| Amour cassonade | Il faudrait dire ... | ||
| Rêve perdu | |||
| La robe blanche | |||
| En rose et Bleu | Le Rumeur |
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| Les Gaz | Gros Jean comme devant |
L'arbre à
cames
L'arbre volait, imperturbable
Dans un ciel de nuages gris,
Roses et bleus,
Couleurs aimables
Qui dérident les plus aigris
Point d'oiseaux
Donc point de ramages
En ses branchages
Et rameaux
Mais déjà un travail sauvage
Oeuvrait , aux hospices
De l'eau
Mailles sanglantes des racines
Enserrant cames en saillies
Avides de la belle ouvrage
Qui maintenait notre arbre en vie
Et que je tourne et que je tranche
Que j'articule les débris
Que je maintienne la cadence
Aussi bien le jour que la nuit
Cames huilées en permanence
Poursuivaient leur danse suivie
Pour que de sève en abondance
L'arbre se retrouve assouvi !
Vous me lassez !
Vous me lassez Monsieur, avec vos jérémiades
Vous étiez autrefois un passeur de pommade
Et vous me louangiez, lorsque j'étais jolie,
Mais ce temps-là, goujat, pour vous est bien fini !
Vous trouvez mes bouillons clairets et insipides
Mes rôts fades et durs, et votre oeil trop limpide
Ne me caresse plus d'un air concupiscent
Comme aux charmants repas du temps de nos printemps !
De vous je suis lassée , je vous donne congé
Mes larmes vont sécher, par mes soins épongées
Quant à vous, chevalier à la triste figure:
Déguerpissez, si vous n'aimez mes confitures !
Ronde et fessue
Ronde et fessue
Ferme et dodue
La tomate au jardin s'éclate,
Se faisant pour nous acrobate
Sur des piquets d'entraînement
Où elle s'accroche hardiment .
Le soleil lui fait les joues rouges :
A midi, quand plus rien ne bouge,
A l'ardeur des rayons brûlants
Elle s'offre complaisamment
La voici pimpante et candide
Luisant sous la chaleur torride
Telle un cadeau du Paradis
Sous l'oeil ébaubi des radis
Jamais rien ne la décourage
Elle brave même l'orage
Et s'enorgueillit des grêlons
Qui lui ont laissé quelques gnons !
Quand une main enfin la cueille
Croyez-vous qu'elle nous en veuille ?
Elle réclame le couteau
Et donne sa chair en cadeau
A notre appétit qui réclame
Et qu'elle satisfait, pauvre âme !
On l'oint d'huile, on la ravigote
Avec de l'ail, de l'échalote
Le sacrifice est accompli
Sans autel, cierges ni surplis !
(Hommage à la pomme d'amour)
A son corps défendant
Le cour fendu en deux
Et le corps en détresse,
La voici devant nous
Quémandant la tendresse.
La vie, on le conçoit,
Ne l'a point épargnée
Et ses nombreux pépins
Peuvent en témoigner !
Il coule de ses plaies
Une sève éloquente
Quand sa chair ingénue
S'ouvre à nous, pantelante,
Mais nous resterons sourds
A tous ses arguments
Et nous la croquerons,
A son corps défendant !
(Hommage à la pomme d'amour)
Naissance d'une rose
Mettez dans une goutte d'eau
La tendre fraîcheur d'une aurore .
Saupoudrez de poudre de soie,
Versez des souffles de tendresse
Au cour de gaze qui s'enroule
En volutes ponctuées d'or .
Déroulez d'intimes fragrances
En écharpes d'oscillations
Et vous verrez,
Sous le soleil qui se balance
Surgir la fleur en émotion .
En hommage au tableau de Kasia visible ici :
http://lespoetes.net/galeriemagique/picture.php?cat=34&image_id=590
Prière
La démence du ciel veut châtier les hommes,
L'horizon se fait noir sous le splendide dôme
Zébré par les éclairs qui mitraillent les nues .
Grondements répétés, par l'écho retenus,
D'une voix de stentor exprimant la colère
Voici les roulements terribles du tonnerre
Et ses imprécations par la voûte amplifiées
Résonnent jusqu'au cour des enfants terrifiés .
La pluie cingle le sol et grossit les rivières,
L'homme supplie les cieux à son heure dernière
Aux fureurs du brasier qui foudroie son abri,
Il se jette à genoux et le voilà qui prie !
Tant de beauté
La blonde chevelure ondoyante
S'anime au soleil de la rive
Le vent passe et froisse les feuilles
Tendres cheveux
Ophélie ou bien Lorelei
Réincarnée ?
Dérivent les eaux
Scintille l'onde
Au reflet des secrets enfouis
Ô la douceur poignante
De cet instant qui passe
Et ne reviendra plus !
Ce fruit malappris
Le fruit d'Églantine
Est Cynorrhodon
Ah ! Monsieur, je n'ose
Décliner son nom !
Sa mère si belle
Et ses joues rosées,
Lui, le fils rebelle
Aux gestes osés .
Elle, sous l'ombrelle
Des feuilles posée,
Lui qui vitupère
Les joues enflammées
Églantine espère
Qu'il va se calmer
Se calmer ? Bernique !
Il est endiablé .
Une vraie bourrique,
(Quel affreux garçon !)
Il lorgne les fesses
D'un air polisson .
