Au
voleur !
La
poésie ne se vend pas,
Disent les bien-pensants.
Elle n'appartient pas,
Elle s'offre ou se reprend.
Poète,
tu caresses des merveilles,
Et t'en nourris l'esprit.
Sur ton visage, le soleil
Peint un rayon d'or et de vie.
La
poésie ne se vend pas,
Disent les gens bien au courant.
Ne se marchandent ici-bas,
Que les armes, les larmes et le sang.
Alors
poète, tends la main
Dans la rue des commerçants
Pour une obole, un bout de pain,
Et, sois reconnaissant!
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Rocaille Le
soleil se rit
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Rencontre
Au
coin de la rue
Des animaux dénaturés
Je croisai un être perdu
Ne manquant point d’humanité
Nous
souffrîmes, complices
Quelques anciens supplices
Souvenirs d’une Histoire
Aux heurts sans gloire
Nous
partageâmes, finesse
D’amicales caresses
Et espérâmes en un sourire
L’esquisse d’un avenir
Mais,
nous fûmes censurés
Par deux gardes assermentés
Qui ramenèrent mon gibbon
Au zoo Maurice Papon
Fête
à fête
Fêtes
après fêtes, s'annonce un tête à tête,
Les gens disparaissent sans cesse.
Les maux de tête
Les maux de dent
Les parents
Les enfants.
Fêtes après fêtes, s'annonce la défaite,
Le temps passe, les gens trépassent.
Des ulcères aux cancers
Le foie, le Sida
Les voitures
La luxure.
Fêtes après fêtes, tout ceci m'inquiète,
Mais s'il le faut, je continuerai seul…
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Jouissance
Des millions d'intersections s'agitent devant moi. |
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Un square noir
Dans
un square sans enfant,
Tombent les toboggans
Assis
sur un banc rouillé,
Mes yeux fixent mes souliers.
Dans la brise du soir,
J'imagine voler les balançoires.
Des
femmes ivres délirent,
Des hommes prévoient le pire.
Seul, j'observe ce grand cinéma
Des nuits Champagne et Vodka.
Je
pense à celle qui, voilà longtemps,
Sur une bouteille a versé son sang.
Elle m'a laissé mes regrets,
Mon désespoir et la mort à aimer.
Dans
un square désertique,
Claquent les portiques.
Sevrage
Allongé sur un lit inconnu,
Dans une chambre d'hôtel aux murs nus,
Mes yeux fixent une ampoule éclatante
D'images diaphanes irradiantes,
Mon bras droit tendu vers le plafond,
Ma main enserrant le court canon,
Mon pouce crispé sur le chien métallique,
Prêt à bander l'arme fatidique
Qui dissoudra les heurts d'une vie
Non encore définie.
Je
me tords de douleur
Pour dessiner une ébauche de bonheur,
Trahissant mes années pécheresses
Sans un espoir de jeunesse
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Epona Amazone
à corne d’abondance, Égarée
dans les labyrinthes du temps, Mère
nourricière, Fée
miraculeuse, |
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Incendie criminel
Eté
incendiaire, la garrigue n’est que fumée
Un
peu plus disparaît le vert de nos contrées
Un
vent absinthe balaie les arbres calcinés
Des
vies tortueuses mal esquissées
J’ai
peur des yeux, j’ai peur du cœur
A
35 ans, ma vie n’est que bonheur
A
m’éblouir, petite fille
A
m’estourbir, petite esquille
Si
âgé pour tes six mois
Je
serai toujours plus mort que toi
Alors
à mon heure anniversaire
Je
soigne mes primevères
J’encense
les incendies criminels
Recherche
des flambées passionnelles
Inlassable,
je pourchasse jusqu’au deuil
L’arbre
nourricier des planches de mon cercueil
Les
fils
Dorment les cervelles lessivées,
Rincées, essorées.
Petits
cerveaux repus
D'eaux douces,
De savons et de mousses.
Sur
des fils colorés,
Tressautent dans le vent
Ces circonvolutions de néant.
Chairs
atrophiées,
Muscles de laine,
Aux couleurs porcelaine.
Sur
ces fils médiatiques,
Meurent l'intelligence,
L'inné et l'expérience.
Paysages
pathétiques
D'une humanité décatie
Sur des fils infinis
L’évadé
"Je suis libre, libre!"
S'écria-t-il, déchirant les barreaux de sa cage.
"Libre, libre!!!"
Expectorant toute sa rage.
"Je vais aimer le Monde Entier!"
Annonça-t-il, haranguant le vent.
"Le Monde Entier!!!"
Occultant son passé malfaisant.
Une balle d'acier trempé sectionna son aorte
A son enterrement, il n'y eut point d'escorte
Mais son cadavre tout sourire
Distillait une liberté à n'en plus finir
.
Résurrection
Un ange est passé
Les dieux sont tombés sur le cul
Le Monde a explosé
Et personne n'a rien vu
Deux anges se sont alliés
Les dieux n'ont rien compris
Les hommes s'en sont allés
Et la Terre reprend vie
Compteur Xavier Le Floch :
Compteur général :