Michel Bunel

 

 

 

 

 

Je donne à qui le veut ce conseil
Cherche en toi le sage qui sommeille
Une fois que tu l’auras trouvé
Femme tu sauras bien captiver.
Qui que tu sois, o toi qui m’écoutes
Aime-la quand bien même il t’en coûte
Montrer de la patience. Apprécie
Sa conversation, et même si
Chatte, parfois elle se rebiffe
Aux assauts terribles de ses griffes
Inconnus chez la gente canine
Devant cette cruauté féline
Une caresse tu lui rendras

Caméra
ainsi la calmera





Baiser de braise

Avant de rejoindre nos lèvres
Pour un baiser plein de ferveur
Tu m’offres l’immense faveur
D’un regard mouillé qui m’enfièvre

Et je bois à l’eau de tes yeux
Qui me submerge qui m’inonde
Elle m’envahit de son onde
Comme un torrent malicieux  

Avides, humides, turgescentes
Nos bouches se picoreront
Se souderont, s’embraseront
De salives incandescentes

Mais tes yeux, braises de ton âme
Vrillent au tréfonds de mon être
Où langue jamais ne pénètre
Le baiser ardent qui m’enflamme  

 

 


Cueille-moi jardinier dit-elle
C’est le printemps sous mes dentelles
Viens-t’en caresser mon gazon
Qu’est si tendre en cette saison  

A cette invitation
Comment rester de marbre
La sève sous pression
Vient irriguer mon arbre

Bien au chaud sous mes cotillons
Ma terre cache un doux sillon
A l’abri d’un épais fourré
Il attend d’être labouré

Sauras-tu belle garce
Tenir jusqu’au 20 mars ?
Elle répond salace
Attends mes seins de glace  

Prends moi, oui prends moi, jardinier
A l’heure où fleurit le prunier
Avec ardeur je le demande
Abreuve ma motte gourmande  

 

 

 

Ah le beau cul de Marie-France
Deux rondes miches bien moulées
Son bassin qui les fait rouler
C’est que d’l’amour quand y s’balance  

C’est ma fontaine de jouvence
Mon cinéma si vous voulez
Ah le beau cul de Marie-France
Deux rondes miches bien moulées

Il n’est pas de jour que j’y pense
Qu’il ne me fasse roucouler
Ou, ça n’est pas rare iouler
C’est qu’il provoque l’insolence
Ah le beau cul de Marie-France  

 

 

 

Toute nue sur ma feuille blanche
Sous mon regard halluciné
Tu ondules tu te déhanches
Sur des tambourins vahinés.

Tes pieds calligraphient la page
Tes jambes pinceaux effrénés
Je vois naître sous ma main sage
Une diablesse déchaînée.

Pendant qu’à mes oreilles sonnent
Le battement des tambourins
Mes idées se font polissonnes
Et prennent d’assaut mes quatrains.

L’écriture devient caresse

Elle effleure ta nudité

Elle s’active, elle s’empresse
Autour de ton intimité.

Les mots dansent la sarabande
Dans ma cervelle coule du feu
J’ai les neurones qui se bandent
Je te désire je te veux.

17 janvier 2004

 

 

 

Quand vient l'heure du crépuscule
je sens que dans mon sang circule
l'amour en lettres majuscules
lors je déploie mes tentacules
pour te saisir, animalcule
je t'enlace, je te bascule
sur le divan. Tu gesticules
tu griffes tu hurles, tu recules
pour préserver ton opercule
mais peux-tu empêcher Hercule
de te cueillir la renoncule ?  

Va, viens, va, viens, mon pédoncule
que monte de mes follicules
la semence, que j'éjacule !  
je ne crains pas le ridicule
et te dédies cet opuscule

o, cul

 

 

 

 

Comme une mère abbesse dans son abbaye
Tu répètes la règle avec sévérité
Mais j’ai confiance en toi alors je t’ obéis
Eprouvant les délices de l’austérité.

Aide-moi s’il te plaît, s’il le faut par le fouet
Corrige mes erreurs je t’en prie à genoux
Sois ferme et sans pitié lorsque l’ordre est bafoué
Je sourirai même si ma gorge se noue.  

Comme le crucifié offre-moi de souffrir
J’aime te voir lécher le sang à mes blessures
Pourvu que tu consentes un instant à m’ouvrir
Ton corsage que fébrilement je pressure.

Sanctus, sanctus, tes seins lorsque j’en tiens les orbes
Que je les tète goulûment tu te trémousses
C’est un nectar divin, o mon Dieu que j’absorbe
Et ma ferveur mystique entame un oremus.

 

le 8.03.2004

 

 

 

On s'est tous endormis chez Paloma
Le navire erre sous la canicule
Elle est debout, attachée, pâle, au mât
Pleurant pendant qu'un flibustier l'encule.  

Chez Paloma
Ne venez pas
Vous y serez
Vite enterré
 
On s'est tous endormis chez Paloma
Le navire erre sous les tropiques
Elle est debout, attachée, pâle, au mât
Pleurant pendant qu'un flibustier la nique.
 
Chez Paloma
Y a un climat
Qui vous endort
Jusqu'à la mort
 
On s'est tous endormis chez Paloma
Le navire balance comme une cloche
Elle est debout, attachée, pâle, au mât
Pleurant pendant qu'un flibustier l'embroche
 

 

 

Proverbes  

Pluie de septembre raffermit le membre
Pluie d'octobre le rend sobre
Pluie de novembre, paix dans la chambre  

Pluie de janvier bande le vit
Pluie de février le fait vriller
Pluie de mars l'engarce.  

Soleil début mai veut la chatte aimée
Soleil de juin couchée dans le foin
Soleil de juillet voit chatte mouillée  

Décembre est fébrile s’il pleut en avril
Du zob on s’en fout comme du mois d’août.  

24 février 2004

 

 

 

Je suis un peu fleur bleue, romantique à souhait
Mais le sort a voulu qu’arrive dans ma vie
Une sacrée luronne, un joli brin de fille
Qui aime le latex, les menottes, le fouet  

Pour gagner son amour, j’ai appris à jouer
Chacune des saynètes que dictaient ses envies
Plus je la bâillonnais, plus elle était ravie
Plus je la torturais et plus elle en voulait  

Pour combler l’insatiable, il y eut surenchère
Il lui fallut des lames pénétrant la chair
Je léchais envoûté le sang à ses blessures

Un an elle abusa de moi jusqu’à l’usure
Depuis qu’elle est partie, comme un fantôme j’erre
Je voudrais aujourd’hui que quelqu’un me rassure  

9 décembre 2005

 

 

 

Chevauche-moi, chevauche-moi
Arrache-moi des hurlements
Que je jouisse en criant maman
Pendant que tu pisses sur moi.  

J’étais un homme plutôt sage
Un abonné du missionnaire
Mais toi tu es venue sauvage
Dérégler ma vie ordinaire

Chevauche-moi, chevauche-moi
Caracole à califourchon
Mes mains écrasant tes nichons
Vas-y, déchaîone-toi sur moi  

Je ne dormais qu’en pyjama
Une bible sous l’oreiller
Toi la diablesse et ton kama
Soutra vous m’avez réveillé  

Chevauche-moi, chevauche-moi
Plante tes ongles dans ma chair
Oui je les sens qui me lacèrent
Torture-moi, déchire-moi  

J’avais quelques économies
J’allais faire un parfait mari
Toi tu m’as parlé sodomie
Et les grands hôtels à Paris  

Chevauche-moi, chevauche-moi
Jusqu’à l’explosion des sphincters
Je suis un mari adultère
Et je ne réponds plus de moi

 26 février 2004