Oserai-je dire
Qu'on le nomme aussi
D'un mot fort obscène
Qui le met en scène
D'odieuse façon ?
Que l'on me pardonne
Ce mot incongru,
Le fils d'Églantine
Est un gratte-cul !
Orage
Faut-il encor des cieux implorer la clémence ?
Ô bergère du ciel rentre tes blancs moutons
Les arbres sont si noirs, témoins de la violence
Que le tonnerre fou jette comme un brandon !
« Orage » hurle le vent qui mène la cadence,
« Eclairs » dit l'horizon sous un déluge bleu
« Tonnerre » dit l'écho ivre de remontrances
Envers cette nature osant un double-jeu .
Et l'homme épouvanté, tapi dans la caverne
Où l'averse glacée a renversé le feu,
Auprès de ses enfants que la tempête cerne
Tremble dans sa fourrure en se cachant les yeux.
Poème en hommage au tableau de Lucie: "Orage" visible ici:
http://lespoetes.net/galeriemagique/picture.php?cat=34&image_id=584
Poursuite
Un lac bleu dont l'oeil pur reflète
En son miroir l'azur d'été
Bleue, la robe de la fillette
Qui lève au ciel un blanc filet.
Poursuite de ces proies fragiles
Qui volettent au gré du vent
Anneaux de soleil si mobiles
Douces antennes palpitant !
Jolis papillons en mouvance
Par la cruauté des enfants
Au pré de ces fleurs qui balancent
Vos corps délicats et vibrants !
En hommage au tableau d'Arlette Paradis visible ici :
http://lespoetes.net/galeriemagique/picture.php?cat=34&image_id=588
Jours de fiel
Assez, assez de sang aux murs de l'innocence !
Dans un ciel d'ipomée le fracas des obus
Ces armées commandées par des hommes obtus
Les rêves piétinés aux sentiers de l'enfance
Assez, assez de pleurs aux nuits des fiancées
Dont l'avenir se meurt en larmes purulentes
L'aube jadis nacrée a des couleurs sanglantes
Où sont les jours de liesse aux tambours cadencés ?
Il n'y a que du fiel dans les bouches amères
Et les yeux sont éteints
Le corps déchiqueté, la colombe est exsangues
Et son âme se plaint
Où sont les jours de miel et ces plages de rêve
Où scintillait la mer ?
Ce puits
Ce puits sans fin
Où s'abreuvent nos peines,
Enraciné dans les boues du passé
Pierre après pierre, jour après jour
Il nous faut le démanteler .
Regarder sans cesse en arrière
Si souvent nous fait trébucher
Il faut marcher dans la lumière
Du temps qui nous est accordé !
Sous les ravenalas
Ô Muse, assez rêvé
J'ai trop écrivassé
Écartelant le verbe
Et chassant le phonème
Il est bien temps, vois-tu
Oui, bien temps que l'on aime !
Allons muser ma mie
Sous les ravenalas
Dont les tiges dressées
Me rappellent tes tresses
Le gazon est si doux
Ma charmante maîtresse
A l'ombre de ses palmes
Où je pourrai délier
Tes tresses
Et boire le nectar
A ta bouche traîtresse !
Sous les ravenalas
Nous chercherons les perles
Échappées du logis
Des graines épandues
Et de colliers sans fin
Aux couleurs de turquoise
Je pourrai souligner
La courbe de tes reins,
Sournoise !
(Les souvenirs d'Octave)
Ravénala : plante de Madagascar voisine du bananier (famille des
musacées)
Lacrima Christi
A la messe du vin je veux te convier :
Sous les voûtes fraîches et obscures,
Dans la pénombre où seule filtre
La lumière dorée d'un soupirail,
Nous cheminerons doucement
En un silence de chapelle,
Ecoutant monter du fond des cuves
Le sublime Hosanna du vin .
Et dans le cristal d'un verre
Nous goûterons, recueillis,
Une larme du Christ
Ce vin italien porte un nom bien singulier. La légende précise
d´ailleurs que chaque année, se forme dans la cuve une larme,
rappelant ainsi au viticulteur la gloire qui l´attend au paradis.
Le Lacrima Christi ´Larme du Christ´ est avant tout un vin blanc
issu des cépages Greco et Fiano. La vigne pousse sur des terroirs à
dominante volcanique. L´appellation comprend également quelques vins
rouges, rosés, et liquoreux. L´appellation se trouve dans la
province de Parme, sur des vignobles aux flancs du Vésuve.
Poème écrit en hommage au tableau de Maïté Segat visible ici:
http://lespoetes.net/galeriemagique/picture.php?cat=34&image_id=599
Et la rose, toujours.
Et la rose, la rose, et encore et toujours,
Qu'elle soit de satin, de somptueux velours,
Étamines tendues qui couronnent en grâce
La robe juponnée qu'un papillon déplace,
Qu'un léger vent retrousse au détour d'une allée
Alors que, trop lassée d'une chaude journée
Elle fléchit un peu sur sa tige, et s'endort
Aux lueurs d'un couchant prodigue de ses ors.
Quand la soir la ranime aux baisers du serein
Sa grâce se déploie, son charme est souverain.
Elle envoûte nos nuits, lorsque, tel un encens
Nous viennent ses senteurs au charme évanescent .
Haletants
Notre place
Sur la Terre
Est petite,
Assurément .
Nous avons
Bien du mérite
A nous agiter
Autant !
