
|
BAUDET HERENC (première partie du XV eme
siecle) |
Baudet Herenc a longtemps résidé en Flandre bourguignonne. |
||
|
Rondel Double
|
|||
|
François de Montcorbier 1431 - ? |
C'est le plus difficile, le plus authentique, le plus absolu des poètes de France. Le moins-que-rien, le réaliste, et en même temps l'universitaire. Et le rêve médiéval, par force, hors de lui.
|
||
|
Ballade
En réalgar, en arsenic rocher, En orpiment, en salpêtre et chaux vive, En plomb bouillant pour mieux les émorcher, En suif et poix détrempés de lessive Faite d'étrons et de pissat de juive, En lavage de jambes à meseaux, En raclures de pieds et vieils houseaux, En sang d'aspic et drogues venimeuses, En fiel de loups, de renards et blaireaux, Soient frites ces langues envieuses !
En cervelle de chat qui hait pêcher, Noir, et si vieil qu'il n'ait dent en gencive, D'un vieux mâtin, qui vaut bien aussi cher, Tout enragé, en sa bave et salive, En l'écume d'une mule poussive Détranchée menue à bons ciseaux, En eau où rats plongent groins et museaux, Raines, crapauds et bêtes dangereuses, Serpents, lézards et tels nobles oiseaux, Soient frites ces langues envieuses !
En sublimé, dangereux à toucher, Et au nombril d'une couleuvre vive, En sang qu'on voit aux palettes sécher Sur ces barbiers, quand pleine lune arrive, Dont l'un est noir, l'autre plus vert que cive, En chanvre et fiz, et en ces ords cuveaux Où nourrices essangent leurs drapeaux, En petits bains de filles amoureuses (Qui ne m'entend n'a suivi les bordeaux) Soient frites ces langues envieuses !
Princes, passez tous ces friands morceaux, S'étamine, sac n'avez ou bluteaux, Parmi le fond d'une braye brenneuse ; Mais, par avant, en étrons de pourceaux Soient frites ces langues envieuses !
Ballade des dames du temps jadis
Ballade des Pendus
Je plains le temps de ma
jeunesse [...]
|
|
Charles d'Orleans1391 - 1465 |
Fils de Louis 1er poète français chef des Armagnacs, il participa à la bataille d'Azincourt (1415) puis resta 25 ans prisonnier des Anglais. A son retour, il réunit autour de lui; à Blois, une cour raffiné. Ses oeuvres (ballades, rondeaux) constituent un des sommet de la poésie courtoise.
|
||
|
On le sait par des études récentes, les XIV è - XVI è s. virent un mini âge
glaciaire. Quoi d'étonnant à ce que les poètes aient tant célébré le joli mai et le renouveau de la nature en ce mois ? Voici donc une deuxième
ballade de Charles d'Orléans (1394-1465), ballade tout à fait d'actualité en ce 2 mai (p. 198 et 200 de l'édition des "Lettres Gothiques").
Ballade 62 Le lendemain du premier jour de may Dedens mon lit ainsi que je dormoye Au point du jour m'avint que je songeay Que devant moy une fleur je voye, Qui me disoit : «Amy, je souloye En toy fier, car pieça mon party Tu tenoies ; mais mis l'as en oubly En soustenant la fueille contre moy. J'ay merveille que tu veux faire ainsi Riens n'ay meffait, ce pense-je, vers toy.» Tout esbahy alors je me trouvay ; Si respondy au mieux que je savoye : ³Tresbelle fleur, oncques ne pensay Faire chose qui desplaire te doye ; Se pour esbat aventure m'envoye Que serve la fueille cest an-cy, Doy-je pour tant de toy estre banny ? Nennil certes, je fais comme je doy. Et se je tiens le party qu'ay choisy, Riens n'ay meffait, ce pense-je, vers toy. Car non pour tant honneur te porteray De bon vouloir, quelque part que je soye, Tout pour l'amour d'une fleur que j'amay Ou temps passé. Dieu doint que je la voye En paradis, après ma mort, en joye ! Et pource, fleur, chierement je te pry : Ne te plains plus, car cause n'as pourquoy Puis que le fais ainsi que tenu suy. Riens n'ay meffait, ce pense-je, vers toy. La verité est telle que je dy J'en fais juge, Amour le puissant roy. Tresdoulce fleur, point ne te cry mercy : Riens n'ay meffait, ce pense-je, vers toy.» (Vers 5-6 : "je me souloye..." : "j'avais l'habitude d'avoir confiance en toi car jadis tu étais de mon parti"
(Vers 4 : "le may cueillir" : cueillir des églantines, l'arbre de mai étant l'églantier
|
|||
|
Jean Molinet
|
|||
|
Discours de Vérité |
Dernière mise à jour : vendredi 19 mai 2006