POESIES de PIERROT

de Pierre FETZER

 


"SACREE" VIE !

Mon corps est une enveloppe, un coffret à tiroirs,
Dossiers informatiques et bases de données...
L'âme qui s'y développe n'apparaît qu'en miroir,
Cachée, mais bien vivante... du monde inexplorée.

Dans ce bel univers de notre planète bleue,
Et où les savants tirent leur épingle du jeu,
J'ai bien souvent goûté, dans mon imaginaire,
Tous les philtres d'Amour, les perles du Diamantaire.

Tous les grands de ce monde adorent les miroirs...
Miroirs déformants, miroirs aux alouettes.
Je préfère les étoiles, brillances de mes nuits noires
Dans mes divines recherches de frêle marionnette!

Il m'arrive souvent, face au miroir sans tain,
De me sentir très près de ce miroir ardent:
Cette Force qui m'échappe et que ma vie retient,
On l'appelle l'Amour et c'est mon confident. 

Il n'est pas au-delà des nuages et du ciel.
En cache au fond de moi, au jour de ma naissance,
Son visage se transforme en ostensoir vermeil
Inconnu, ignoré et sans reconnaissance. 

J'ai voulu entrevoir cette source sacrée,
Remonter l'infini dont mon âme est partie.
Je n'ai pas découvert la vraie porte d'entrée,
Ma quête passionnée espère une survie.

Les visages de ceux qui passent le témoin
Du Verbe, des écrits inspirés aux humains,
Se sont parfois brûlés à sa chaude lumière
Et j'avance en aveugle aujourd'hui comme hier! 

Et tous les scientifiques poursuivent leur recherche
D'un monde qui leur échappe et recule sans cesse.
Je ne fais autrement, mais Dieu me tend la perche.
L'amour au fond de moi me donne une caresse! 

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APOCALYPSE

Le bon vieux temps passé se décline en regrets.
Dure réalité se construit au courage
D'être toujours en vie malgré ce goût "aigret"
D'un monde qui disparaît, éclaté sous l'orage.

L'automne flamboyant, dépouillant ses habits,
La nature se prépare à gommer les saisons.
La vie semble s'éteindre, l'avoir devient débit,
Au printemps des amours, succède la raison.

Est-ce bien raisonnable de devenir très sage,
Atteindre le Nirvana, ni chair, ni poisson,
Laisser pourrir sur plage, comme de vieux branchages,
L'Ineffable semence de nos futures moissons ? 

En ces jours de colère, je quitterais la terre,
Comme le Petit Prince en route vers son étoile,
Fuyant l'apocalypse d'un monde délétère;
Je l'imagine ainsi comm(e) ma rose sur sa toile! 

Pourtant la VIE s'incruste au-delà des tombeaux,
Envahit nos jardins, affleure les volcans
Renait à travers cendres, écarte les lambeaux.
Une antique semence défie la nuit des temps.

Nous sommes les relais d'un Présent incessant,
Où la vie recommence journellement ses bouquets.
L'Avenir nous prépare des printemps florissants.
Après notre passage, l'AMOUR EST aux bosquets.

- Automne 2004 





CATACLYSME
( Après le Tsunami du siècle en Asie )

Avant, après tempête, comme un bouchon sur l'eau,
Mon rêve se répète et vogue mon bateau.
Après une existence , encombrée d'idéaux,
J'arrive à terre chez vous et n'y voit rien de beau.

Le cœur embarrassé d'un clair-obscur étrange,
Je ne retrouve rien des vivants que j'aimais.
La tempête est passée, la plage est une fange,
Le soleil est absent, reviendra t-il jamais? 

Pourquoi tout ce désert imprimé par la mer
Et le Présent est là, flamboyant paysage...
Ainsi la Vie s'écoule, bateau ivre du vent,
Mais ressurgit toujours du ventre de la mère.

Malgré le Tsunami, la brume et les nuages,
Hypérion est bien là, invaincu, à la barre.
Les flèches de l'Amour sont à nouveau sur plages.
La lumière apparaît, je reprends ma guitare!