Et nous courons :
Vite, vite,
Il faut rattraper
Le Temps !
Croyez-vous
Qu'il nous précède ?
Vous vous leurrez
Braves gens.
Nous courons
A notre perte
A ce rythme
Haletant,
Car c'est lui
Qui nous talonne
Jusqu'à nos derniers moments.
AH ! LE TEMPS !
Que la rose soit !
« Et que la rose soit »
Dit-il.
Et de soie fut la rose
En robe purpurine
Et de chair , et de sang
Et son parfum violent
Fit frémir la narine
Et trembler de désir
La main du TOUT-PUISSANT !
Rêve perdu
Je le croyais perdu
Ce rêve d'une rose
A nulle autre pareille
Au parfum soutenu
Il surgissait parfois
Ce rêve d'une rose
Quand la vie était grise
A mon cour éperdu
Il gommait la laideur
De la rue sous l'averse
La crasse des pavés
Et la lèpre des murs
Il effaçait les cris
La laideur de la guerre
Et l'horreur continue
Il berçait mes terreurs
Ce rêve d'une rose
Et consolait mes nuits
Et je voyais parfois
Sous mes paupières closes
Apparaître à minuit
Cendrillon de satin
A la jupe en corolle
Au petit pied mutin
MA ROSE merveilleuse
A la beauté enclose
Et qui prenait ma main.
Les évènements actuels réveillent pour moi les souffrances du passé.
Je pense à tous ces enfants innocents soumis aux horreurs de la
guerre.
Que refleurissent un jour pour eux les roses du bonheur!
Supplique au Printemps boudeur
Printemps fêtard qui pétarade
Et envoie l'hiver au placard
Où donc es-tu ?
Bien en retard
Tu te lèves d'un air maussade
En habit gris de promenade
Et les soubresauts de l'hiver
Ses incartades
Te laissent coi !
Es-tu malade ?
Tu laisses pendus au vestiaire
Tes pourpoints légers qui ondoient
Décidément tu me déçois
Tu restes sur ton quant à soi
Et je déplore tes manières
Sors donc vite de ta tanière
Et enfile tes bas de soie
Retenus par des jarretelles
De bon aloi !
Mets des fleurs à nos boutonnières
Cours qui festoient
Et la lumière sur les toits !
Les Mots
Laisser venir les idées à soi
Prétendre qu'elles sont vôtres
Les coucher sur la page
Comme on couche une belle fille
Sur la paille, le cœur battant…
Battre le fer pendant qu'il est chaud
Ils s'envolent si vite, l
Les mots !
S'enfoncer peu à peu
Dans leur lacis épais
Pousser les branches mortes
Avancer au vif du sujet
Creuser l'écorce s'il le faut
Avec le côté tranchant
De la plume ou du crayon
Faire couler la sève ,
Gemmeur précautionneux
A la limite du vertige
Humer l'essence
S'en imprégner
Se laisser enfin dériver…
Jusqu'à l'ivresse
Les mots sont gouttes...
Les mots sont gouttes d’encre déposées sur papier
Telle l’aube qui pose ses perles de rosées
Pour venir embellir la journée qui commence
Et résonner en nous tout comme une romance
Amour cassonade
Amour cassonade
Jolis grains dorés
Sous ta langue rose
A sucer
Amour cassonade
Cristaux sensuels
Dispersés
Sur ta peau de miel
Amour cassonade
Doux ongles laqués
Je suce tes doigts
Sucrés
Amour cassonade
Je n'ai jamais trop
De tes sirops
De pavot
Amour cassonade
Et noir chocolat
Dont je ne suis
Jamais las !
Amour cassonade
Mon corps se languit
De guimauve
Au patchouli !
Amour cassonade
Tendres sucreries
Que nous dégustons
Au lit !
Amour cassonade
Tant et tant de jours …
Qui dit que s'use
L'amour ?
Il
faudrait dire…
Mais il faudrait dire
Le bruissement bleu du vent
Dans les branches
Le lacis noir et charnu
Des rameaux qui soupirent
Sous la main légère
Il faudrait dire aussi
La valse du soleil
Et de l'ombre
Unis, de l'aube
Au couchant.
Mais, silence :
Un oiseau blanc
Jaillit de l'arbre
Et s'envole
Trait d'union éternel
Entre la Terre et le Ciel !
Poème dédié au tableau de Chris
Laure "Envol"
Visible in : Galerie magique
Du site lespoetes.net
Accident
L'autre jour, j'ai perdu ma tête
Dans les escaliers
Elle a rebondi, rebondi
Sur les marches en faisant
Un bruit sourd
J'ai eu peur que ce bruit
Alerte la concierge
Mais non ,
Tête basse
Elle était occupée
A laver le vestibule
Et j'ai pu passer incognito !
D'ailleurs, même si
Elle s'était retournée
Elle n'aurait même pas pu
Me reconnaître
Puisque je n'avais pas de tête !
J'ai donc suivi ma tête
Dans la rue
Que pouvais-je faire d'autre
Sinon la suivre ?
J'avais la tête un peu perdue
Car cette situation bizarre
Me perturbait : on le conçoit
Mais je n'ai pas perdu la tête
Pour autant !
