’illusion
le fait battre, le réel c’est qu’il meurt.
Aujourd’hui
mon cœur n’est qu’un passe-douleur.
La
lumière se fait électrique
Des
couleurs exaltées éclatent dans les reins
De
la nature vierge.
Le
filtre des nuages sculpte un relief plein
Même
aux plus plats destins.
Dans
la lourdeur de l’air
Une
mouche qui siffle
Comme
balle. Début d’hostilités.
L’air
est lourd, enclume des poumons
Le
forgeron céleste en façonne encore une
On
entend les éclairs jaillir d’entre ses mains.
Simple
fétu de paille pliée sur mon lopin
Me
voici hologramme dans ce tableau divin.
En
l’instant, la seconde, c’est le plus que présent
Qui
me fait seule au monde dans l’attente tendue
Du
moment où l’orage s’effondrera dessus
Mon
îlot de fatigue, ma terre de brisure.
Premières
gouttes d’or viennent alors se mêler
A
la mer de ma peau, et leur tiédeur glacée
Refait
vivre mon corps, lave sa lassitude.
Tête
ivre, bouche ouverte, je m’offre
aux caprices,
A
la violence mâle de ce coup de chaleur.
Je
vibre, je renais, la vie recoule en moi,
Ma
tempête de l’âme ne peut pas faire long feu
Contre,
toute puissante, la colère des Dieux.
Arbres
d’océan
Depuis
des siècles.
Mouvement
perpétuel
Contre
statues d’éternité.
Leurs
corps absorbent le vent.
Ils
filtrent les ébats
Les
jours où dans l’amour,
Furieux,
désespérés
L’eau
et l’air s’unissent
En
passion de tempête.
Ils
scrutent l’océan
Et
les hommes.
Leur
front tordu se plisse
Pour
boire l’horizon.
Leur
cou s’est trop penché
Pour
voir les jeunes filles
Inaccessibles
ondines.
Mais
leur désir se rompt
Contre
le sable, à chaque marée.
Ils
les ont tellement voulues
Ces
douces demoiselles
Qu’à
trop les regarder
Le
rose de leur joue
S’est
fondu en leur sein.
Et
quand l’été les prend
Ils
se parent du fard
Qu’ils
ne caresseront que lorsque,
Bien
après, leur feuillage d’ombrelle
Rafraîchira
de vieilles dames dignes
Feues
beautés du printemps.
Car
eux sont toujours là
L’océan
les observe
Ils
scrutent l’océan
Et
les hommes
Et
les bancs des jeunes filles âgées
Qui
ne reviennent plus
Des
bancs vides
Des
bancs d’hiver
Qui
s’appuient sur l’éternité de leur tronc.
L’heure
bleue
La
flèche est décochée.
Elle
se fige en vibrant entre l’ombre et le jour,
Une
flèche pointue du coq des alentours
Annonce
aux diurnes de fin des heures troublées.
C’est
la pointe du clair, c’est la queue de la nuit.
L’éclipse
du matin, majestueuse scène
De
lumière en filets mêlée aux corps d’ébène.
Fine
aiguille du temps où l’œil de l’aube luit
Dans
un éclair bleuté. Et de ses cils dégouttent
Des
perles de fraîcheur ruisselant de rosée
Que
boivent les étoiles aux rayons éreintés.
Puis
elles replongeront dans leur sofa de voûte
Et
laisseront la place au carrosse éclatant
Du
prince aux cent chevaux dont les flammes crinières
Lècheront
le chant pur des oiseaux aurifères.
Leur
aile de ramage éveillera, charmant,
D’une
plume enchantée la nature princesse
La
belle aux bois dormants qui attend le baiser
De
l’aurore timide aux yeux encore ombrés
Mon
il est explorateur
D’un
continent qui se croyait perdu
Fendu
par la lame de conquistadors barbares
Son
miel a ravivé la flamme du volcan écorché
Au
printemps de ce monde, il sème le sol
De
graines de tendresse
Abdication
du cœur
Mon
il est paysan
D’une
terre aride, sauvage, cruelle
Patiemment,
laissant passer l’orage
Labourant
les angoisses, son soc a travaillé
A
l’été de ce monde, il récolte la fleur érotique
Qui
ne se savait pas exister
Abdication
des sens
Mon
il est architecte
D’un
château de sable
S’écroulant
à l’assaut vague des larmes
L’indulgence
de ses doigts repose chaque grain
A
l’automne de ce monde, il construit un palais
D’inespérées
merveilles
Abdication
de l’âme
Mon
il est mon rivage
Mon
continent, ma terre, mon palais
Il
poudre l’univers de sa douceur musquée
De
son amour béton contre vents et marées
A
l’hiver de ce monde, il aime
D’un
amour simple et beau
Abdication
de vie
Esclave
blanche
L’esclave
blanche a le cœur noir,
Cœur noir
de suie, de désespoir.
Suie du
regard des yeux lubriques
Qui se
reflètent en têtes obliques
Dans sa
vitrine de bazar
Dans son
miroir un peu hagard.
Désespoir
océan d’années
Dix-sept
printemps déjà noyés.
Larmes de
sang des ventres lourds
Frappant
en elle comme tambours.