26/12/2004 




DIS... POURQUOI ?
(Il y a des questions sans réponse ) 


Printemps, été, automne hiver,
La VIE marchande ses quat'saisons
aux passants de son univers
Sans leur en donner la raison.

L'être soumis à son destin
Recherche le "pourquoi" des choses,
Il ne vit pas chaque matin
Comme l'éphémère et la rose. 

Avant de poser les questions,
L'enfant vit bien près de sa mère.
Le sage perçoit la solution
Car jamais il ne désespère. 

A certains moments de la vie,
La question n'est plus de savoir.*
Quittons le " pourquoi " qui nous lie,
Sans le chercher dans un miroir.

En nous sommeille un grand trésor,
Parfois perçu comme un bastion,
Fermé aux grands vents du dehors.
L'Amour vrai n'est pas en question.

* Je t'aime pour ce que tu me donnes,
Les questions deviennent moins lourdes,
Avec toi, je les abandonne,
Enfouies sous plages comme palourdes. 

J'aime tes regards émerveillés,
Ma réponse est tendresse pour toi,
Amour, tu nous tiens éveillés,
Sans nous détruire sous les "Pourquoi"! 

Printemps 2005
http://pierrefetz.free.fr/bibpoesiespierrot/IV-4%20terpourquoi.htm




COMMUNICATION

Ce que je pense, ce que je vis
Restent pour toi comme une énigme.
Ce que tu crois, ce que tu dis
Sont pourtant notre paradigme*


Nos rencontres se font en ciel
Que les nuages ont obscurci.
Nuit, brouillard ou bel arc-en-ciel,
Près de toi, je suis en sursis. 


Bon ou mauvais, le temps est là.
Il cumule dans nos mémoires.
Ta présence balaye tout cela
A tes côtés ou à ton bras. 


L'incommunicabilité
Est le fruit de nos différences,
Mais seuls l'Amour et l'Amitié
Franchissent aisément nos distances 


Le sensuel de nos désirs
Éclairé les nuits comme une torche.
Mais quand l'Amour nous fait grandir,
De l'Eden nous touchons le porche.




Printemps 2005 

*Le paradigme définit bien le dialogue vécu en Amour comme en Amitié.
C'est l'ensemble des termes d'une même classe de mots
qui peuvent être substitués l'un à l'autre dans un contexte déterminé! 


http://pierrefetz.free.fr/bibpoesiespierrot/III-19%20-%20Communication.htm







EXOTIQUE 

Depuis les premiers mois où j'ai senti l'amour
Monter du fond de moi, fleurir jour après jour,
Toute une vie j'ai rêvé, désiré l'embrasser,
La garder près de moi sans jamais m'en lasser !


Et voici qu'une nuit, elle m'est apparue.
Je me promenais seul, perdu dans le lagon,
A rêver d'une étoile... je l'ai vue toute nue,
Ombre au milieu des flots, Sirène ou beau Dragon.


Elle s'appelait Cannelle, j'étais devenu homme.
Nous avons dégusté à la nuit le vin chaud.
Je l'ai suivie chez elle pour y croquer la pomme.
Dans un ciel lumineux, nous sommes montés très haut.


Le temps n'existait plus, point n'était besoin d'heure.
Un ballet de Geishas, transformées en Vahinés,
Et leurs colliers de fleurs aux multiples senteurs
Animaient nos amours de musiques endiablées !


Tout' une vie j'ai vibré, tout'une nuit j'ai rêvé
De ce grand corps à corps au-delà de la mort,
Dans ce vertige divin, l'ivresse rencontrée,
Perte de soi en l'autre, quand l'Amour est si fort !


°°°°°°°°°°°

Le soleil s'est levé... avec mes yeux ouverts
Dans les champs embrumés s'évaporaient les filles.
Orphée à mes côtés me sauvait des enfers
Il me restait encore des parfums de Vanille ! 


Ce rêve fou passé,
Au vin chaud de Cannelle,
Ne s'est jamais cassé.
Le jeu vaut la chandelle !