J'ai réussi à la suivre
Et au bout de quelques heures de promenade
Je ne me prenais plus la tête,
Non : j'avais seulement la tête un peu vide
Par moment, comme
Une sensation de manque
Bien sûr, ma tête roulait
Devant moi
N'en faisant qu'à sa tête
Sans que je puisse la rattraper
Mais je m'entêtais toujours à la suivre
Tout en lui lançant des invectives
A tue-tête :
Allons ne fais pas ta tête de cochon
Reviens !
Mais elle me faisait la tête
Et je craignais tant
Qu'elle ne revienne plus
Que je contenais mon irritation
Avec cependant une folle envie
De lui faire une tête au carré !
Mes pieds commençaient
D'ailleurs à protester
De cette course saugrenue
Après ma tête
Mais je me suis entêtée
Et , comme nous passions
Devant la Tête de l'Art
J'ai proposé à ma tête
De s'arrêter pour déjeuner !
Et devant une alléchante
Tête de veau à la vinaigrette
Ma tête a bien voulu
Considérer qu'elle serait mieux
Décidément, sur mes épaules
(Elle a la tête solide, ma tête !)
Et nous avons sereinement
Terminé le repas
En tête à tête !
Abécédaire Sylvestre
Abattus et brisés, avez-vous vu les arbres?
Béante est la forêt, et ses fastes perdus!
C'est le vent déchaîné qui les a tous détruits!
Démon impétueux, créature macabre
Et qui souffla , rageur tout au long de la nuit!
Frênes de nos forêts, qu'êtes -vous devenus,
Géants aux bras lancés en ultimes prières
Hêtres dont les oiseaux s'élançaient vers les nues
Ivres de liberté et de joie printanière
J'ai vu autour de moi s'inscrire le désastre:
Kermès déchiquetés aux feuilles torturées
Lançant leur désespoir vers les tristes nuées
Mélèzes chancelants ou effondrés à terre
Noyers déjà mourants! Et des larmes amères
Ont coulé de mes yeux contemplant la forêt
Privée de sa beauté, comme déshonorée!
Quel sort, quel sort cruel s'est acharné sur nous
Reverrons-nous un jour ces arbres relevés
Saurons-nous protéger la forêt des désastres
Terrible est la nature en ses emportements
Une nuit peut suffire à ôter de la terre
Vingt années de labeur. O sublimes palmiers
Washingtonias radieux ondulant sous le vent
Ximenias qui ornaient les serres des savants
Yuccas majestueux et qui poussaient en nombre
Zizyphe radieux, je pleure sur vos ombres!
Le temps festoie
Le temps festoie sur mes blessures
Le cour à vif
Le corps à Sang
Les chiens noirs de ma solitude
Hurlent toujours
Dogues sanglants
Je vois leurs lèvres qui écument
Je serre en vain
Mon cour tremblant
Entre mes bras .
Tant d'amertume
Et jamais de soleil levant
Les cris
La soif
Les hurlements
Et ce sang qui suinte
Sans fin
De mes blessures !
Il pleut tout doucement
Il pleut tout doucement sur le gazon bien vert
L'escargot, quant à lui, reste toujours couvert
Mais la limace luit sous les gouttes friponnes
Qui clapotent gaiement et d'argent la couronnent!
Le lézard est tapi sous les tuiles du toit
Il attend le soleil, mais il ne le voit pas
Un fin rideau tout gris enveloppe les nues
Et le lézard frissonne , et il se sent tout nu !
Dans le terreau bien doux, le ver blanc se fabrique
Une coque marron d'où sortira, magique
Le cétoine doré, qui luira , sans égal
Sur la rose joufflue dont il fait son régal !
Il pleut tout doucement sur le jardin ravi
Et les oiseaux patients, attendent, dans leurs nids
Ils ont de petits becs et de petites plumes
Et leur maman, pour eux, craint trop qu'ils ne s'enrhument.
Alors, ils restent là, au chaud, dans le duvet
Mais on entend souvent leurs petits cris discrets
Et la pluie qui descend du ciel se fait très douce
Pour ne pas détremper les jolis nids de mousse !
Belles dames
Elles étaient, les belles dames
Très guindées dans leurs fins atours
Robes longues, corsets, les femmes
Cachaient leur corps, la nuit, le jour.
Avant qu'une belle se pâme
On lui faisait longtemps la cour
Et les regards brûlaient son âme
Plus sûrement que beaux discours.
Elles ne savaient de la chose
Que quelques mots peu rassurants
Dits par une mère qui n'ose
Troubler l'âme de son enfant.
Et quand au soir du mariage
Leur chaste corps était forcé ,
A jamais se froissait la page
De l'amour que l'on outrageait !
Violi Viola
Violi Viola chantait la pastourelle
Quand au pâtis se serraient ses moutons,
Violi, Viola, et nul besoin d'ombrelle
Pour épargner la blancheur de son front .
Sous la fraîcheur du petit bois de chênes
Elle trouvait couchette à sa façon ,
Otant jupon et caraco sans gêne
Seulette ici, et bien loin des garçons .
Mousse fleurie, moelleuse fougère
Pour oreiller, et l'ombre pour berceau .
La brise amie soufflait l'odeur légère
Du chèvrefeuille enroulé en arceaux.
Quand le sommeil prenait la pastourelle
Bras étendus, comme dort un enfant ,
Sur son cou blanc venait la coccinelle
Brillant ainsi qu'une goutte de sang .
Violi Viola, dans le pré, les violettes
Tremblaient un peu de peur des moutons blancs ,
Et se trouvaient de bien jolies cachettes
Pour échapper au long troupeau bêlant .