Larmes de
rage des bouches grasses
Papillonnant
sur la rosace
De son
corps d’ange perdu
De ses lèvres
d’enfant déchu.
Les coups
de fouets de ses galères
Ont lacéré
ses jeux de verre.
Les
passants voyeurs n’ont rien vu
Bandeaux
sur âme de vertu.
Alors sur
le trottoir lac,
Jetée
comme chat en un sac,
L’esclave
blanche a le cœur noir,
Cœur de
suie, cœur de désespoir.
Souvenirs
Le miel du
temps passé coule à flot en ma bouche ;
Les éclats
d’enfants clairs tissent des tabliers
A carreaux
blancs et bleus, pavage aux ans farouches.
Je
m’arrache au présent titubant sous mes pieds.
Mon corps
se souvient des tartines épaisses
Des bols
gras matinaux énormes et fumants
Dont les
volutes rêve étaient blanches promesses
Nous
remplissant le ventre et l’âme tout autant.
Grésillait
nos journées de moineaux batailleurs.
Elle
jetait ses chansons, ses jeux de ménagères
Ensemençant
juillet de musique couleur.
Dans la
bassine cuivre aux reflets qui flamboient
Nous
mangions les étés collés de confiture
Comme
soleil couchant sur le bout de nos doigts,
Nos rires
étoilés de petits points de mûres.
Nous étions
chevaliers d’herbes hautes –châteaux,
Combattant
les moutons comme dragons féroces
Armés
d’une brindille ongles noirs au pommeau,
Tours de
foin défendues par nos plaies et nos bosses.
Pour se
gonfler en fleuve allant jusqu’à la mer,
Des
coquilles de noix devenaient nos flottilles
Les gâteaux
du goûter sonnant fin de ces guerres.
A boire
cet élixir de rêves et de rires
Nous, tout
petits ailleurs, poussions comme géants
Tailladant
d’un seul poing les monstres d’avenir
Cachant
dans les replis nos peurs et nos tourments.
Mais si
nous avions su que passe le passé
Nous
aurions rêvé plus et joué davantage
Souvenir
pointilliste et cœur en pointillés
Tissant des fils de soie à l’accroc de nos âges.
Vagues
Les vagues
en délire
Accrochent
les nuages de doigts incendiés.
L’espace
se rétracte entre flammes écume
Sous le déchaînement
de la bête affamée.
Les
spasmes de son corps endiamanté enfument
Sa tanière
de roc comme un chaudron brûlé,
Débordé,
bouillonnant sous l’animal qui hume
Le navire
insolent qui sera sacrifié.
La mer a
le mal d’elle-même
Sa fureur
rouge l’effraie.
Les vagues
en soupir
Bercent de
leurs rondeurs les plages alanguies
Éphémères baisers s’offrant à chaque grain,
Interstices
d’amour remplissant l’infini.
Ces
liquides ébats d’eau et de terre en lien
Étourdissent le sable en plaisir friselis
Parcourant
l’or des peaux de voiles aériens,
Caressant
les nuées de plaintes clapotis.
La mer se
désire elle-même
Son amour
blanc lui plaît.
Les vagues
en dormir
Enivrées
de soleil sur la page empourprée
Couchent
leurs bras de pieuvre et leurs jambes d’épaves.
Les
ultimes rayons se jettent en bouquet
Sur les
draps de satin que l’horizon enclave.
Des écailles
de feu, étincelles moirées,
Agonisent
l’éclat que déjà l’ombre lave.
Une
douceur marine embaume la soirée.
La mer se
replie d’elle-même
Un sommeil
noir la tait.
Parenthèse
Jours
coulant à l’envers du monde
Dans une
folie rouge, dans un abandon blanc
Dans leurs
matins exsangues et leurs nuits furibondes
Plus rien
n’est comme avant.
Rouge
torrent crachant de sa bouche ogresque
Des litres
de chansons qui consument les peurs,
Temple de
taureaux sacrifiés en tueries arabesques
Peuple
crachant un soleil pourpre en pleurs.
Dans la
Messe du vin, dans l’oraison du sang
Les hommes
à genoux prieront pour leur salut
De pêcheurs
enivrés en transe de l’instant
Brisant la
carapace d’une douleur tortue.
Leur vie
courbe éclairée aux fantômes d’alcool
Dans les
vapeurs d’oubli qui effacent les tâches
Se
pareront d’ivresse comme d’une auréole.
Puis un
matin pâteux les instincts en relâche
Reprendront
le train terne et gris du quotidien.
Les
confettis salis, les trottoirs en nausée,
Boiront
l’artificiel d’un karcher diluvien
Pour se
fondre aux eaux troubles des fausses libertés.
Jours
coulant dans le sens du monde
Dans une
apathie rouge, dans un souvenir blanc
Dans leur
soleil d’usine, leur soirée moribonde
Tout
revient comme avant.
Coup de coeur un jour de neige
Oui nous marchons sur la tête avec de la neige au sud !
Les nuages de terre ont neigé à pierre fendre
Des flocons de magie dans le ciel de travers
Je marche sur la tête et n'oublie pas de prendre
Un parasol d'hiver avec mes pieds en l'air ...
Compteur Johale :
Compteur général :
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