2004


Musique de la chanson "Le premier pas" 
( Claude Michel Schönberg )
http://pierrefetz.free.fr/bibpoesiespierrot/II-8Exotique.htm



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PROMENADE NOCTURNE

Bourdon d'hiver,
Cloche de nuit,
Froidure, misère,
Gelée d'ennui.

Jour après jour, quand vient la nuit,
Après le devoir,la passion.
Je viens chasser tous mes ennuis
Rue Saint-Denis, mon évasion. 

Elle m'embrasse de sa lumière,
M'attire comme un papillon.
Je m'y sens mieux qu'en ma chaumière,
Pour y rencontrer Cupidon.

Rêves d'enfant, désirs d'adulte,
J'ai toujours aimé les lumières.
Et je m'y plonge comme au culte,
Qu'elles soient bougies ou réverbères.

 

 

 

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Quand reviendras-tu? 
Lettre d'amour après abandon...
 

Longtemps, j'ai cherché à comprendre... Pourquoi la capricieuse avait ainsi laissé notre jardin d'amour à l'abandon? Pourquoi ce qui était notre jardin d'Eden était devenu peu à peu un paradis perdu?
Longtemps j'ai attendu le retour d'un voyage, par delà l'océan des passions. Nous avions fait naufrage après une croisière amoureuse de si courte durée . L'arrêt fut brutal comme dans toutes les conquêtes passionnées de l'amour!
Aucun marin ne sait, personne n'a jamais expliqué pourquoi, quand, comment naissent ces lames de fond, déferlantes démesurées, monstrueuses, d'une amplitude telle que les navigateurs les plus expérimentés ont disparu à jamais sans laisser trace de leur passage en ces temps maudits ?
Pourtant, j'avais imaginé le voyage sur un navire de prestige plus résistant aux tempêtes du quotidien de l'habitude que notre petit corsaire tricolore, bouchon insubmersible pour les yeux du cœur, mais engagé à surfer sur une vague chassée par une autre plus jalouse! Il y eut cette issue fatale, la rupture de nos liens familiers et nous nous sommes perdus de vue. Mon grand navire de rêves était devenu une vieille capricieuse.
"Galatée" ferait seul le voyage de la renonciation...
Victime de mes attaches au port de mes racines, j'étais comme l'amant de Galatée, au milieu d'un fleuve impétueux emportant tout sur son passage: notre jardin d'amour devenu Eden du passé. La boue des malentendus allait submerger nos champs fleuris de l'été. Les derniers soleils d'un automne flamboyant ont séché ces vieilles plaies du cœur. Elles se ferment un jour et la croûte disparaît avec l'oubli du temps perdu après lequel je ne cours plus. On dit souvent du temps qu'il n'est plus temps!
La croisière fut belle, le pays merveilleux, à jamais dans nos cœurs. Le vieux continent ne s'en préoccupe guère, l'autre est devenu grand! Malgré les ondes qui nous parviennent encore, il reste l'éternel problème des amants désunis par les circonstances et l'impossible d'un amour sans lendemain .

L'océan nous sépare, mais il berce toujours des palaces de rêve, des géants fantastique, des grandes et des petites "Capricieuse" pour de nouvelles croisières que je ne ferai plus. Tout cela me rappelle ce merveilleux passé, mais je ne te vois plus . D'autres "Capricieuse",aux sirènes amoureuses ont raisonné parfois à mon cœur. Je n'ai pas le cœur d'un marin à mourir de chagrin, mais je ressens parfois le vide que j'ai de toi ! Ma Capricieuse...


 2004

A mes amis du Québec et aux amours perdus... 
 

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Malgré le titre du timbre français paru à cette époque, ce n'est pas la célèbre "Capricieuse" qui,
en 1855, se rendit en voyage officiel au Canada,
symbolisant ainsi les liens affectifs entre les deux pays
et la renonciation définitive de la France
à toute revendication territoriale sur le Canada.
C'est la "Galatée", un navire construit en 1845, qui fit le voyage.

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L'occasion était bonne de rappeler le regret nostalgique d'une séparation.
Il en est ainsi de toutes les ruptures amoureuses!




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