Violi, Viola, prends garde, pastourelle ,
Un vagabond passe sur le chemin !
Va t-il froisser ton cou de tourterelle
Et t'empoigner de ses robustes mains ?
Le va-nu-pieds voit l'enfant qui sommeille
Et cherche un peu dans le creux d'un buisson ,
Pour lui offrir sans qu'elle ne s'éveille
Un frais bouquet , violettes de saison !
Couleurs jardin
Mon jardin étincelle aux couleurs du beau temps !
Les céanothes bleus ruissellent en cascade
Le long des escaliers où part en promenade
L'abeille au corset d'or sous le soleil vibrant
La cerise au verger met sa robe luisante
Qui brille sous la feuille et attire les mains
De joyeuses volées de petits galopins
Dont la bouche empourprée rit de façon plaisante !
Le ciel est d'un bleu vif avec quelques nuages
Blancs et crémeux à souhait, poursuivis par le vent.
Les chênes sont parés d'un vert vibrionnant
Où l'oiseau radieux se gausse de nos cages.
Le long de l'appentis, le vieux rosier grimpant
Éclabousse de sang le mur gris et sévère
La rose s'éblouit d'une vive lumière
Pareille à ces joyaux que l'on voit au couchant.
Cascade de douceur en rose de tendresse
La pergola subit le charme envahissant
Des pétunias, émus des baisers frémissants
De soyeux papillons avides de caresses
L'éclair d'un merle noir passe sur le gazon
L'air pétille et s'emplit de limpides chansons
Des messagers ailés de la joie printanière
A l'oreille ravie de l'humble jardinière.
Virginales Violettes
Virginales Violettes
Volutes de soie Vivantes
Dès le réVeil du Printemps
Vous ViVez de presque rien
D'une goutte Vacillante
Sous le Vent léger d'aVril
Vos bouquets de fleurs serrées
Ornaient le reVers des robes
En gage d'amour ViVace.
EVanescente senteur
Sur le beau sein Velouté
Dont il Volait la chaleur !
Lorsque reVenu du bal
Il retrouVait dans l'eau fraîche
Son beau maintien Virginal
Il épandait dans l'alcôVe
Une rêVeuse senteur.
"Tu feras acheter vendredi un bouquet de violettes,
pour que cela sente bon dans le salon"
Frédéric Chopin de Londres
à W. Grzymala, son meilleur ami (21 novembre 1848)
Naufrage
L'épave s'échoua au sable désolé
En semant les lambeaux de la désespérance.
Emportés par le flot en folle transhumance,
Les débris du bateau vinrent s'amonceler.
Les mouettes fuyaient au bord d'un ciel voilé
En mutilant l'espoir de leurs cris de souffrance
Enlacés par les eaux écumant à outrance
Les cadavres gonflés purent se dévoiler
Il nous sembla que Dieu pour maudire cette île
Illuminait d'un feu l'aire jadis tranquille
Mais qu'un vent délétère empestait à jamais
O Seigneur, toi qui déchaînas ces tristes eaux
Aux morts, aux pauvres morts, enlève leur fardeau :
Mets donc en Paradis leur âme, s'il te plaît !
La chaleur des épices
Elle avait des cuisses douces
Qui fleuraient bon la marée
Un joli parfum de rousse
Embaumait sa peau salée
Ses yeux couleur d'algues vertes
Où flottaient de lourds désirs
M'incitaient aux découvertes
A la source des plaisirs
J'ai navigué tant et tant
Lui offrant mes bons offices
Que je connais maintenant
La chaleur de ses épices
Du cumin au coriandre
Dont se parfumaient ses reins
Du carvi aux graines tendres
Que je mangeais dans ses mains
Je vous tairai les brûlures
Du poivre et certains piments
Il y avait, je vous le jure
De quoi devenir dément !
Le curcuma teinté d'ambre
Illuminait bien des nuits
Et saupoudrait notre chambre
Des lueurs du paradis
Au cours de ces longs voyages
Où paprika et safran
Mettaient des notes sauvages
Nous nous découvrions amants
Emus du pouvoir magique
De nos désirs confondus
Cinglant vers les Amériques
Aventuriers éperdus…
La rose
La rose de mon cour
A subi l'infamie
Elle saigne depuis ,
Et sur l'arbre de vie
L'écorce est tant rougie
Qu'on ne pourra jamais
Essuyer sa douleur
Qu'est-il de plus affreux
Que cette rose en pleurs
Qui n'a connu du jour
Que d'horribles blessures
Et qui depuis, cloîtrée,
Refuse l'aventure
Elle s'abreuve au soir
De gouttes de lumière
Qui coulent lentement
Vers ce cour affamé
Et la rose murmure
En ultime prière
Qu'elle voudrait mourir.
Mais qui pourra l'aider ?
Poème écrit en hommage au tableau de Joana Michaud "Blessure"
Visible dans la Galerie d'Art Magique du site http://www.lespoetes.net/
In Memoriam
Vous parler de ces pleurs, et de ces hurlements,
De l'épouvante assise aux marches de l'enfance,
De ces monstres brutaux prédateurs d'innocence
Qui firent basculer nos cours dans le néant !
Parler de ce jour-là qui fut interminable,
De l'ignoble fureur d'un destin aveuglé,
Et de la Liberté, en ce temps bâillonnée
Qui ne put empêcher ce crime insoutenable.
C'était au mois de mai, un jour sur notre Terre :
Dix otages choisis, dont mon très jeune père,
Fusillés par la main des sbires de celui
Qui fit trembler le monde à l'orée de l'enfer.
S'ouvrirent au printemps les portes de l'hiver
Pour l'enfant qui ,depuis, n'en a jamais guéri.
En mémoire des martyrs du 21 mai 1944, à Frayssinet-le Gélat (46)
Alerte aux bois!
L'orthographe se perdrait -elle
Dans les sous-bois impertinents
Où on la dévêt follement
Tout en déchirant ses dentelles?
Je vais remonter les bretelles
A ces loups-garous impolis
Qui se livrent à ces folies
En arrachant ses jarretelles!
Alerte aux bois! Ouvrez les yeux
On brutalise l'orthographe
Oui, deux très grands loups à moustaches
Se sont emparés de la belle
Soutenant outrageusement
Qu'il n'est vraiment pas important
De la respecter à présent!
C'est un délit sans précédent...
Venez vite, Monsieur l'Agent!!!
L'orthographe se dévergonde
Pourtant elle était bien gironde
Avec ses règles appliquées
Ses exceptions circonstanciées
Et ses mille difficultés
Qui savaient nous émoustiller!
Je vous le dis , tout se relâche
Si l'orthographe devient lâche
A quoi peut-on se raccrocher?
Le monde va se renverser
Et nous serons bien avancés
Allons, la belle revenez!
Le muguet
Muguet, muguet , jolie fleur
Née en odorant parterre
Dans le jardin de grand-mère
Et cueillie avec douceur!
Les clochettes frémissaient
Et l'on croyait les entendre
Chanter une chanson tendre
La chanson du joli Mai!
Nous choisissions patiemment
Les tiges à l'odeur frêle
Grand-mère riait ,quand elle
Recevait ces beaux présents!
Quand refleurit le muguet
Je revois le beau parterre
Au jardin du presbytère
Qui a gardé ses secrets!
Clochettes du blanc muguet
Neigez à loisir
Dans le parterre si frais
De mes souvenirs !
Amour d'automne
Allongée devant moi,
Déshabillée de soie
Doucement parfumée,
Et alanguie déjà,
En ta pure beauté
Tu me parles d'hiver
De neige et de frimas,
Pourquoi ? Dans ton cur enroulé
Je vois déjà la mort.
Tu m'offres ta beauté,
Les senteurs du dehors
Où le vent si léger
De cet automne doux
A caressé ton sein
Et effleuré ta joue...
Mais j'imagine en toi
La brièveté des jours,
Je devine, à te voir,
Qu'elles me sont comptées
Ces heures délicates
Où je puis t'admirer,
O rose parfumée
Que je viens de cueillir
Dans le jardin mouillé
Où tu allais mourir !
24 novembre 2002
A une jeune fille
Elle était douce, elle était tendre,
Elle donnait du pain aux oiseaux.
Ah vraiment, je ne peux comprendre
Pourquoi elle est partie si tôt !
En passant devant la prairie
Où elle allait se promener,
Je vois des fleurs, et suis surpris
Que le printemps l'ait oubliée
Car je voudrais que la nature
Prenne le deuil, en son honneur,
Et dédie à son âme pure
L'hiver glacé en son linceul.
Mieux vaudrait que l'humble mésange
Perdre ses cris à tout jamais :
Je trouve tous les chants étranges
Depuis qu'elle s'en est allée !
13 novembre
2002
L'Autan
Il s'époumone, crie et revient à la charge !
Il hurle, ce dément, et sur nous, il décharge
Des tombereaux de feuilles et des branches coupées,
Quelques plumes d'oiseau, à un nid arrachées.
Il imite le bruit des marées déferlantes.
Une meute de loups, soudain vous épouvante :
Mais non, ce n'est que lui, vrai gibier aux abois
Qui hurle à votre porte et vous met en émoi.
Est-ce, du Gévaudan, la Bête ressuscitée,
Ou la Tarasque folle, de Provence échappée ?
Il effraie les enfants bien blottis dans leurs lits,
Et il les fait trembler au milieu de la nuit !
Il s'entête le jour, et poursuit les nuages
Qui fuient, ou noirs ou blancs, menés au pas de charge,
Ébouriffe les chênes, ploie les saules dorés,
Les prive de leurs feuilles qu'il nous lance à
poignées.
Les enfants, agités, s'emballent et cabriolent
Et, aux récréations, s'envolent en courses folles.
Il emporte les lettres du facteur, mécontent,
Ébranle les volets qui battent tout le temps.
Mais quel est ce démon, qui se complait à Castres,
Albi ou Puylaurens, provoquant des désastres
Quand revient l'équinoxe, en automne, chez nous :
C'est l'Autan, notre vent, le reconnaissez-vous ?
20 Octobre 2002
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Clin d'oeil
Ne cherchez pas le Tamanoir,
Mon bureau est un vrai foutoir !
Il s'y entasse des papiers
Des dictionnaires, des cahiers
Et la machine à imprimer.
Et moi, poétesse fébrile,
J'écris, loin du bruit de la ville,
Dans mon antre, bien protégée,
Entourée de tous mes papiers.
Et dans le parfum de mes livres
Mon âme pour vous se délivre,
Le temps a suspendu son vol :
Je m'élance et prend mon envol.
-Mais où est passé le Tamanoir ?
Vous ne le verrez pas ce soir !
7 novembre
2002
Le moulin amoureux
Un beau petit moulin, ancré dans sa prairie
Attendait patiemment, par une belle nuit
Que le ciel s'entrouvrit, pour voir enfin la lune.
Il voulait, en effet aller tenter fortune
Auprès de l'astre clair qu'il voyait si souvent
Venir dans la beauté de ses voiles élégants.
IL tomba amoureux de sa Muse lointaine
Un jour qu'elle s'avisa d'aller bleuir ses ailes
Et de le transformer en prince étincelant,
Lui, toujours malmené par les ardeurs du vent
Et trimant tout le jour dans la blanche poussière
Des graines écrasées par la pesante pierre.
Ses ailes gémissaient sous les assauts du vent,
Le meunier ronchonnait, n'était jamais content,
Et le pauvre moulin aspirait à la paix
De ces nuits si tranquilles où Séléné
venait..
Ce soir, c'est décidé, il va dire à sa belle
Tout l'amour, la passion, même, qu'il a pour elle.
Elle sera séduite, il le sent, il le sait!
Et dans la nuit bleutée, il attend, oppressé.
Soudain, très lentement, les nuages s'entrouvrent
Et le petit moulin, ému, tremblant, découvre
Sa belle qui l'espère et qui lui tend les bras!
Osera-t-il enfin la rejoindre la-bas?
Mais il ne peut, hélas, s'arracher à la terre.
Il a beau s'allonger et étirer ses ailes,
Sa princesse lointaine est toujours hors d'atteinte
Ils doivent renoncer à la sublime étreinte!
La lune, désolée, lui lance ses rayons
De ses ailes, il essaie d'atteindre les plus longs:
Hélas, la nuit s'achève, et l'astre disparaît...
L'amant abandonné demeure dans son pré!
Si vous passez un soir dans la belle prairie
Où le petit moulin poursuit sa triste vie,
Cachez-vous dans le bois, pour voir les deux amants
Etendre l'un vers l'autre, leurs bras, si tendrement !
Obsession
Je ne suis pas d'une nature compliquée,
Mais je dois, pour être heureuse, être
obsédée
Être obsédée par ton regard d'un vert
changeant
Où je suis à la recherche des sentiments
De ton âme qui m'échappe, mon doux tourment
Comme un beau poisson qui glisse dans son étang...
Être obsédée par la page qui me retient
Le soir, et m'attire encore dès le matin,
Écritures vagabondes au fond de moi,
Qui m'obsèdent me harcèlent, même en tes bras
Où je plonge te retrouver dans cet étang
Pour me noyer dans tes yeux verts, ô mon amant...
S'accepter
Depuis que je ne fais plus ces régimes idiots,
Qui sapaient mon moral et décharnaient mes os,
Mon cerveau, rassuré, ne craignant plus disette
Me comble de bonheur et fait des galipettes!
La joie est revenue, et, malgré les douleurs
DE l'arthrose tenace, je respire le bonheur:
Mon teint est rose et frais, pas de rides suspectes,
Mais le rayonnement d'un corps que l'on respecte.
L'ai-je martyrisée, cette pauvre enveloppe
Corporelle! Non, je ne parle pas de clopes!
(Je n'ai jamais fumé de ma vie), mais de régimes
Vains, et déséquilibrés un véritable
crime!
Je perdis des kilos, en regagnai autant...
Ah! On peut en parler de ces beaux charlatans
Qui vous laissent entrevoir des lendemains chantants
Et vous laissent tomber, ayant pris votre argent!
Il faut, pour s'accepter, un long cheminement,
Mais au bout du chemin, on est toujours content.
On met du quarante-six, du quarante-huit, même,
On n'en fait pas mystère: il suffit que l'on s'aime.
Se culpabiliser pour un verre de vin,
Se refuser toujours quelque aimable festin,
Si on est invité, se serrer la ceinture,
Toujours se réprimer, quelle belle imposture!
Car le corps, trop privé, se venge à la fin
Il ne supporte plus cette terrible faim,
Le cerveau, mécontent, se grippe et se détraque
Et, à la fin du compte, on est toujours patraque.
Sans vouloir s'empiffrer, il faut se contenter,
Et ne pas s'affoler pour quelques bourrelets
Devenus, pour les hommes, belles poignées d'amour
Mais qui nous brident à nous, en nos plus beaux atours!
Défendre son image, c'est aussi un combat:
Car le regard des autres, ne se décide pas
Toujours à vous prendre telle que vous êtes.
Tant pis, il faut choisir : ou "être" ou "paraître !
»
La vie n'est que combats, j'en ai menés souvent
Mais ne me parlez plus de régimes à présent.
Je veux vivre sainement, sans me martyriser,
J'ai jeté mes dépouilles, une autre femme est
née!
Et si mon bel époux louche sur des gazelles
Qu'il ne s'avise pas d'aimer quelque donzelle:
Je sais veiller au grain, et de près ou de loin,
IL paiera chèrement l'entaille au parchemin...
Solitude
habitée
Je suis là, comme en veuvage,
Sans mon bel ange aux yeux verts
Mais je suis toujours très sage,
Vivant dans son univers
Qui m'atteint, chaque seconde
Me traverse et me libère
Comme barque sur les ondes
Emportée par les flots clairs.
Et le feu de ses prunelles
Vit en moi, le jour, la nuit
Apporté à tire d'ailes
Par l'Amour qui nous unit...
Amoureux de la
lune
Joli moulin, posté en attente du jour,
Tu contemples le ciel et ses nuages lourds
Où Séléné la belle a mis une
clarté
Qui coule sur tes pierres, en voiles
éthérés.
Tu somnoles, on dirait, fatigué du labeur,
Et la lune enchantée, t'entoure de douceur
Elle vient saupoudrer tes flancs de sa lumière,
Elle bleuit tes murs et caresse tes ailes
Deux arbres silencieux se tiennent près de toi,
Ils craignent cet envol que, peut-être ils
prévoient.
Pourraient-ils t'arrêter, si par divin mystère
Tu montais jusqu'aux cieux, t'arrachant à la terre ?
Oui, tu voudrais partir, mais elles te retiennent
Ces ailes crucifiées qui refusent l'envol
Alors que tu voudrais te libérer des chaînes
De ce cruel destin qui t'a cloué au sol.
Le vent soufflera fort, demain sur la prairie,
On entendra la meule écraser avec bruit
Les grains de beau froment, les graines aussi dorées
Que le visage doux de ta lointaine aimée
5 novembre
2002
Grenouille sans chaleur
=Grenouille sans voix !
Une belle grenouille, exilée en Ariège
Et venue de Gaillac, où régnait le soleil,
Se trouva tout soudain, et privée de sa voix
Et privée de l'amour, comme vous l'allez voir.
Cette grenouille verte a décidé un jour,
De surseoir à ses chants de joyeux troubadour
Trouvant que, en Ariège, il faisait trop mauvais
Que son lit était froid, au-dessous des noyers !
Elle aurait bien voulu un endroit plus propice,
Épanouir sa vie sous de meilleurs auspices,
Mais elle ne put trouver sous ces arbres épais
Le moindre petit coin de mare ensoleillé.
Où est, de mon Gaillac, le bassin murmurant
Où de joyeux marmots appréciaient tous mes chants ?
Disparus, son climat et ses vignes empourprées
Par les doigts de l'automne, et de raisins parées !
La grenouille, on le voit, était bien nostalgique
Et malgré son ardent amour pour la musique,
Chaque jour qui passait, la voyait dépérir,
(Sans cependant aller jusqu'à vouloir mourir !)
Elle avait beau, le soir, tricoter des écharpes,
S'entraîner, le matin, à jouer de la harpe,
Taper sur des tambours, souffler dans des roseaux,
Elle ne put tiédir les immobiles eaux
De la mare trop froide où elle vivait tranquille,
Loin de l'agitation et des bruits de la ville
Elle décida un jour de ne plus se donner
A son ardent époux, et de se résigner
A sécher, à flétrir, à devenir
stérile,
De mettre un point final à leur ardente idylle.
En effet, elle pensait aux futurs rejetons,
Qui, presque aussitôt nés, deviendraient des
glaçons !
Donc, ne tourmentez plus cette future mère :
Rendez-lui et ses chants , et sa gaieté première !
Étêtez donc ces arbres et coupez ces roseaux
Afin que, dans la mare, il fasse un peu plus chaud !
29 Octobre
2002
Hymne à la Poésie
Combien libérateur est cet acte d'écrire,
Et qui nous pousse là en un joyeux délire
Laissant de notre plume échapper tous les mots
Que l'on n'avait jamais osé dire tout haut !
Sans cesse des lambeaux de phrase, dans ma tête
Tourbillonnent et me font une joyeuse fête ,
Jusqu'à ce que je prenne une plume, un stylo,
Que je les fasse naître, en maîtrisant leur
flot
O ma Muse enchantée qui me guide aujourd'hui,
Qui m'a fait émerger d'une profonde nuit,
Tu es le phare aimé des poètes heureux :
Le monde s'offre enfin à nous sous d'autres yeux.
On vivait, enfermés dans une vie austère :
Tu arrives, divine, et ta main nous libère.
Entre alors dans nos curs, éclairant notre vie,
Le sublime et ardent flambeau de " Poésie ".
4 novembre
2002
Rêves de Poète
Le poète nourrit son imagination
Au nuage qui passe, à l'aile d'un papillon
Il est toujours humble et attentif, le poète,
Il marche bien souvent en relevant la tête,
Regarde les étoiles, converse avec les anges
Écoute le doux chant de la belle mésange.
Il ressent des frissons et des frôlements d'ailes
A l'écoute du monde, il trouve la vie belle !
Il ne s'inquiète pas trop de son compte en banque
Préférant les beaux rêves, aux espèces
sonnantes,
Allant boire à la source ombragée par le pin,
Écoutant les cigales en émiettant son pain.
Puis, il se met à l'ombre et, repliant sa veste
Y repose sa tête pour une longue sieste,
Nourrissant son esprit à la source des rêves,
Bercé par le bruit sourd des vagues sur la
grève
Quand arrive le soir et que tout s'adoucit,
Que les étoiles d'or brillent à l'infini,
Il rentre enfin chez lui, s'incline sous la lampe
Et, sous sa plume, naissent des rimes éblouissantes !
17 Octobre
2002
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© Marcek Ecrire à l'auteur : marcek@wanadoo.fr |
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